ROY HARGROVE (05/2019)

Remember Roy

Il s’appelait le petit prince de la trompette un enfant du « Prince des ténèbres *» sans doute ! Il nous a quitté, le 2 novembre,  il y a tout juste six mois emporté par la maladie. Mais ce qu’on retiendra de lui c’est sa totale humilité.

Roy live

https://www.youtube.com/watch?v=CQ6dbUmU__o

Cet artiste était toujours partant pour jouer avec les fans de sa musique, les amoureux du jazz. Tel un érudit discutant au café du commerce avec le peuple,  il n’hésitait pas à extraire sa trompette de son étui pour partager son amour avec des musiciens amateurs aussi. Petite parenthèse, c’est à ces actes la qu’on peut faire le distinguo entre les grands (artistes) et les petits, ceux qui pensent avoir atteint le sommet et ne considère pas l’autre comme digne de les accompagner. La parenthèse étant fermé je vous transmets le souvenir de Roy.

Théâtre de Bastia – 2007 (Photo Michel Maestracci)

« Si c’est ça le jazz alors je suis preneur »

La première rencontre avec le trompettiste s’est déroulée à Fano, sur la côte adriatique italienne pour le festival Fano Jazz by the Sea en 2004. Dans l’antique cité il se produisait à la tête du RH Factor avec Reggie Washington (b), Bobby Sparks (org) Renée Neufville (voc), Keith Anderson (s) pour un show funk au groove profond. Le trompettiste revenait aux sources de la musique afro-américaine avec Hard Groove. On retrouvait dans son expression sa propension à faire swinguer son propos. Ceci après une période classique discographique faite de standards (Approching Standards), de clins d’œil à la musique latine (Habana) ou encore du magnifique Moment to Moment agrémenté de cordes. Ce qui fera dire à un ami féru de rock qui avait assisté à son concert bastiais (2007) « Si c’est ça le jazz alors suis preneur ».

Théâtre de Bastia – 2007 (Photo Michel Maestracci)

À la contrebasse pour permettre à un musicien local de jouer

Arrivé la veille de son concert à Bastia, Roy passât l’après-midi du samedi après midi pour se faire dyaliser. Acclamé par les autres patients il quittait l’établissement de santé après avoir signé des autographes et invité ses compères d’un moment à assister à son concert du soir. Et le spectacle fût de toute beauté avec un pianiste et un alter saxo complice. Après le concert, Roy ne s’est pas fait prier pour participer à la jam-session organisée pour l’occasion se mettant même à la basse pour permettre à un musicien local de jouer de la trompette.

À la contrebasse au café de la paix -Bastia 2007 – (photo Gérard Mussier)

Avec Roy Hargrove on était loin de l’image que certains médias voulaient donner à la musique du XXe siècle : une musique intellectuelle, froide et sans émotion.

Discographie :

Au cours de sa carrière, Roy Hargrove  a joué avec Ricky Ford (Hard Groovin’-1989) présent à Bastia en 2003, Jackie Mc Lean (Rhythm of the Earth -1992), Steve Coleman and the Five Elements (The Tao of Mad Phat – ), Slide Hampton (Dedicated to Diz-1993), Johnny Griffin (Chicago, New York, Paris -1994), Abbey Lincoln (A Turtle’s Dream – 1994), Shirley Horn (The Main Ingredient -1995), Barbara Dennerlein ( Take Off!! – 1995), Jimmy Smith (Damn – 1995 et Angel Eyes – 1996), Natalie Cole (Ask a Woman Who Knows -2002), John Mayer (Heavier Things -2002, Continuum -2006), Mario Canonge (Rhizome-2004), Linda Rondstat, Hummin’ to Myself -2004), Rod Stewart (The Great American Songbook – 2005), Mike Stern (Who Lets the Cats Out -2005), Jimmy Cobb (Cobb’s Corner -2007), Roberta Gambarini, normal pour la femme de Larry Clothier son agent (So in Love -2009) et beaucoup d’autres encore.

Jam-Session au café de La Paix avec Amadeus Chiodi (as)

Hommage à Charlie Parker

C’est dire son attraction pour de multiples artistes. Pour ce qui est de sa discographie Roy a sorti une quinzaine d’albums, le premier Diamond in the Rough , en compagnie de Scott Colley (b), Al Foster (dm), Antonio Hart au sax le tout dans un registre très bop avant d’enchaîner sur Public Eye  avec Antonio Hart (s), Billy Higgins (dm) et Chris Mc Bride (b) puis The Vibe avec Jack McDuff (org), Branford Marsalis(s), With the Tenors of our Time avec Stanley Turrentine (s), Joe Henderson (s) ,Johnny Griffin (s), Branford Marsalis (s) et Steve Coleman (s) soit deux générations de ténors.

Roy au chant (Photo Luciano Rossetti by courtesy ©)

En trio avec Chris McBride (b) et Stephen Scott (p) pour rendre hommage à Charlie Parker sur Parker’s Mood. Avec Habana il intègre le latin jazz à son répertoire puis il sort le sublime Moment to Moment avant d’aborder sa période funk avec le RH Factor. Puis de revenir à son jazz straight avec ses deux derniers albums studio. Le reste de sa carrière se poursuivra au gré des concerts et des collaborations puis plus rien. Le mal agissant pour l’empêcher de s’exprimer pleinement. Il reste malgré tout un album tout simplement magique : Direction in MusicLive at Massey Hall du trio Herbie Hancock-Mickael Brecker et Roy Hargrove, avec Brian Blade (dm) et John Patitucci(b)  pour célébrer les 75 ans du duo Miles Trane, c’était le 25 octobre 2001.

Bientôt une galerie photo dédiée à Roy Hargrove

  • Le prince des ténèbres alias Miles Davis
Good bye Roy….

Publié par rythmncorsica

Ecrire la musique (jazz, blues, rock, brasil), montrer la musique, partager la musique, entendre la musique, life is music

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :