Steve Morse -décembre 2018-

Le Viking de la guitare pourpre

Steve Morse est le quatrième guitariste de Deep Purple. Il n’a pas attendu d’être recruté par la bande à Paice et Lord pour dégainer sa six-cordes. Né en 1954 à Hamilton, Ohio, il fonde The Dixie Grit son premier groupe dès la fin des années soixante avec son batteur de frère Dave. Si les débuts sont très imprégnés par le jazz fusion, il va vite ranger ce genre au placard pour proposer un rock boosté de sonorités sudistes qu’il va par la suite teinter de sonorités progressives acquises lors de son passage dans le groupe Kansas.

MORSE petite def
Steve Morse au Zénith de Toulon – 2010 (©M.M.)

À l’occasion de la sortie de Second Flight : Live At The Z7, Steve Morse, de retour chez Flying Colors, le super groupe créé en 2012 avec Neal Morse, Mike Portnoy, Dave LaRue et Casey McPherson, nous avait accordé une interview.

En vous regardant, on a l’impression que vous avez des origines vikings ?

Je ne sais pas si c’est le cas. Des personnes les ont dépeints comme des aventuriers, d’autres comme des conquérants ou des envahisseurs. Comme beaucoup d’Américains, j’ai du sang scandinave dans les veines, mais pas forcément avec une arme dans les mains.

Vous, vous préférez plutôt avoir un instrument de musique. Quand avez-vous débuté la guitare ?

Quand j’avais dix ou onze ans dans le Michigan. Je souhaitais un instrument qui puisse à la fois jouer la mélodie et les accords et qui puisse avoir un bon rendu sonore sur disque.

« Pat Metheny est celui qui m’a le plus influencé »

Vous avez été influencé par Jimi Hendrix, Jeff Beck et peut être aussi des guitaristes de jazz ?

Pat Metheny est celui qui m’a le plus influencé, tout comme Stan Samole, mon professeur à l’université de Miami. Sans que je joue comme eux, ils m’ont beaucoup appris. Stan était un super professeur pour ce qui est des modes, des gammes et de la philosophie du jeu. Pat jouait dans les petits groupes avec lesquels j’évoluais et j’ai eu l’opportunité de « jammer » avec lui. Il m’a appris que l’on pouvait réussir en jouant jazz tout en conservant son propre style.

Vous faites partie de Flying Colors. Considérez-vous que ce groupe possède sa propre identité ou est-ce plutôt un super groupe ?

Bien que nous ayons passé plus de temps à nous envoyer des E-mails qu’à être physiquement ensemble, Flying est un groupe avec sa propre identité. Tout le monde dans le groupe estime qu’il possède une alchimie particulière.

En vous écoutant jouer au sein de cette formation, on retrouve tout un ensemble d’influences qui vont du rock classique au rock progressif en passant par le style A.O.R. Pourquoi avez vous opter pour ce choix ?

 Je vous réponds en disant que faire ce choix, c’est un peu comme de tenter d’expliquer pourquoi vous parler le français, le corse, l’anglais. En fait dans le groupe, nous nous influençons réciproquement, car nous avons chacun des environnements différents. Lorsque nous travaillons en commun, tout le monde apporte ses idées et ce mélange donne le produit fini que vous pouvez entendre sur les disques ou lors des concerts.

Justement comment procédez-vous pour créer vos morceaux ?

Disons, que j’apprécie lorsque nous nous retrouvons que chacun vienne avec des idées sans qu’elles soient trop finalisées, des bribes de chansons ou des riffs. C’est à partir de ces premiers éléments que nous commençons notre travail. On part d’une idée qui nous plaît bien et ensuite chacun y apporte sa contribution. Parfois, ça évolue si vite qu’il est difficile de se souvenir de toutes les variations apportées.

« Deep Purple est plus ancré dans le blues et le hard rock »

Vous prenez beaucoup de plaisir à jouer avec Flying Colors. Qu’est ce qui diffère d’avec Deep Purple ?

La première chose qui diffère est avant tout culturelle, puisque nous sommes tous natifs des Etats-Unis et beaucoup d’entre nous avons une histoire commune. Ensuite, notre groupe est tout jeune, donc nous jouons dans des lieux plus modestes et enfin, notre ADN est davantage « Prog » par opposition à celui de Deep Purple plus ancré dans le blues et le hard rock.

Gillan Morse petite def
Avec Ian Gillan (©M.M.)

En 1969, Deep Purple a joué avec un orchestre symphonique. Pensez-vous que c’était une bonne idée ?

C’était une excellente idée d’autant que Jon Lord était un grand compositeur. Si les arrangements avaient été réalisés par quelqu’un d’autre, ça aurait peut être été moins impressionnant. Et, d’après ce que j’ai entendu, le groupe n’était pas vraiment accepté par l’orchestre. Mes partenaires étaient vus comme des gens mal élevés, sans instruction et au final, c’est eux qui ont gagné

Vous avez joué dans plusieurs formats (trio, quintet), quel est celui que vous préférez ?

La question est difficile, car chaque format a un intérêt. En trio, j’ai une énorme influence sur la dynamique et l’accent de la plupart des parties. Cependant en quintet, comme avec The Dregs, je peux adjoindre des couches plus complexes, plus intéressantes. Aussi, je fais l’impasse sur votre question, mais j’adore toutes les possibilités avec de supers musiciens.

Sur Second Nature, (le deuxième album de Flying Colors) une éolienne orne le devant de la pochette. Êtes vous sensibles au questions environnementales ?

Dans le groupe, tout comme chez Deep Purple, nous ne prenons pas position envers quoique ce soit. Pour ce qui me concerne, j’utilise les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire pour le contrôle de certaines choses et pour des équipements isolés. Je pense que nous devrions faire attention à ne pas polluer, mais par contre je me méfie des politiciens qui parlent du climat.

Croyez vous qu’aujourd’hui, les messages d’amour puissent céder la place à l’écologie dans l’expression musicale ?

Votre question est assez inhabituelle. Je ne connais pas la réponse, mais si nous voulons sauver cette planète, les musiciens doivent faire attention aux messages qu’ils transmettent. Nous devons envoyer un sentiment de citoyenneté et de responsabilité, mais ceci est aussi valable pour les medias, partout où il y a un public, je crois.

Michel Maestracci

Discographie :

Flying Colors :

  • 2014 : Second Nature
  • 2012 : Flying Colors

Solo :

  • 2009 : Out Standing in Their Field
  • 2005 : Prime Cut
  • 2004 : Major Impacts 2
  • 2002 : Split Decision
  • 2000 : Major Impact
  • 1996 : Stressfest
  • 1995 : Structural Damage
  • 1992 : Coast to Coast
  • 1991 : Southern Steel
  • 1989 : High Tension Wires
  • 1985 : Stand Up
  • 1984 : The Introduction

Publié par rythmncorsica

Ecrire la musique (jazz, blues, rock, brasil), montrer la musique, partager la musique, entendre la musique, life is music

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :