Girls in Hawaii

Le combo belge à Bastia une belle surprise !

Dans une salle de l’Alb’Oru débarrassée de ses fauteuils plusieurs centaines de jeunes sont venus montrer leur passion pour Girls in Hawaii. Une régionale de l’étape était aux premières loges et de se pâmer à chacun des titres joués :  » En Belgique quand ils se produisent c’est toujours sold out s’exclamait-elle « ! Bastia certes n’affichait pas complet mais l’assistance de 25 ans de moyenne d’âge entonnait avec passion les succès du groupe créé par Lionel et Antoine au début du siècle.

La configuration de GIH à géométrie variable favorisait les guitares. Par moment on se serait cru revenu au bon vieux temps du Blue Oyster Cult ou de Lynyrd Skynyrd avec 5 guitares, basse comprise, se déployant sur la scène pour distiller sans Larsen un rock débordant d’énergie. Le background du groupe étant malgré tout plus proche de celui planant du Floyd ou d’Archive avec des accents de Radiohead ou Blur.

Les hits de Nocturne côtoyaient ceux plus âgés de From Here to There et l’un des leader de s’interroger :  » Mais quel âge avez-vous ? Vous connaissez des chansons que nous avons écrites alors que vous n’étiez pas encore nés ! Merci c’est touchant. » Et le set de reprendre avec encore plus de vigueur, une façon au combo de féliciter son public.  » Colors » était l’occasion de remercier tous ceux qui les ont accueillis pour leur concert et particulièrement Sud Hôtel à qui la chanson était dédiée. Après un long rappel le groupe quittait la scène sous les acclamations. Les spectateurs délaissaient à regret l’antre du rock en commentant la prestation à laquelle ils venaient d’assister. Une façon de se retrouver entre initiés de la galaxie rock.

M. M.

Elliott Murphy 70 th birthday au New Morning

Vendredi soir dès 20 heures la rue des Petites Écuries de Paris dans le Xe se remplie allègrement d’une population particulière. Hommes au Stetson voire avec un bandana, femmes en blouson de cuir, l’ambiance sent le rock. Et pour cause à l’entrée du New Morning, temple dédié à la musique de qualité, les fans battent le pavé pour célébrer les 70 ans d’ Elliott Murphy leur idole.

Dans la file d’attente toutes les langues se font entendre : anglaise, italienne, américaine, espagnole, flamande, allemande. Cette communauté n’a qu’un mot clé : acclamé cet être issu de la génération Louis Reed. Le comparse du boss, l’ami de l’ancien Velvet Underground, nourri par la musique des Beatles et de Dylan à la pression. Debouts face à la scène, de très nombreux connaisseurs, fans de toujours, attendent ce moment magique de l’année, comme son traducteur, un castillan y qui arbore un t-shirt à l’effigie de Just a Story…ou un rescapé de son premier concert au Palace en 1971

Il est 21h02, Olivier Durand prend sa place sur le côté gauche de la scène et dégaine sa Taylor. Elliott Murphy le suit de près coiffé d’un Stenson sur son bandana. Un salut amical avant de céder la place à la musique, la meilleure façon d’échanger avec, non pas des spectateurs, mais les membres de la communauté « Murphyenne ».

Des les premières chansons , les cordes envoient leurs ondulations, la voix du poète rock délivrent  » Drive all Night »,  » If Poets where Kings ». Puis le duo est rejoint par Gaspard Murphy (b) et Lisa Cox (vln). L’expression artistique s’enrichit et les chœurs aussi (« Absalom Davy Jackie »). Le temps s’est arrêté et le public d’absorber sa dose d’agréables émotions. Après un quart d’heure de pose, montre en main le set reprend.

« Ça ne se passe pas comme ça avec Ariana« . Après ce commentaire positif sur la ponctualité de l’artiste, la magie reprend possession du temple musical. Les compositions récentes (« Chelsea Boots ») s’entremêlent avec les classiques (On Elvis Presley). La rythmique augmente de batterie clavier peut d’aventure dans un espace rock où l’esprit de la Factory transparait. Il est bientôt minuit, la vedette du soir poursuit son show, prenant appui sur les commentaires des fidèles. Il délivre « Sicily » en rappelant l’histoire de cette chanson, teste son fils sur ses connaissances musicales avec la complicité bienveillante d’Olivier Durand.

