ELTON JOHN (06/2019)

Captain Fantastic tire sa révérence en beauté

Première étape française à Lille pour « Farewell Yellow Brick Road »,  la tournée d’adieu d’Elton John.  En cette nuit de juin, Reginald Kenneth Dwight a enflammé le stade Pierre Mauroy de Villeneuve d’Ascq. C’était pour lui l’occasion de remercier le public  de France, fidèle depuis 50 ans maintenant à ses albums, Cds, DVDs et autres tickets de concert. Il est 20h05, quand l’auteur de Captain Fantastic apparait dans un costume gris à paillettes.  Pour cette tournée, il est entouré d’une section rythmique riche avec le batteur Nigel Olsson, John Mahon et Ray Cooper les deux percussionnistes, Matt Bissonette (b), Kim Bullard  (kbds) et un guitariste remplaçant Davey Johnstone (désolé je n’ai pas retenu son nom). Goodbye Yellow Brick Road, son 7e album studio constitue le fil rouge de la soirée. Six titres de ce disque vendu à plus de 30 millions d’unités figurent au répertoire du show lillois.

La suite du menu comprend ses principaux hits extraits des albums mythiques des 70’s,  soit  le premier tiers de sa discographie (30 albums studios depuis 1969 dont 15 en 10 ans). Le concert débute dans une ambiance magique avec « Bennie and the Jets » et «  All the Girls Love Alice ». Tout au long de son chemin musical, le chanteur anglais commente ses productions « Philadelphia Freedom », l’hommage à Billie Jean King (joueuse de tennis et première sportive à faire un coming out), « Someone Saved My Life Tonight » un titre extrait deCaptain Fantastic & the Brown Dirt Cowboy, l’album préféré de toute sadiscographie. Juste avant cela, deux hits majeurs joués pour le plus grand délice d’un public envoûté (« Rocket Man » et « Sorry Seems to Be The Hardest Word ».

« Daniel »,  « Sad Song »,  « Don’t Let the Sun Go Down on Me », les hits s’enchaînent encore

L’hommage à Lady Diana à travers « Candles in the Wind » écrite pour Marylin Monroe. Sur l’écran gigantesque qui décore la scène, les images, les photos, les films illustrent ce périple dans le temps.   Puis c’est l’histoire de sa chute et de sa renaissance (« I’m Still Standing »). Un moment fort du show avec « Saturday Night’s Alright for Fighting » repris en chœur par un public debout.  Son  combat contre le SIDA et sa fondation (Elton John AIDs Foundation). Cela fait plus de deux heures trente que le pianiste arpente la scène avec un piano se mouvant comme le traineau du père Noël. Les hits s’enchaînent encore : « Daniel »,  « Sad Song »,  « Don’t Let the Sun Go Down on Me ». Les cotillons dorés illuminent la voûte étoilée de ce dernier sacre de Sir Elton Hercules John. Pour le rappel l’artiste revient  vêtu de sa robe de chambre et délivre « Your Song » avant de finir en beauté avec le magnifique «Goodbye Yellow Brick Road ».

C’est le moment que la star choisit pour être, tel un « Rocket Man », téléportée  vers l’infini. Il apparait alors en survêtement et monte dans son engin destination ailleurs.  Une des dernières pages du livre d’Elton  se  tourne dans les Hauts de France. Le mot de la fin à Gérard Drouot, le producteur de la tournée française: « La plus belle tournée d’Elton depuis 21 ans que j’ai la chance et l’honneur de produire ses concerts en France ». Le public quitte l’enceinte des paillettes dans les yeux et « Don’t Go Breaking my Heart » la chanson en duo avec Kiki Dee pour l’accompagner vers la sortie. Mais oui, Elton nous brise le cœur de quitter la scène…enfin pas encore. Avis à ceux qui ont manqué le concert événement, car il sera encore présent en octobre 2020 pour deux dates à Paris (10 & 11 octobre).

M.M

Set list

Bennie and the Jets (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

All the Girls Love Alice (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

I Guess That’s Why They Call It the Blues (Too Low for Zero – 1983)

Border Song (Elton John -1970)

Tiny Dancer ( Madman Across the Water – 1971)

Philadelphia Freedom (Captain Fantastic & the Brown Dirt Cowboy – 1975)

Indian Sunset ( Madman Across the Water – 1971)

Rocket Man (I Think It’s Going to Be a Long, Long Time) (Honky Château – 1972)

Take Me to the Pilot  (Elton John -1970 )

Sorry Seems to Be the Hardest Word (Blue Moves – 1976)

Someone Save my Life Tonight (Captain fantastic & the Brown Dirt Cowboy – 1975)

Levon (Madman Across the Water – 1971)

Candle in the Wind  (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding  (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

Burn Down the Mission (Tunbleweed Connection – 1970)

Daniel  (Don’t Shoot Me I’m Only the Piano Player1973)

Believe (Made in England -1994)

Sad Songs (Say So Much) ( Breaking Hearts 1984)

Don’t Let the Sun Go Down on Me (Caribou – 1974)

The Bitch Is Back (Caribou – 1974)

I’m Still Standing  (Too Low for Zero – 1983)

Saturday Night’s Alright for Fighting (Goodbye Yellow Brick Road1973)

Your Song (Elton John – 1970)

Goodbye Yellow Brick Road (Goodbye Yellow Brick Road1973)

 Don’t Go Breaking My Heart- ( Elton John & Kiki Dee single)

Janysett McPherson (06/2019)

Las Nuevas Estrellas de la Riviera

La pianiste cubaine a été nominée plusieurs fois au « Cubadisco Internacional », l’équivalent du « Midem » pour le marché international de la musique latine, mais dans le pays  dans lequel elle vit depuis plus de dix ans rien de tout cela. Pourquoi Janysett McPherson ne capte-t-elle pas encore les radars hexagonaux menant au succès. Nous vous proposons de découvrir à travers cette présentation  celle qui sur scène se fait accompagner par Michel Alibo, Andy Narell, Rafael Paseiro, Minino Garay, Jean-Marc Jafet, pas n’importe qui vous en conviendrez, mais aussi  Hadrien Feraud, Olivier Louvel, Nicolas Viccaro Pierre Bertrand, et Dominique Viccaro son compagnon dans la vie.

JL Neveu 2015

Actuellement vous effectuez de nombreuses tournées aux Antilles, dans les Caraïbes. Est-ce  un retour aux sources, la traduction d’un besoin ?


Disons que je suis une fille qui vient des Caraïbes, ça fait partie de mon identité, Retourner aux Antilles c’est en quelque sorte une manière d’explorer la musique  de cette région. Je viens d’arriver  de Trinidad et Tobago au festival  Jazz Artists on the Green, qui met en avant les artistes caribéens. C’est un véritable plaisir d’échanger avec les musiciens de là-bas.

Vous avez commencé à Cuba à jouer n’est ce pas ?

Oui, j’ai commencé très petite. A cinq ans, je chantais et mon père m’accompagnait à la guitare dans des petits spectacles de crèches. Ensuite, j’ai effectué le parcours classique au conservatoire, l’école nationale de musique de la Havane et les premiers échanges professionnels avec des artistes qu’ils soient confirmés ou en devenir. J’ai effectué une rencontre cruciale dans ma vie en tant que musicienne, c’est celle avec Alain Perez.

On s’est connus à l’école nationale d’art. Il était guitariste et il est devenu celui de Chucho Valdes. Son parcours l’a amené à devenir le bassiste attitré de Paco de Lucia. Il a signé de nombreuses collaborations à Cuba et aux USA.  Je faisais partie de son groupe et j’ai beaucoup appris avec lui sur la scène et les rencontres se sont enchainées avec l’Orquestra Anacaona de Cesar « Pupy » Pedros, dans le style populaire cubain, puis il y a eu Jérôme Savary sur « Le Bourgeois gentilhomme ».

