Carla Hassett

More Blue

Carla Hassett est une chanteuse brésilienne installée sur la côte Ouest des Etats Unis depuis quelques années. Elle a tourné avec Sergio Mendes et Billy Idol et a prêté sa voix, avec les Rio Singers, au film d’animation « Rio ». Fortement inspirée par la musique de son pays, elle est parvenue à réaliser un mélange intéressant entre la samba, le jazz et d’autres musiques. Elle considère Caetano Veloso comme le catalyseur de son expression artistique. Sa musique nous emmène dans les allers et retours de son éducation entre São Paulo et Chicago. Après un premier disque (Circulo) et quelques EP, elle vient de sortir + Blue, un album qui retrace l’histoire de l’immigration des Brésiliens, et qui rappelle aussi les afro-sambas de Baden Powell. Pour le moment, elle se produit essentiellement aux USA, mais elle cherche un agent qui lui permette de se faire apprécier sur le vieux continent et au Japon.

Carla Hassett © Maya Adrabi
Carla Hassett ©Maya Adrabi by courtesy

 

Selon les sources vous êtes née soit au Brésil, soit à Chicago voire à Los Angeles. Qu’en est-il réellement ?

Je suis née à Sao Paulo, puis ma famille est partie pour Chicago et moi même j’ai déménagé pour Los Angeles. Je suis une pure Brésilienne, quoique j’ai aussi du sang italien par mon grand-père qui est de Rovigo en Vénétie.

Pendant votre enfance, vos parents organisaient souvent des soirées et la musique brésilienne y était très présente. Pensez-vous que ça a influencé vos choix artistiques ?

Oui, c’est évident. Pendant toute ma jeunesse j’ai été nourri par la musique brésilienne et américaine à une époque où la créativité était extraordinaire. C’était les années soixante-dix et spécialement à Sao Paulo, les Brésiliens cherchaient l’inspiration auprès de la musique des States. Quand je suis arrivée aux USA, c’était aussi assez révolutionnaire. J’étais dans ce mouvement et à mes débuts je souhaitais reproduire la musique que j’entendais, celle que j’appréciais. C’était merveilleux ! Quels musiciens vous ont marquée à cette période ? Côté brésilien particulièrement Caetano Veloso, Ellis Regina et côté américain, Freddie Mercury, Aretha Franklin, Stevie Wonder toutes ces grands noms des années 70.

Par quel instrument avez vous débuté la musique ?

J’ai commencé par le piano à six ans et à dix ans j’ai opté pour la guitare. En fait, je n’ai pas eu le choix. Ma famille a déménagé alors que nous étions à Chicago et mon instrument, lui est resté dans l’appartement où nous vivions. C’était un vieux piano que j’adorais, mais ça coûtait beaucoup trop cher pour le déplacer et donc on l’a laissé. Quand je suis arrivée dans notre nouvelle maison, quelqu’un m’a donné une guitare et je m’y suis mise.  Quel type de musique avez vous commencer à jouer sur votre guitare ? Je n’avais que dix ans et je jouais de simples chansons folk. Et ensuite j’ai étudié la guitare classique pendant plusieurs années. Et comme c’est le même instrument que nous avons pour jouer de la musique classique et brésilienne ça a été très simple pour moi de revenir à mes racines. J’étais dans une progression naturelle.

Comment avez-vous intégrer la scène musicale ?

Disons que jusqu’à dix ou douze ans je n’ai fait qu’étudier, mais je suis montée sur scène assez rapidement. Et j’ai su immédiatement que j’aimais ça, quand adolescente j’ai donné mes premiers concerts. Et c’est là que j’ai décidé de vivre de la musique.

Et vous avez débuté en étant choriste, n’est-ce pas ?

Effectivement, j’étais très attirée par les choristes et j’ai voulu débuté ainsi car je trouvais ça très sympa. J’ai beaucoup aimé, mais j’aime aussi chanter en groupe.

Aviez-vous un modèle de chanteuse ?

Je crois que s’il y a une femme que j’ai prise comme modèle de référence c’est Lisa Fisher, la choriste des Rolling Stones et de Tina Turner, qui à présent chante seule. Elle était et est phénoménale. Elle possède une voix parfaite et c’est une femme adorable. Elle travaille à la fois comme artiste et comme choriste et elle vraiment à l’aise quelque soit le rôle dans lequel elle joue.

Donc avant de pénétrer la musique brésilienne vous avez surtout fait des reprises ?