Il donne tout et reçoit beaucoup en retour. Un, deux, trois rappels plus loin il est toujours là dispensant son amour à ses admirateurs. Après le partage en musique,vient le temps de la discussion avec les fans. Disponible il signe les autographes, de prête au jeu des selfies, retrouve des amis. La première partie de la fête est terminée. Pour la seconde de soirée le troubadour new-yorkais a droit à des surprises concoctées par son fils G Gaspard et Françoise sa femme. Parmi elles un message audio du Boss. Tout un symbole ! Reconnu par ses pairs Elliott Murphy fait partie de cette galaxie d’artistes de haut-rang font l’humilité et la générosité force le respect.

Prochaines dates :

Mars

  • 23 Spirit of 66, Verviers, Belgium
  • 29 Soubock, Cauville
  • 30 Salle Michel Valéry, Montivilliers

Avril

  • 6 Antwerp, Belgium
  • 12 Neustadt, Germany
  • 13 Neustadt, Germany
  • 16 Druso, Bergamo, Italy
  • 17 Club II Giardino, Lugagnano, Italy
  • 18 Cantù, Italy
  • 19 Raindogs House, Savona, Italy
  • 25 Cafe Vauban, Brest
  • 26 MJC, Morlaix

Mai

  • 3 Bar de la Ferme, Nyon, Switzerland
  • 7 L’Abbatoir, Lillers
  • 9 Le 106, Rouen
  • 11 Ancienne Belgique Club, Brussels, Belgium
  • 15 Bleiche Sessions, Wald, Switzerland

Juillet

  • 26 Green Escape Festival, Craponne sur Arzon

Deep Purple

L’histoire d’une légende part 1

Pour tout amateur de rock, voire de hard rock,  Deep Purple renvoie à « Smoke on the Water »,  « Highway Star», « Child in Time », « Hush », « Woman from Tokyo », « Burn », « Perfect Strangers », « Soldier of Fortune» pour les hits. Ritchie Blackmore, Jon lord, Ian Paice, Ian Gillan, Roger Glover, Steve Morse, John Airey, Glenn Hughes, David Coverdale pour les musiciens. Tant les chansons que les noms démontrent de la vigueur d’une formation crée en 1968.  Avec Plus de 20 albums studio au compteur, des milliers de concerts, cent millions d’albums vendus, Deep purple fait partie, avec Led Zeppelin et Black Sabbath,  de la trilogie des groupes de hard rock qui ont fait la gloire de ce genre musical. Toujours en activité le « Pourpre Profond », comme on a coutume de l’appeler continue de faire parler de lui en bien. Présents en 2008 aux Nuits de Patrimonio, nous vous proposons un survol de la carrière de cette formation.

Deep Purple à Patrimonio (2008)

Création

Tout commence en 1967,  quand Tony Edward (héritier d’un groupe de textiles) et John Coletta, impressionnés par les compositions de Chris Curtis (batteur-chanteur), consentent  à financer et gérer un nouveau groupe, qui n’existe alors que dans l’imagination de Curtis. Jon Lord (orgue) et Ritchie Blackmore (guitare) sont  les deux premiers musiciens enrôlés dans l’aventure. L’organiste venait de quitter les Artwoods (groupe formé autour du frère de Ron Wood). Curtis avait parlé à Lord d’un guitariste qui vivait alors à Hambourg et avait déjà une certaine carrière à son actif, (Outlaws, Screamin’ Lord Sutch). La formation est rapidement complétée avec le bassiste Nick Simper (ancien partenaire de Lord dans le groupe The Flower Potmen), le chanteur Rod Evans et le batteur Ian Paice, (tous deux venus de Maze).

Ian Paice batteur inamovible du Pourpre Profond (2008)

(Photo Ian Paice)

Une fois le groupe monté, le nom de Deep Purple (d’après le titre de la chanson favorite de la grand-mère de Blackmore) est choisi en remplacement de Roundabout. Les premiers concerts ont lieu au Danemark. En l’espace de neuf mois, la formation enregistre  trois albums studio (Shades of Deep Purple, The Book of Talyesin et Deep Purple) et un single (Hush). « Hush » obtient un énorme succès aux USA et grimpe jusqu’à la 4e place au Billboard top 5. The Book of Taliesyn, reprend la formule du premier succès. Il est enregistré en octobre 1968, pour coïncider avec une tournée. Enfin, Deep Purple, le troisième opus illustré par « L’Enfer du Musicien » de Jérome Bosh est l’ultime album du Deep Purple Mark I. Lord, Blackmore et Paice se sont trouvés une voie durant les tournées et souhaitent l’imposer. Ils virent leur manager et cherchent, durant l’année 69, des remplaçants au duo Evans/Simper.