« La pianistique cubaine est fondamentalement basée sur la russe »

Le piano est bien représenté à Cuba vous avez évoqué Chucho Valdez, mais il y a aussi Gonzalo Rubalcaba. Comment expliquez vous  que le piano cubain ait aussi bien réussi au niveau international ?

 Je pense que c’est dû à la formation dispensée dans les écoles à Cuba après le triomphe de la révolution cubaine et il y a eu un programme de scolarisation de toute la population.  À l’époque Cuba avait  conservé des relations diplomatiques avec l’ancienne URSS, mais il y a aussi eu, au début des années 60, une grande immigration des artistes russes et tchécoslovaques à Cuba.  Beaucoup de professeurs de piano sont restés à Cuba. Donc la pianistique cubaine est fondamentalement basée sur la russe, c’est à dire cette régularité, cette technicité et cette virtuosité  et je pense qu’on la doit en grande partie à l’école russe. On a eu des compositeurs  cubains de la fin du XIXe siècle et du début du XXe comme  Amadeo Roldan, Alejandro  Garcia Latour, Ernesto Lecouna, qui ont tous influencé la culture pianistique. La culture cubaine est très mélangée au niveau du piano à la culture russe c’est ce qui fait que Cuba a donné de grands pianistes comme Chucho Valdes, Gonzalito Rubalcaba, Roberto Fonseca. Mais il y a aussi de grands trompettistes comme Arturo Sandoval, Mario Bauza, et les percussions cubaines qui sont reconnues dans le monde entier.

Comment êtes vous arrivée sur la Côte d’Azur ?

La vie a fait que j’ai posée mes valises à Monaco pour un contrat de deux ans  avec la société SPM en tant que pianiste et directrice d’orchestre des grands spectacles au casino de Monte Carlo. A partir de là, j’ai commencé à connaître d’autres musiciens.  Et lors de mon premier album en France (Tres Almas ) j’ai eu la chance de pouvoir collaborer avec Didier Lockwood, Nicolas Folmer, Adrien Féraud et la liste est longue. Mon premier disque a été nominé au marché international du disque latin de Cuba l’équivalent du MIDEM en France. Il y a eu aussi une Victoire de la musique avec une de mes compositions (prix de la meilleure interprétation et composition) et la collaboration avec José Luiz Cortes. Donc, la musique m’a amenée sur la Riviera française et aussi l’amour car  j’ai rencontré Dominique Viccaro avec qui j’ai créé notre projet que nous défendons aujourd’hui. Et le voyage continu.

« Une relation très corporelle avec le piano« 

Vous chantez aussi, est-ce que cela peut signifier que l’instrument ne suffit pas pour exprimer vos émotions ?

Pour moi les deux trouvent leur place ensemble. Le piano, c’est l’instrument que j’ai étudié de manière académique et j’ai une relation très corporelle avec cet instrument. Mais lorsque je  chante et m’accompagne au piano c’est quelque chose qui me dépasse. Je me sens en connexion avec quelque chose d’imperceptible, que je ne peux pas expliquer avec des mots. Je prends une anecdote. Ainsi en 2017, on a fait le festival de jazz de Saint Jean Cap Ferrat et dans la même soirée il y avait le Didier Lockwood trio. Pour info,  il  était sur mon premier album et ça faisait un petit moment que je voulais jouer avec lui en concert et sur un nouveau projet d’album pour qu’il vienne en guest. Et l’opportunité s’est présentée à ce moment là. Il est venu jouer pendant mon concert avec son violon sur « Alby », une de mes compositions. Et ensuite pour son concert, il y avait Dédé Ceccarelli à la batterie, Thierry Eliez au piano et ils ont commencé à jouer « Over the Rainbow », un morceau que j’adore et il m’a invité. J’ai pris le micro et j’ai chanté et c’était un réel dialogue avec lui. C’est un des plus beaux souvenirs que je conserve de toute ma vie. Et je me suis sentie en étroite connexion avec Didier.  Le piano et la voix c’est pour moi  l’harmonie parfaite.

