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Story

Deep Purple

L’histoire d’une légende part 1

Pour tout amateur de rock, voire de hard rock,  Deep Purple renvoie à « Smoke on the Water »,  « Highway Star», « Child in Time », « Hush », « Woman from Tokyo », « Burn », « Perfect Strangers », « Soldier of Fortune» pour les hits. Ritchie Blackmore, Jon lord, Ian Paice, Ian Gillan, Roger Glover, Steve Morse, John Airey, Glenn Hughes, David Coverdale pour les musiciens. Tant les chansons que les noms démontrent de la vigueur d’une formation crée en 1968.  Avec Plus de 20 albums studio au compteur, des milliers de concerts, cent millions d’albums vendus, Deep purple fait partie, avec Led Zeppelin et Black Sabbath,  de la trilogie des groupes de hard rock qui ont fait la gloire de ce genre musical. Toujours en activité le « Pourpre Profond », comme on a coutume de l’appeler continue de faire parler de lui en bien. Présents en 2008 aux Nuits de Patrimonio, nous vous proposons un survol de la carrière de cette formation.

Deep Purple à Patrimonio (2008)

Création

Tout commence en 1967,  quand Tony Edward (héritier d’un groupe de textiles) et John Coletta, impressionnés par les compositions de Chris Curtis (batteur-chanteur), consentent  à financer et gérer un nouveau groupe, qui n’existe alors que dans l’imagination de Curtis. Jon Lord (orgue) et Ritchie Blackmore (guitare) sont  les deux premiers musiciens enrôlés dans l’aventure. L’organiste venait de quitter les Artwoods (groupe formé autour du frère de Ron Wood). Curtis avait parlé à Lord d’un guitariste qui vivait alors à Hambourg et avait déjà une certaine carrière à son actif, (Outlaws, Screamin’ Lord Sutch). La formation est rapidement complétée avec le bassiste Nick Simper (ancien partenaire de Lord dans le groupe The Flower Potmen), le chanteur Rod Evans et le batteur Ian Paice, (tous deux venus de Maze).

Ian Paice batteur inamovible du Pourpre Profond (2008)

(Photo Ian Paice)

Une fois le groupe monté, le nom de Deep Purple (d’après le titre de la chanson favorite de la grand-mère de Blackmore) est choisi en remplacement de Roundabout. Les premiers concerts ont lieu au Danemark. En l’espace de neuf mois, la formation enregistre  trois albums studio (Shades of Deep Purple, The Book of Talyesin et Deep Purple) et un single (Hush). « Hush » obtient un énorme succès aux USA et grimpe jusqu’à la 4e place au Billboard top 5. The Book of Taliesyn, reprend la formule du premier succès. Il est enregistré en octobre 1968, pour coïncider avec une tournée. Enfin, Deep Purple, le troisième opus illustré par « L’Enfer du Musicien » de Jérome Bosh est l’ultime album du Deep Purple Mark I. Lord, Blackmore et Paice se sont trouvés une voie durant les tournées et souhaitent l’imposer. Ils virent leur manager et cherchent, durant l’année 69, des remplaçants au duo Evans/Simper.

Consécration

Ian Gillan ici avec Steve Morse le chanteur aux multiples allers/retours (2008)