Consécration

Ian Gillan ici avec Steve Morse le chanteur aux multiples allers/retours (2008)

Ritchie Blackmore commence à rechercher un nouveau chanteur. Il téléphone à Mick Underwood, batteur avec qui il avait joué dans les Outlaws. Celui-ci lui conseille de venir voir Episode Six, son groupe et surtout Ian Gillan son chanteur. L’affaire se fait immédiatement et sachant que le groupe cherche aussi un bassiste, Gillan propose Roger Glover. Le Mark II vient de naître ! De 70 à 73 Deep Purple sort 4 albums dont In Rock qui pose les fondements du hard rock. Le succès est phénoménal :  Machine Head est 1e en Grande Bretagne et France, 7e  aux USA ;  Fireball leader au Royaume Uni 3e en France et 32e aux States. Les hits défilent : « Smoke on the Water », « Never Before », « Fireball », « Black Night », « Woman from Tokyo », Strange Kind of Woman ». En 74, la formation connaît ses premiers soubresauts. Gillan, qui monte son Ian Gillan Band,  et Glover quittent le navire amiral et cèdent la la place à Glenn Hughes (b) et David Coverdale (voc). L’arrivée de celui que l’on appelera « The Voice of Rock » et du futur leader de Whitesnake permet de laisser le groupe enchaîner les succès. Burn se classe 3e en GB, 4e en France et 9e aux USA. Stormbinger fait un soupçon moins bien mais Deep Purple conserve une côte de popularité élevée tant en Angleterre que sur le continent. 1975 constitue le premeir gros clash dans le roupe.

Glenn Hughes « The Voice of Rock » avait pris la suite de Roger Glover à Erbalunga (2009)

Explosion

Ritchie Blackmore présent depuis 68, quitte le band. Il monte Rainbow  avec Ronnie James Dio (voc) et plus tard Cozy Powell (dm), Jimmy Bain (b) et Tony Carey (kbd). Une formation similaire par l’instrumentation à celle de DP. C’est le talentueux Tommy Bolin venu du James Gang  qui le remplace au sein du Pourpre Profond pour Come Taste the Band. Si l’entente entre Bolin et Hughes est totale, avec un goût prononcé pour une expression soul et funk, cela n’empêche par Deep Purple de se séparer au cours de cet épisode IV. Jon Lord avec le batteur crée P.A.L. (Paice-Ashton-Lord) et  Bernie Marsden (g) qui intégrera plus tard Whitesnake. David Coverdale et Glenn  Hughes partent sur des projets solos. Le chanteur va très vite former Whitesnake avec Bernie Marsden en 78. Glenn Hughes s’associe avec Pat Thrall. Tout le monde est recasé et obtient plus ou moins de succès.  

Bernie Marsden à Bastia (Festival jazz Equinoxe 2011) n’a jamais été guitariste de DP, mais a joué avec P.A.L. et Whitesnake
Roger Glover (Toulon 2010)

Refondation

Malgré cela, Deep Purple va renaître sur les cendres des groupes montés par ses membres les plus populaires. Blackmore, Paice, Lord, Gillan et Glover se retrouvent pour donner naissance à l’album Perfect Strangers. Dix ans après les premiers soubresauts DP flirte  à nouveau avec le succès. 5e en France et en Grande Bretagne, 17e aux USA ; l’album obtient trois hits. La tournée se termine à Knebworth devant 80 000 spectateurs. L’attente a été longue mais les fans sont récompensés.  L’embellie va être de courte durée. Si The House of the Blue Light réussit un beau score dans les différents classements,  les dissensions réapparaissent au sein de la formation et après Nobody’s Perfect, Gillan tire une nouvelle fois sa révérence. C’est Joe-Lynn Turner du groupe Rainbow qui lui succède. On reste entre soi chez DP. Le succès n’est pas vraiement au rendez-vous de cet opus (Slaves and Masters).  Qu’à cela ne tienne, Gillan revient à la maison pour faire parler la poudre sur  The Battles Rage et la belle histoire se poursuit. Les ventes vont mieux et les chamailleries aussi, notamment Gillan et Blackmore qui se disputent encore.  C’est Joe satriani, l’Alien,  qui prend les six cordes en main pour palier au nouveau départ du guitariste, parti fondé Blackmore’s Night avec Candice Night, sa compagne.