Donc quand vous chantez en étant au piano on peut dire que c’est Body and Soul ?

Disons que c’est une  autre manière de ressentir l’âme, car lorsque je joue seulement du piano, je suis aussi en totale connexion avec lui. Ce sont des émotions et  des sensations différentes mais qui ont elles aussi une importance cruciale. Et d’ailleurs je fais faire découvrir au public un nouvel aspect de ma pratique artistique. Je vais enregistrer à Rome seule avec mon piano pour explorer cette facette de ma musique.

Comment voyez-vous votre évolution musicale ?

C’est quelque chose que je sens, je voyage depuis que je suis arrivée en France.  Les rencontres que je fais avec les artistes avec qui j’ai eu la chance de collaborer, constituent  pour moi c’est un pas vers une nouvelle planète musicale. Mon évolution est continuelle.

Après votre projet de piano solo à Rome, avez-vous d’autres projets en vue ?

Dans l’immédiat c’est cet enregistrement au piano solo qui devrait sortir à la rentrée en septembre ou à l’automne. Et en parallèle j’ai un projet d’album avec de nouvelles compositions en espagnol, ma langue maternelle, mais aussi des grandes chansons du répertoire français arrangées avec des rythmes cubains et caribéens et ce  toujours avec Dominique Viccaro à la batterie.  Et puis, je vais voir où me mène la vie car parfois on planifie des projets, des choses et la vie décide à notre place. J’ajoute, je me produis avec des invités comme Stefano di Battista. Depuis deux ans, je fais des collaborations avec des artistes de renoms au cours de mes concerts comme Andy Narell, Mino Cinelu et Orlando « Maraca » Valle. Justement nous allons être le 27 juillet au festival de jazz de la Martinique  avec Mino en guest, encore une fois les Caraïbes et le 28 on fait un saut en Guadeloupe avec Orlando (« Maraca » Valle). Il y a aussi une collaboration avec Andy Narell sur son quartet où nous allons faire une série de concerts au Cotton Club à Tokyo du 18 au 20 juillet. Et puis, l’an passé, festival de jazz de San Remo, j’ai eu Andy et Mino en invités pour mon concert.  C’était formidable !

Enfin, que vous apporte Dominique Viccaro ?

On s’est rencontrés avec Dominique il y a quelques années, et ça a été la rencontre cruciale de ma vie car il m’a fait prendre conscience du niveau de mes connaissances et m’a ouvert à d’autres styles de musique. Depuis que nous travaillons ensemble, on compose notre répertoire en étroite collaboration et c’est aussi ce qui se passe pour le piano solo. C’est quelque chose de très fusionnel car nous avons composé presque la totalité de l’album ensemble. Pour moi, c’est un des plus beau travail de  ma vie !  Avec lui, c’est plus qu’une rencontre professionnelle.  L’amour nous a réuni.  On a un petit jeune homme ensemble et j’espère que la vie continuera de nous guider sur ce chemin là.

Michel Maestracci

Photos : Courtesy ©Jean Louis Neveu

Prochains concerts :

29 juin : Jazz & Cheese Festival, Abries-France

4 juillet : Jazz des Cinq Continent, Marseille-France

16 juillet : Cotton Club, Tokyo-Japon

27 juillet : Jazz Night Fest, Fort de France-Martinique

24 août : Andorra Jazz Festival, Italie

30 novembre : Jazz à Fareins, Lyon-France

14 mars 2020 : Chorus Jazz Club, Lausanne-Suisse

Discographie :

Comme leader

2018 : Pino e a Capo (JD Music)

2014 : Blues Side Live (JD Music)

2011 : Tres Almas (Cristal Records)

Avec Anacaona :

2008 : No lo Puedo Evitar (Bis Music)

2000 :Lo Que Tu Esperabas (Luzafrica)