Ritchie Blackmore commence à rechercher un nouveau chanteur. Il téléphone à Mick Underwood, batteur avec qui il avait joué dans les Outlaws. Celui-ci lui conseille de venir voir Episode Six, son groupe et surtout Ian Gillan son chanteur. L’affaire se fait immédiatement et sachant que le groupe cherche aussi un bassiste, Gillan propose Roger Glover. Le Mark II vient de naître ! De 70 à 73 Deep Purple sort 4 albums dont In Rock qui pose les fondements du hard rock. Le succès est phénoménal :  Machine Head est 1e en Grande Bretagne et France, 7e  aux USA ;  Fireball leader au Royaume Uni 3e en France et 32e aux States. Les hits défilent : « Smoke on the Water », « Never Before », « Fireball », « Black Night », « Woman from Tokyo », Strange Kind of Woman ». En 74, la formation connaît ses premiers soubresauts. Gillan, qui monte son Ian Gillan Band,  et Glover quittent le navire amiral et cèdent la la place à Glenn Hughes (b) et David Coverdale (voc). L’arrivée de celui que l’on appelera « The Voice of Rock » et du futur leader de Whitesnake permet de laisser le groupe enchaîner les succès. Burn se classe 3e en GB, 4e en France et 9e aux USA. Stormbinger fait un soupçon moins bien mais Deep Purple conserve une côte de popularité élevée tant en Angleterre que sur le continent. 1975 constitue le premeir gros clash dans le roupe.

Glenn Hughes « The Voice of Rock » avait pris la suite de Roger Glover à Erbalunga (2009)

Explosion

Ritchie Blackmore présent depuis 68, quitte le band. Il monte Rainbow  avec Ronnie James Dio (voc) et plus tard Cozy Powell (dm), Jimmy Bain (b) et Tony Carey (kbd). Une formation similaire par l’instrumentation à celle de DP. C’est le talentueux Tommy Bolin venu du James Gang  qui le remplace au sein du Pourpre Profond pour Come Taste the Band. Si l’entente entre Bolin et Hughes est totale, avec un goût prononcé pour une expression soul et funk, cela n’empêche par Deep Purple de se séparer au cours de cet épisode IV. Jon Lord avec le batteur crée P.A.L. (Paice-Ashton-Lord) et  Bernie Marsden (g) qui intégrera plus tard Whitesnake. David Coverdale et Glenn  Hughes partent sur des projets solos. Le chanteur va très vite former Whitesnake avec Bernie Marsden en 78. Glenn Hughes s’associe avec Pat Thrall. Tout le monde est recasé et obtient plus ou moins de succès.  

Bernie Marsden à Bastia (Festival jazz Equinoxe 2011) n’a jamais été guitariste de DP, mais a joué avec P.A.L. et Whitesnake
Roger Glover (Toulon 2010)

Refondation

Malgré cela, Deep Purple va renaître sur les cendres des groupes montés par ses membres les plus populaires. Blackmore, Paice, Lord, Gillan et Glover se retrouvent pour donner naissance à l’album Perfect Strangers. Dix ans après les premiers soubresauts DP flirte  à nouveau avec le succès. 5e en France et en Grande Bretagne, 17e aux USA ; l’album obtient trois hits. La tournée se termine à Knebworth devant 80 000 spectateurs. L’attente a été longue mais les fans sont récompensés.  L’embellie va être de courte durée. Si The House of the Blue Light réussit un beau score dans les différents classements,  les dissensions réapparaissent au sein de la formation et après Nobody’s Perfect, Gillan tire une nouvelle fois sa révérence. C’est Joe-Lynn Turner du groupe Rainbow qui lui succède. On reste entre soi chez DP. Le succès n’est pas vraiement au rendez-vous de cet opus (Slaves and Masters).  Qu’à cela ne tienne, Gillan revient à la maison pour faire parler la poudre sur  The Battles Rage et la belle histoire se poursuit. Les ventes vont mieux et les chamailleries aussi, notamment Gillan et Blackmore qui se disputent encore.  C’est Joe satriani, l’Alien,  qui prend les six cordes en main pour palier au nouveau départ du guitariste, parti fondé Blackmore’s Night avec Candice Night, sa compagne.