Continuation

Steve Morse a pris la place de Ritchie Blackmore après l’intérim de Joe Satriani (2008)

Dans cette configuration DP ne sort pas de disque.  La collaboration de satriani sera de courte durée et c’est Steve Morse (Kansas) qui va lui succéder à la guitare. Avec lui le MK VII sort Perpendicular puis Abandon. Tout semble aller pour le mieux jusqu’à ce que Jon Lord annonce son ambition de quitter le navire amiral. Nous sommes en 2002, c’est Don Airey (Rainbow, Gary Moore) qui se colle aux claviers. Le groupe continue de surfer sur la vague du succès même si ce dernier s’est déplacé à l’Est en Allemagne et Russie. En 2012, John Douglas Lord décède des suites d’une longue maladie comme on dit.  Infinite est le dernier album studio que le pourpre profond ait sorti (2017), quatre  ans après le sympathique Now What ?!Don Airey

Don Airey a remplacé Jon Lord aux Claviers (2008)

Deep Purple en chiffres

21 albums studio (palme d’or au MK II avec 4 disques),

8 formations différentes (Mk)

4 chanteurs (Rod Evans, Ian Gillan, Joe Lynn Turner)

3 guitaristes (Ritchie Blackmore, Tommy Bolin, Steve Morse)

3 bassistes (Nick Simper, Roger Glover, Glenn Hughes)

2 claviers (Jon Lord, Don Airey)

1 seul batteur en la personne de Ian Paice.

4 Groupes principaux : Rainbow, Ian Gillan Band, PAL, Whitesnake

et une myriade d’autres.  

Just a Story from Elliott Murphy

He left New York and he looked at her

Elliott Murphy in Corsica

Elliott Murphy, le plus français des musiciens américains fête ses soixante-dix ans. L’occasion de le voir au mythique New Morning les 15 et 16 mars prochains.  Il fête aussi ses trente ans de vie parisienne. Ce chanteur-guitariste qui a grandi dans l’univers folk, a côtoyé les grands bluesmen, d’où son album Murphy Gets Muddy (2005). Lou Reed était son ami, c’est lui qui a un peu mis le pied à l’étrier. Bruce Springsteen son complice  avec qui, il continue de partager la scène quand l’occasion se présente. Cet été, il était en Corse, avec Françoise sa femme. Nous l’avons rencontré au Castel Brando d’Erbalunga où il avait pris une semaine de repos chez ses amis corses. Récit.

Hier au cours d’une discussion vous  avez dit : « Je laisse les stades à Bruce (Springsteen), je conserve les petits clubs.  Est-ce un choix volontaire ou un regret ?

D’abord, c’est une blague, parce que Bruce et moi nous avons  commencé en même temps  dans de petits clubs à New York tout comme Billy Joel, les Modern Lovers,  et même Kiss.  Mais après c’est le destin qui décide. Dans les années 70 ça marchait pas mal pour moi et à la fin de la décade, le style musical a changé avec le punk, la new  wave.  Les chanteurs compositeurs n’étaient plus trop d’actualité. Sauf ceux qui avaient beaucoup de succès comme Bruce. Moi j’étais un cran en dessous, ça a été plus difficile, mais toutefois,  j’ai eu de la chance. J’ai fait mon premier concert à Paris en 1979 au Palace à Montmartre et ça m’a changé.

« Je jouais souvent au Bottom Line à Greenwich, là où Lou Reed  avait enregistré A Night with Lou Reed »

Pourquoi cela vous a-t-il changé ?

J’ai aimé le contact avec le public dans ce petit club, ça me changeait de New York. Pour ce concert, j’ai fait six rappels, je crois que c’est parce que je ne voulais plus quitter la scène et entre 79 et 89 j’ai eu du succès en France, mais aussi en Espagne, en Italie, en Suède, en Suisse. Donc en 89, je quitte les Etats Unis et je m’installe en France.

Donc avant 89, vous vous produisiez toujours dans les clubs new yorkais ?