Oui, j’ai adoré faire des reprises. Mais l’idée c’était de faire une totale réécriture du morceau que je reprenais. Je le faisais bien sûr dans une voie très sud américaine et je prenais beaucoup de plaisir à le faire. Ce qui est drôle, c’est que lorsque j’ai enregistré « Smoke on the Water » par exemple, beaucoup de personnes m’ont dit qu’enfin elles avaient compris de quoi parlait cette chanson. Et donc mes arrangements les ont un peu éclairées.

A quel moment avez-vous vraiment joué dans le registre brésilien ?

J’ai toujours été inspirée par la musique brésilienne, mais je n’ai vraiment pénétré cet univers que lorsque j’ai chanté avec Caetano Veloso. Et à partir de ce moment là, le monde s’est vraiment ouvert pour moi. J’étais vraiment inspirée par lui, sa musique, c’était spectaculaire. Vous savez, quand je pense à l’époque où, jeune fille, j’apprenais la musique, ça a été vraiment un instant particulier de mon existence. Je l’ai vraiment approfondie et je l’ai vraiment découverte et aujourd’hui je pense à recueillir les fruits.

Comment avez-vous été mise en contact avec Caetano Veloso ?

En 2012, j’ai été recommandée par Moogie Canazio, un grand ingénieur du son et producteur brésilien, pour être une de ses choristes de Caetano. Il était honoré en tant que personne de l’année par les Latin Grammys. A côté de lui, il y avait des superstars de la musique latine comme Alejandro Sanz, Seu Jorge, Juanes, Nelly Furtado, Natalia Lafourcade et la grande Natalie Cole. J’ai non seulement chanté avec des artistes ayant une forte notoriété, mais ce concert est allé bien au-delà et m’a profondément marqué.

En plus de la musique brésilienne vous avez aussi été influencée par le jazz comme en témoigne certaines de vos compositions, mais il semblerait aussi par la sophistication de la musique Californienne. Confirmez-vous ?

En fait, quand vous arrivez ici en qualité de musicien, vous savez que le public attend de vous que vous jouiez beaucoup de standards. Donc, je suis venue en Californie assez jeune et j’avais déjà de l’expérience. Et j’ai eu la chance de jouer rapidement dans la région. Je pense que j’étais déjà bien préparée car je connaissais un grand nombre de standards et j’étais capable de bien m’exprimer. J’ai rapidement compris ce que le public attendait de moi à savoir de la musicalité, du chant, de la compétence et de l’habileté et j’étais capable d’atteindre ça c’était fantastique. Et ça vous maintient debout !

 

Carla Hassett ©Susy Shearer
Carla Hassett © Susie Shearer by courtesy

Pour réaliser vos arrangements vous avez bien sûr choisi la musique brésilienne, mais aussi le jazz. Avez vous une formation spécifique en la matière ?

Une grande partie des reprises que j’ai effectuées, je les ai principalement réarrangées en jouant jazz. Je suis marquée par la musique brésilienne je l’ai apprise à travers Jobim et Caetano Veloso et donc j’ai fait de nombreux concerts en jouant leur musique et forcément ça transparaît dans ce que je fais.

Quels sont vos projets à venir ?

More Blue est mon 4e album, j’ai réalisé un EP et deux autres LP, mais il y en a un qui circule, je ne sais où. Pour le moment je suis signée par un label indépendant. Je pense que c’est toujours un avantage, ce qui me permet d’être beaucoup plus libre dans mes choix artistiques. J’ai des idées assez avancées sur un projet que je souhaite mener à bien. J’ai tellement de satisfactions avec + Blue, notamment la reprise de « Little More Blue », que Caetano Veloso avait écrit quand il était en exil en 1971,   que je réfléchis à donner une suite au concept que j’ai retenu. Là, je me pose et je réfléchis à ce qu’il pourrait être. Je commence à composer et à écrire des chansons, dans cet état d’esprit. Et j’attends un peu pour définir totalement ce que sera le prochain album.

Et plus loin encore quels rivages souhaiteriez vous explorer ?

Je pense que j’ai pas mal d’affinités avec ce que l’on nomme l’avant-garde, mais je crois que c’est pour plus tard. Je dois finir de m’installer dans un répertoire qui me définit bien, comme le jazz brésilien avant d’explorer d’autres voies.

M.M.

Discographie :

Carla Hassett + Blue

+ Blue, Paulista Records 8 45121 09501 2

Circulo, Paulista Records 6 41444 1152 7

Quero Saber Paulista Records 7 00261 20356 0

First, Paulista Records 7 83707 06890

Liens vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=CDEtx4dqLqs

https://www.youtube.com/watch?v=nWqR3kb5gw8

https://www.youtube.com/watch?v=Lso6wYfozxE

https://www.youtube.com/watch?v=ATi1U1343JQ

 

 

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