Continuation

Steve Morse a pris la place de Ritchie Blackmore après l’intérim de Joe Satriani (2008)

Dans cette configuration DP ne sort pas de disque.  La collaboration de satriani sera de courte durée et c’est Steve Morse (Kansas) qui va lui succéder à la guitare. Avec lui le MK VII sort Perpendicular puis Abandon. Tout semble aller pour le mieux jusqu’à ce que Jon Lord annonce son ambition de quitter le navire amiral. Nous sommes en 2002, c’est Don Airey (Rainbow, Gary Moore) qui se colle aux claviers. Le groupe continue de surfer sur la vague du succès même si ce dernier s’est déplacé à l’Est en Allemagne et Russie. En 2012, John Douglas Lord décède des suites d’une longue maladie comme on dit.  Infinite est le dernier album studio que le pourpre profond ait sorti (2017), quatre  ans après le sympathique Now What ?!Don Airey

Don Airey a remplacé Jon Lord aux Claviers (2008)

Deep Purple en chiffres

21 albums studio (palme d’or au MK II avec 4 disques),

8 formations différentes (Mk)

4 chanteurs (Rod Evans, Ian Gillan, Joe Lynn Turner)

3 guitaristes (Ritchie Blackmore, Tommy Bolin, Steve Morse)

3 bassistes (Nick Simper, Roger Glover, Glenn Hughes)

2 claviers (Jon Lord, Don Airey)

1 seul batteur en la personne de Ian Paice.

4 Groupes principaux : Rainbow, Ian Gillan Band, PAL, Whitesnake

et une myriade d’autres.  

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Elliott Murphy (photos)


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rencontre

Elliott Murphy (1)

Just a Story from AMERICA :

He left New York and he looked at her

Elliott Murphy in Corsica

Elliott Murphy, le plus français des musiciens américains fête ses soixante-dix ans. L’occasion de le voir au mythique New Morning les 15 et 16 mars prochains.  Il fête aussi ses trente ans de vie parisienne. Ce chanteur-guitariste qui a grandi dans l’univers folk, a côtoyé les grands bluesmen, d’où son album Murphy Gets Muddy (2005). Lou Reed était son ami, c’est lui qui a un peu mis le pied à l’étrier. Bruce Springsteen son complice  avec qui, il continue de partager la scène quand l’occasion se présente. Cet été, il était en Corse, avec Françoise sa femme. Nous l’avons rencontré au Castel Brando d’Erbalunga où il avait pris une semaine de repos chez ses amis corses. Récit.

Hier au cours d’une discussion vous  avez dit : « Je laisse les stades à Bruce (Springsteen), je conserve les petits clubs.  Est-ce un choix volontaire ou un regret ?

D’abord, c’est une blague, parce que Bruce et moi nous avons  commencé en même temps  dans de petits clubs à New York tout comme Billy Joel, les Modern Lovers,  et même Kiss.  Mais après c’est le destin qui décide. Dans les années 70 ça marchait pas mal pour moi et à la fin de la décade, le style musical a changé avec le punk, la new  wave.  Les chanteurs compositeurs n’étaient plus trop d’actualité. Sauf ceux qui avaient beaucoup de succès comme Bruce. Moi j’étais un cran en dessous, ça a été plus difficile, mais toutefois,  j’ai eu de la chance. J’ai fait mon premier concert à Paris en 1979 au Palace à Montmartre et ça m’a changé.

« Je jouais souvent au Bottom Line à Greenwich, là où Lou Reed  avait enregistré A Night with Lou Reed »

Pourquoi cela vous a-t-il changé ?

J’ai aimé le contact avec le public dans ce petit club, ça me changeait de New York. Pour ce concert, j’ai fait six rappels, je crois que c’est parce que je ne voulais plus quitter la scène et entre 79 et 89 j’ai eu du succès en France, mais aussi en Espagne, en Italie, en Suède, en Suisse. Donc en 89, je quitte les Etats Unis et je m’installe en France.

Donc avant 89, vous vous produisiez toujours dans les clubs new yorkais ?

Elliott Murphy on stage

Oui, je jouais souvent au Bottom Line à Greenwich, là où Lou Reed  avait enregistré (ndlr : A Night with Lou Reed).  C’était un club de 500 places. New York c’est toujours un bon public, mais je restais le plus souvent sur la Côte Est, je n’ai joué que deux ou trois fois sur la Côte Ouest. Par contre, chaque fois que je revenais en France je me produisais dans de grands festivals.