Elliott Murphy on stage

Oui, je jouais souvent au Bottom Line à Greenwich, là où Lou Reed  avait enregistré (ndlr : A Night with Lou Reed).  C’était un club de 500 places. New York c’est toujours un bon public, mais je restais le plus souvent sur la Côte Est, je n’ai joué que deux ou trois fois sur la Côte Ouest. Par contre, chaque fois que je revenais en France je me produisais dans de grands festivals.

Comment expliquez-vous cette situation ? Cela fait penser aux musiciens de jazz qui lorsqu’ils sont en Europe se produisent eux aussi dans de grands festivals.

C’est le même mystère, je ne comprends  pas exactement le pourquoi.  C’est d’autant plus surprenant, pour un artiste comme moi qui écrit les paroles et qui jouait   face à un public dont l’anglais n’était pas la langue maternelle.  Ça marche pour le jazz, le blues. Le meilleur exemple c’est peut être Edgar Alan Poe qui était inconnu aux USA, alors que Baudelaire lui était très en vogue. C’est d’ailleurs lui qui le premier a fait la traduction de Poe, ensuite d’Henry Miller. C’est comme ça aujourd’hui avec Paul Auster. C’est une énigme et je n’ai jamais trop cherché à savoir pourquoi, car si je trouvais la réponse ça pourrait me contrarier. Mais j’aime beaucoup la vie à l’européenne, et je me considère aujourd’hui comme le plus français des musiciens américains !   Je suis un véritable expatrié ?

« J’étais marqué  par les Beatles, Dylan et Donovan »

Avec Olivier Durand

Quand vous avez débuté la musique, vouliez vous ressembler à un artiste, aviez-vous un modèle ?

J’ai débuté la musique à 12 ans, avant les Beatles en 61. A cette époque il y avait un boum avec le folk, Peter Paul and Mary. C’est ainsi que j’ai débuté ce qui m’a donné des racines folks  et ensuite c’est l’explosion des Beatles en 64. J’oublie,  il y avait aussi Elvis, la première rock star, lui il venait d’une autre planète. Je ne pouvais pas atteindre son niveau. Donc la musique, les mots et les Beatles qui créent eux mêmes leurs chansons. C’est vers eux que je me projette.  Elvis c’était un peu comme Johnny Halliday, il chantait ce qu’on lui donnait. Donc j’étais marqué  par les Beatles, puis Dylan, et d’autres encore comme Donovan, et aussi Lou Reed, car c’était un chanteur compositeur de New York comme moi, avec la même sensibilité, la même façon de parler, le même argot.  

Le côtoyez-vous ?

J’étais vraiment proche de Lou.  J’ai d’ailleurs écrit les notes de la pochette de l’album  du Velvet  Underground, Live 69, et après ça j’ai commencé  à faire des disques.  D’abord chez Polydor et c’est grâce à lui, que j’ai signé avec RCA.

Puis vous signez chez Columbia ?

Oui, c’était pour Just a Story  from America.

« J’ai aussi écrit des nouvelles dans Rolling Stones »

Et le succès n’étant pas là, Columbia s’est retiré ?

Comme toutes les histoires ce n’est pas très simple. Il y a une légende qui dit que Just a Story… a eu peu de succès aux States, mais beaucoup plus en Europe, avec « Anastasia » qui a très bien marché, notamment sur Sud Radio. Mais, il y a aussi le fait que je me dispute avec mon manager et je suis  un peu victime de ça et du coup j’ai baissé les bras.  Puis, je n’ai jamais trouvé le groupe qui me convenait pour mes tournées. À chaque disque je changeais de formation, pas comme Bruce  qui avait son E-Street Band. Moi je parviens à trouver mon équilibre juste après  mon premier concert à Paris avec Ernie Brooks et Tony Machine. Et aussi ça a été trop vite pour moi ! Vous rendez-vous compte, en 71, je jouais dans le métro en Europe, je reviens  à New York et au bout de trois mois j’ai un contrat avec Polydor, deux mois plus loin je commence à enregistrer, c’était Too Much Too Soon.

Live à Bastia 2011

Donc en 89, vous êtes  installé en France, est-ce à ce moment-là que vous commencez à écrire des livres ?

En fait, j’ai toujours écrit comme les notes du Velvet, mais j’ai aussi écrit des nouvelles dans Rolling Stones, et d’autres magazines de musique. J’ai écrit des poèmes, fait des interviewes avec Keith Richard et Tom Waits et quand j’ai aménagé à Paris, je m’y suis mis plus sérieusement, avec le soutien de Françoise (Viallon, sa femme, ndlr).

