Coups de coeur

Carsten Lindholm :

Indispiration (JnA 7915-wwwjazznarts.com)

Pour son deuxième opus, le batteur danois est accompagné de quinze de ses musiciens préférés, provenant de six pays différents. De manière approfondie, le but de sa musique est de se focaliser consciemment sur une paix intérieure, manquante au monde actuel, tout comme l’ouverture culturelle des pays. Au final le résultat donne un album qui allie la fraîcheur du jazz Nordique avec la flamboyance des rythmiques indiens mais aussi afro-américains. La froideur des fjords qui ont décoré le paysage de Carsten Lindholm dans sa prime jeunesse transparait à travers l’expression des trompettistes, dont Erik Truffaz (« Indian Summer »). Cette couleur originale s’entend bien aussi avec les interventions du vibraphone de Christophe Dell (« J.G. »).  Les trois piliers de son expression artistique se retrouvent tout au long de ce CD  à forte  saveur esthétique. Les rythmes jazz se conjuguent avec la fraicheur des notes tendance ECM. « Punjab Boogie » sort du lot par sa hardiesse. Le batteur mixe à merveille sa sensibilité acquise auprès d’un géant comme Ed Thigpen avec la tradition de son pays. Dans le même esprit, « Konnakol » évoque par certains aspects la bossa chère à Antonio Carlos Jobim, mais avec un background indien. Chaque morceau est une découverte avec des instants splendides comme « Luther » et sa base hypnotique qui permet aux solistes de s’exprimer en toute liberté  et surtout « Longing », développé à la fin du CD en « Longing Drum Impro », qui allie finesse du phrasé du piano, rondeur de la basse électrique, nappes éthérées et frappes chaloupées sur les fûts pour faire swinguer le tout et favoriser les impros de Mathias Grove Madsen (p).   Indispiration  surprend par sa conjonction d’atmosphères éthérées, véhiculées par les cuivres alors que les cordes donnent un aspect chaloupé et la batterie un swing marqué. Un peu comme si l’air rencontrait le feu  dans un univers aquatique.

Titres :  Luca, Indian Summer, ECM, J.G., Longing, Luther, New Delhies, Ganges, Indiance, Afrindian, Punjab Boogie, Space in Places, Konnakol, Longing Drum Impro

Musiciens : Carsten Lindholm (dm, elp, kalimba), Eric Truffaz, Pete Judge, Günnar Halle, Thomas Siffling, Rasmus Bogelund (tp), John Beasley (p), Mark Lorenzen (p, elp, harmonium) Mathias Grove Madsen (p), Reggie Washington, Jim Barr, Klavs Hovman, Hans Emborg, Thorkil Christensen (b), Henrik Andersen (sitar, Tampura), Christoph Dell (vib).

Acheter le CD : http://carstenlindholm.dk/?page_id=1376

Carla Hassett

Quatrième album pour la chanteuse et guitariste Carla Hassett qui a grandi au Brésil, mais a très vite rejoint les Etats Unis. Cette double appartenance se retrouve magnifiée dans +Blue. Un album où la musique brésilienne côtoie le blues et même le funk.  Avant de se lancer dans une carrière solo, la brésilienne a fait ses classes comme choriste dans des groupes aussi divers que Billy Idol, Gino Vanelli, Solomon Burke, Mike Patton et côté brésilien, Sergio Mendes, Airto Moreira, Flora Purim. Elle a aussi chanté pour Caetano Veloso quand il a obtenu son Latin Grammy. Ses influences se situent tout aussi bien chez Gilberto  Gil, Vinicius de Moraes que Fleetwood Mac ou Aretha Franklin. L’entame de son nouvel opus est rythmé par des accents brésiliens avant de basculer de façon énergique vers un blues acéré marqué par un jeu de guitare saturé de Joao Pedro Mourao et des cuivres qui complètent la force de l’expression qui vire un peu au gospel (« We Belong  Here »). Toujours dans une registre enlevé la chanteuse déploie sa voix sur ses propres compositions où la rythmique se fait funk et les propos plus agressifs (« Guerriera Vai »). Quand elle revient au pays natal, la douceur se répand et les notes chères à Tom Jobim se font obsédantes et sensuelles (« Sem Calor »). Après ce coup de chaud, Carla Hassett  explore l’aspect festif de la samba-rock avant d’atteindre le sommet de +Blue avec son interprétation de  « A Little More Blue »   de Caetano Veloso. Sa voix se fait délicieuse, ses phrases chaloupées et le Fender Rhodes de Ben Lewis complète cette atmosphère détendue. Après avoir atteint ce sommet, elle nous fait tendrement redescendre sur terre avec une composition qui n’aurait pas déplu à James Taylor.  Les arpèges de Mourao accompagnent la chanteuse avec délicatesse et petit à petit les balais de Leonardo Costa viennent frotter les peaux pour accentuer le propos et clore le thème qui semble ouvrir sur d’autres horizons. La flûte de Wes Smith semble indiquer que le matin vient de se lever et avec lui toute la bande qui accompagne la Brésilienne   pour délivrer une chanson typée auriverde (« Quando Me Desamericanizar »). L’album se termine tout en douceur avec « South American Way » popularisée par Carmen Miranda, qui pousse la chanteuse dans ses derniers retranchements pour tenir la note longuement et faire entendre sa passion pour l’Amérique du Sud. Cet album qui nous est parvenu reflète assez bien le vécu et la personnalité de la chanteuse et donne  envie de l’entendre live, mais aussi d’explorer ses premières productions histoire de vérifier que l’on n’a pas manqué une autre pépite.


Titres :  We Belong Here, Pois É E Tal, Guerreira Vai, Sem Calor, Cadeira da Praça, Sangue da Terra, A Little More Blue, Forte, Quando Me Desamericanizar, South American Way

Commander le cd : https://www.carlamusic.com/music

Publié par rythmncorsica

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