Comment expliquez-vous cette situation ? Cela fait penser aux musiciens de jazz qui lorsqu’ils sont en Europe se produisent eux aussi dans de grands festivals.

C’est le même mystère, je ne comprends  pas exactement le pourquoi.  C’est d’autant plus surprenant, pour un artiste comme moi qui écrit les paroles et qui jouait   face à un public dont l’anglais n’était pas la langue maternelle.  Ça marche pour le jazz, le blues. Le meilleur exemple c’est peut être Edgar Alan Poe qui était inconnu aux USA, alors que Baudelaire lui était très en vogue. C’est d’ailleurs lui qui le premier a fait la traduction de Poe, ensuite d’Henry Miller. C’est comme ça aujourd’hui avec Paul Auster. C’est une énigme et je n’ai jamais trop cherché à savoir pourquoi, car si je trouvais la réponse ça pourrait me contrarier. Mais j’aime beaucoup la vie à l’européenne, et je me considère aujourd’hui comme le plus français des musiciens américains !   Je suis un véritable expatrié ?

« J’étais marqué  par les Beatles, Dylan et Donovan »

Avec Olivier Durand

Quand vous avez débuté la musique, vouliez vous ressembler à un artiste, aviez-vous un modèle ?

J’ai débuté la musique à 12 ans, avant les Beatles en 61. A cette époque il y avait un boum avec le folk, Peter Paul and Mary. C’est ainsi que j’ai débuté ce qui m’a donné des racines folks  et ensuite c’est l’explosion des Beatles en 64. J’oublie,  il y avait aussi Elvis, la première rock star, lui il venait d’une autre planète. Je ne pouvais pas atteindre son niveau. Donc la musique, les mots et les Beatles qui créent eux mêmes leurs chansons. C’est vers eux que je me projette.  Elvis c’était un peu comme Johnny Halliday, il chantait ce qu’on lui donnait. Donc j’étais marqué  par les Beatles, puis Dylan, et d’autres encore comme Donovan, et aussi Lou Reed, car c’était un chanteur compositeur de New York comme moi, avec la même sensibilité, la même façon de parler, le même argot.  

Le côtoyez-vous ?

J’étais vraiment proche de Lou.  J’ai d’ailleurs écrit les notes de la pochette de l’album  du Velvet  Underground, Live 69, et après ça j’ai commencé  à faire des disques.  D’abord chez Polydor et c’est grâce à lui, que j’ai signé avec RCA.

Puis vous signez chez Columbia ?

Oui, c’était pour Just a Story  from America.

« J’ai aussi écrit des nouvelles dans Rolling Stones »

Et le succès n’étant pas là, Columbia s’est retiré ?

Comme toutes les histoires ce n’est pas très simple. Il y a une légende qui dit que Just a Story… a eu peu de succès aux States, mais beaucoup plus en Europe, avec « Anastasia » qui a très bien marché, notamment sur Sud Radio. Mais, il y a aussi le fait que je me dispute avec mon manager et je suis  un peu victime de ça et du coup j’ai baissé les bras.  Puis, je n’ai jamais trouvé le groupe qui me convenait pour mes tournées. À chaque disque je changeais de formation, pas comme Bruce  qui avait son E-Street Band. Moi je parviens à trouver mon équilibre juste après  mon premier concert à Paris avec Ernie Brooks et Tony Machine. Et aussi ça a été trop vite pour moi ! Vous rendez-vous compte, en 71, je jouais dans le métro en Europe, je reviens  à New York et au bout de trois mois j’ai un contrat avec Polydor, deux mois plus loin je commence à enregistrer, c’était Too Much Too Soon.

Live à Bastia 2011

Donc en 89, vous êtes  installé en France, est-ce à ce moment-là que vous commencez à écrire des livres ?

En fait, j’ai toujours écrit comme les notes du Velvet, mais j’ai aussi écrit des nouvelles dans Rolling Stones, et d’autres magazines de musique. J’ai écrit des poèmes, fait des interviewes avec Keith Richard et Tom Waits et quand j’ai aménagé à Paris, je m’y suis mis plus sérieusement, avec le soutien de Françoise (Viallon, sa femme, ndlr).

Vous revenez à la guitare acoustique  et vous rencontrez Olivier Durand. Comment s’est effectuée cette rencontre ?

C’était après Selling the Gold et je cherchais un autre guitariste et j’ai demandé à Jérôme Soligny (artiste, chanteur, rédacteur pour rock & folk) s’il connaissait un guitariste qui pouvait vite jouer avec  moi. Il m’a répondu qu’il en connaissait un qui jouait avec Little Bob. Je fixe un rendez-vous chez moi à Olivier,  et en 3 heures il me dit juste deux trois mots. Au début, je ne pensais pas que je pouvais jouer avec un mec comme lui.  Il est si timide, mais il a des  racines musicales très profondes et on se retrouve bien puisqu’il aime aussi Bob Dylan, les Rolling Stones, Tom Waits et le Blues.

Olivier Durand

Et aujourd’hui, vous êtes toujours avec lui !

Oui j’ai fait deux trois concerts en solo. Mais sinon je travaille beaucoup avec lui.   D’ailleurs une année on a fait plus de cent concerts ensemble et du coup, j’ai  dit «  J’ai pris plus de petits déjeuners avec lui qu’avec ma femme Françoise ». 

Est-elle jalouse ?

Non pas du tout. C’est peut être le secret de notre relation, nous sommes tous les deux indépendants.

Comment est né votre dernier album « Prodigal son » ?

C’est mon fils Gaspard qui l’a produit et il joue aussi de la basse avec moi et je trouve  qu’il m’a trouvé un très bon son. En fait, il est très sévère il me dit par exemple : « Daddy you can’t sing that » et il me fait changer les paroles. Je l’ai sorti en 2017 et cette année, (2018) je vais faire un live et ça sera peut être un Best of Live… je change les mots.

M.M.

Discographie :

1973 : Aquashow (Polydor)

1975 : Lost Generation (RCA)

1976 : Night Lights (RCA)

1977 : Just a Story From America (Columbia)

1980 : Affairs (Courtisane)

1982 : Murph the Surf (Courtisane)

1984 : Party Girls and Broken Poets (WEA)

1986 : Milwaukee (New Rose)

1987 : Après le déluge (New Rose)

1988 : Change Will Come (New Rose)

1989 : Live Hot Point (New Rose)

1990 : 12 (New Rose)

1991 : If Poets Were King (New Rose)

1992 : Diamonds By The Yard (Razor & Tie)

1993 : Unreal City (Razor & Tie)

1993 : Paris/New York (New Rose)

1995 : Selling the Gold (Musidisc)

1996 : Going Through Something (Déjàdisc)

1998 : Beauregard (Last Call)

1999 : April (Last Call)

2000 : Rainy Season

2000 : La terre commune (w/ Ian Matthews) (Last Call)

2001 : Last of the Rock Stars… And Me and You with the Rainy Season Band (Last Call)

2001 : Live In Solingen (w/ Ian Matthews) (Last Call)

2002 : Soul Surfing (w/ Rainy Season) (Last Call)

2002 : The Next Wave (EP Last Call)

2003 : Strings of the Storm (Double CD Last Call)

2005 : Never Say Never – The Best of 1995-2005… and More (Last Call)

2005 : Murphy Gets Muddy (Last Call)

2007 : Coming Home Again (Last Call)

2008 : Notes from the Underground (Last Call)

2009 : Alive in Paris (CD & DVD Last Call)

2010 : Elliott Murphy (Last Call)

2011 : Just a Story from New York (Last Call)