Vous revenez à la guitare acoustique  et vous rencontrez Olivier Durand. Comment s’est effectuée cette rencontre ?

C’était après Selling the Gold et je cherchais un autre guitariste et j’ai demandé à Jérôme Soligny (artiste, chanteur, rédacteur pour rock & folk) s’il connaissait un guitariste qui pouvait vite jouer avec  moi. Il m’a répondu qu’il en connaissait un qui jouait avec Little Bob. Je fixe un rendez-vous chez moi à Olivier,  et en 3 heures il me dit juste deux trois mots. Au début, je ne pensais pas que je pouvais jouer avec un mec comme lui.  Il est si timide, mais il a des  racines musicales très profondes et on se retrouve bien puisqu’il aime aussi Bob Dylan, les Rolling Stones, Tom Waits et le Blues.

Olivier Durand

Et aujourd’hui, vous êtes toujours avec lui !

Oui j’ai fait deux trois concerts en solo. Mais sinon je travaille beaucoup avec lui.   D’ailleurs une année on a fait plus de cent concerts ensemble et du coup, j’ai  dit «  J’ai pris plus de petits déjeuners avec lui qu’avec ma femme Françoise ». 

Est-elle jalouse ?

Non pas du tout. C’est peut être le secret de notre relation, nous sommes tous les deux indépendants.

Comment est né votre dernier album « Prodigal son » ?

C’est mon fils Gaspard qui l’a produit et il joue aussi de la basse avec moi et je trouve  qu’il m’a trouvé un très bon son. En fait, il est très sévère il me dit par exemple : « Daddy you can’t sing that » et il me fait changer les paroles. Je l’ai sorti en 2017 et cette année, (2018) je vais faire un live et ça sera peut être un Best of Live… je change les mots.

M.M.

Discographie :

1973 : Aquashow (Polydor)

1975 : Lost Generation (RCA)

1976 : Night Lights (RCA)

1977 : Just a Story From America (Columbia)

1980 : Affairs (Courtisane)

1982 : Murph the Surf (Courtisane)

1984 : Party Girls and Broken Poets (WEA)

1986 : Milwaukee (New Rose)

1987 : Après le déluge (New Rose)

1988 : Change Will Come (New Rose)

1989 : Live Hot Point (New Rose)

1990 : 12 (New Rose)

1991 : If Poets Were King (New Rose)

1992 : Diamonds By The Yard (Razor & Tie)

1993 : Unreal City (Razor & Tie)

1993 : Paris/New York (New Rose)

1995 : Selling the Gold (Musidisc)

1996 : Going Through Something (Déjàdisc)

1998 : Beauregard (Last Call)

1999 : April (Last Call)

2000 : Rainy Season

2000 : La terre commune (w/ Ian Matthews) (Last Call)

2001 : Last of the Rock Stars… And Me and You with the Rainy Season Band (Last Call)

2001 : Live In Solingen (w/ Ian Matthews) (Last Call)

2002 : Soul Surfing (w/ Rainy Season) (Last Call)

2002 : The Next Wave (EP Last Call)

2003 : Strings of the Storm (Double CD Last Call)

2005 : Never Say Never – The Best of 1995-2005… and More (Last Call)

2005 : Murphy Gets Muddy (Last Call)

2007 : Coming Home Again (Last Call)

2008 : Notes from the Underground (Last Call)

2009 : Alive in Paris (CD & DVD Last Call)

2010 : Elliott Murphy (Last Call)

2011 : Just a Story from New York (Last Call)

2013 : It Takes a Worried Man (Last Call)

2014 : Intime (Last Call)

2015 : Aquashow Deconstructed (Last Call)

2017 : Prodigal Son

Écrits :

1989. Cold and Electric, Entreligne (France),

1990. The Lion Sleeps Tonight, Librairie Gibert Joseph (France),

1995. Where the Women are Naked and the Men are Rich, Celeste (Espagne)

2002. Café Notes, Hachette Littératures (France)

2005. Poetic Justice, Hachette Littératures (France)

2013. Marty May, éditions Joëlle Losfeld (France, traduction de l’anglais Christophe Mercier)

2016. Strings of the Storm, Éditions La Grange Batelière 

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