2013 : It Takes a Worried Man (Last Call)

2014 : Intime (Last Call)

2015 : Aquashow Deconstructed (Last Call)

2017 : Prodigal Son

Écrits :

1989. Cold and Electric, Entreligne (France),

1990. The Lion Sleeps Tonight, Librairie Gibert Joseph (France),

1995. Where the Women are Naked and the Men are Rich, Celeste (Espagne)

2002. Café Notes, Hachette Littératures (France)

2005. Poetic Justice, Hachette Littératures (France)

2013. Marty May, éditions Joëlle Losfeld (France, traduction de l’anglais Christophe Mercier)

2016. Strings of the Storm, Éditions La Grange Batelière 

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A Filetta

Concert  d’une pure beauté

Le théâtre de Bastia a vécu un moment comme il y en a peu au cours d’une saison culturelle.  Jean-Claude Acquaviva et ses compères François Aragni,  Petr’Antò Casta, Paul  Giansily, Stéphane Serra et Maxime Vuillamier ont offert  à un théâtre de Bastia archi-comble un concert digne des grands noms de la galaxie musicale. Entouré de musiciens haut de gamme (Jean-Marie Gianelli, Daniele di Bonaventura, Sandrine Luiggi, Nicolas Torracinta, un percussionniste cubain), le groupe balanin a déroulé un programme alliant les quatre  éléments dans une ambiance envoûtante.

Entre les sonorités apaisées que n’auraient pas renier Manfred Eicher, le fondateur du label ECM et celles plus épicées  des rythmes latinos, Jean Claude  Acquaviva, tel un guide spirituel a donné le meilleur de lui même pour transmettre ses émotions.  A chaque occasion,  il  fait mention des êtres qui l’ont influencé et n’hésite pas à les remercier. Le light show enveloppe les artistes et accentue la sensation de plénitude qui sied aux thèmes exposés. Le répertoire fluctue entre chants comme extraits de l’Abbaye de Cluny  et des nappes synthétiques à la Pat Metheny.  La palette offerte est tout simplement d’essence divine et c’est sur ce tapis velouté que les voies corses transposent les racines de cette terre insulaire. 

Sans forcer les chanteurs touchent au cœur. Les hits et les succès défilent pour le plus grand bonheur d’un public conquis. Surprise aussi avec l’apparition de jeunes  danseuses qui accentuent ce côté « contemporain » déjà bien marqué. Avec deux heures et demie après,  A Filetta a dignement fêté ses 40 ans avec l’espoir de continuer ainsi encore  longtemps.

M.M.

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Élodie Frégé (photos)

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Frégé – Manoukian


Sensual Jazz

André Manoukian était sur les planches du théâtre dans le cadre de Spettaculu Vivu, pour un concert en duo avec Elodie Frégé. Après avoir explicité les raisons de ce concert en duo, il a commencé à plaquer les premiers accords sur son Fender Rhodes invitant par la même la chanteuse à poser sa voix. Le répertoire sélectionné pour l’occasion comprenait un maximum de standards pour lesquels la chanteuse en robe décolletée a mis un maximum de volonté pour traduire au plus prêt l’émotion créée. Chanter Jessica Rabit, Rita Hayworth ou Julie London c’est tout ce qu’Elodie apprécie, les « Torch songs », l’amour cramé au sens de Dédé Manoukian. Elle a enchaîné « Cry me a River » avant de toucher au sublime avec son interprétation de « My Funny Valentine ».

Un « Fever » enfiévré

En plus du répertoire du Real Book, Manoukian l’a invitée à emprunter les chemins de traverse de l’hexagone avec des icones de la variété française. Le théâtre de Bastia a eu droit à « Jardin d’hiver » d’Henri Salvador ou « Ce mortel ennui » de Gainsbourg. La qualité du touché du pianiste permettait de conserver ce background jazz si agréable à l’oreille. Le duo terminait par un « Fever » enfiévré.  

Une bonne idée que de débuter la soirée par une explication de texte. Le pianiste, qui a fait la Berklee School of Music une référence dans le milieu du jazz, a expliqué à sa façon pourquoi il avait choisi la lauréate de la Star Academy pour l’accompagner sur scène. Il s’est « justifié » en amont de sa prestation au cours d’une conférence originellement consacrée au jazz. Devant un parterre fourni, il  a surpris son auditoire en décrétant « Le jazz n’est pas né à la Nouvelle Orleans, mais, peut-être, en France après l’exécution de Robespierre ».

L’ancien membre du jury de la Nouvelle Star a évoqué Bach, Mozart, Chopin, Beethoven, Wagner, Debussy, Brubeck, le solfège, Sheila et Stevie Wonder. La liberté  de faire des notes comme on l’entend. Au final dans un style qui n’aurait pas déplu à Hugo Pratt, il a présenté une histoire de la musique avec des mots simples, même lorsqu’il évoquait l’ésotérisme des pyramides.  Un genre à renouveler pour mieux se régaler lors des concerts du théâtre.

Michel Maestracci

Suite donnée à l’article par Elodie Frégé sur sa page Facebook



Cliquez ici pour voir le post d’Elodie Frégé




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Uriah Heep

Olympia 2009

En première partie du BÖC

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Blue Öyster Cult

Olympia 2009

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Hugh Coltman

Musicales 2018



Quel final pour cette 31e édition de la manifestation, que la prestation de Hugh Coltman le crooner du bayou. Dans une formation, loin des standards actuels,  avec Didier Havet le maître international du  soubassophone, une section de cuivres qui fleure bon la Louisiane, le chanteur a enchanté le public présent pour cette soirée de qualité. Avec des titres de « Who’s Happy ? » son dernier opus en passant par des créations plus anciennes, l’Anglais a modulé les émotions pour donner le meilleur de lui-même. En plus de l’instrumentation, l’éclairage s’est mis au diapason pour diffuser des atmosphères parfois secrètes comme celles des espaces chamaniques des contrées de cet état du Sud  des states.  Avec élégance et beaucoup de prestance, Coltman  a refait vivre des titres indémodables comme « Caravan » d’Ellington, «  Day Dream » du Lovin’ Spoonful de John B.  Sebastian et a terminé par une magnifique reprise de Joni Mitchell (« The River ») en compagnie de son pianiste. Un moment de grâce qui donne envie de se projeter rapidement sur l’édition 2019 avec autant de bonnes vibrations à emmagasiner.

Caravan By Hugh Coltman sur la scène du théâtre de Bastia

(article paru dans Corse matin du 26 novembre 2018)

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Brigitte

L’univers émotionnel de Brigitte

Aurélie Saada et Sylvie Hoarau, les deux artistes du groupe Brigitte,  chantent l’amour avec volupté et beaucoup de sensualité. Il faut dire qu’elles possèdent un joli et beau parcours. Après des albums solos, les deux jeunes femmes unissent leur passion de la création en optant pour le nom de Brigitte, hommage à BB, Brigitte Fontaine et Brigitte Lahaie.  Si au démarrage les deux « Brigitte » jouent le look hippie, depuis lors cette tendance baba, a laissé place à une esthétique plus glamour. Leur dernier opus s’appelle tout simplement « Nues », ce qui ne signifie pas forcément nudité. Avant de se produire sur la scène du théâtre de Bastia dans le cadre de la 31e édition des Musicales, elles nous ont ouvert leur univers empreint d’hédonisme sur un background soul.

Etes vous des habituées de la Corse ?

Sylvie Hoarau : Aurélie a failli se marier en Corse.

Aurélie Saada : Non, j’ai rencontré un maire qui était prêt à me marier, enfin à me trouver un mari pour me  marier.

Est-ce que le public corse est particulier ou possède-t-il une spécificité ?

SH : Il devrait y en avoir une ?

AS : Non c’est un public très chaleureux, c’est sûr. Ici nous sommes toujours très bien accueillies.

Revenons au commencement. Lors de vos premiers instants, vous aviez choisi un look néo hippie. Pourquoi ?

AS : Néo hippie ! On avait déjà des robes à paillettes à nos débuts et ça c’est un mot inventé par un journaliste.

N’étiez-vous pas tout simplement baba cool.

AS : Non plus, on n’est pas très baba cool, mais on aime bien s’amuser avec ce que l’on trouve, comme des petites filles qui vont aller chercher une malle et vont trouver un chapeau, une robe. On s’amusait  à mélanger tout plein d’éléments qui nous parlaient comme on le fait dans la musique  d’ailleurs. On aime bien dire qu’en musique, on n’a pas de chapelle, on mélange les styles, les lexiques. Quand on écrit on a la même démarche comme si on allait dans un grenier avec une grande boite pleine de styles musicaux, de mots, de jargons différents et de couleurs.

Y a-t-il des jargons qui vous parlent plus que d’autres ?  Vous avez repris un rappeur par exemple.

Oui, on a repris« Ma Benz », un tube de NTM et aussi  « Walk this Way » d’Aerosmith.

Et ensuite, il y a eu l’album À bouche que veux tu, une continuité avec  plus de sensualité aussi peut-être ?

AS : C’est à mon avis,  une continuité, il y a là encore beaucoup de sensualité  comme dans notre premier album, mais il y en a plus dans le deuxième.

SH : C’est assez bien résumé. Comme l’a dit Aurélie, on aime bien mélanger, trifouiller, faire notre petite cuisine. On aime plein de choses différentes et on n’a jamais voulu se cantonner à un style, une chapelle. Oui, A bouche que veux-tu est le reflet du moment vécu où l’on était heureuses et dans l’euphorie du succès. On avait envie de danser de profiter de ce moment-là.  

On a beaucoup travaillé sur la sensualité des rythmiques

Il y a aussi une référence à Donna Summer sur cet album, n’est-ce pas ?

AS : Oui, Donna Summer est une diva du disco qui nous a beaucoup inspirées, surtout sur ce deuxième album, qu’on adore et qu’on écoute toujours. On a  beaucoup travaillé sur la sensualité des rythmiques, avant de travailler sur les instruments harmoniques. C’était une démarche  voulue.

SH : Moi, j’aime bien imager notre discographie ainsi. Notre premier album c’est comme si on racontait l’histoire d’une femme qui tente de sortir la tête de l’eau par tous les moyens. Le deuxième, elle y est parvenue et elle a décidé de profiter, il y a quelque chose de très épicurien, c’est un peu ici et maintenant. Et le troisième, c’est comme si on avait retiré le maquillage, la perruque, les robes à  paillettes et qu’on montrait ce qu’il y avait derrière : la fragilité, la vulnérabilité. On n’est pas Wonder Woman, on est bien fragiles et c’était intéressant de travailler sur l’envers du décor.

Développons un peu  Nues votre dernier opus. Il a été réalisé dans des conditions un peu particulières, racontez nous.

AS : Je suis allée vivre un an en Californie. Là-bas, j’ai commencé à me mettre au piano et du coup c’était assez inspirant et Sylvie est venue me retrouver plusieurs fois. Nous avons travaillé ensemble.  C’est toujours agréable de modifier les habitudes, ça donne naissance à d’autres thématiques, d’autres émotions. C’est une nouvelle histoire encore.

Etait-ce important pour vous de réaliser ce disque aux USA ?

SH : Ça aurait été dommage de ne pas le faire.

Quel est le plus que cela vous a apporté ?

 SH : Je ne sais s’il y a un plus, mais oui nous étions très fières et très émues d’enregistrer dans un studio mythique, l’Henson Recording Studio, où des albums incontournables du rock ont été enregistrés (The Rolling Stones, George Benson, John Lennon, Paul Mc McCartney, Joni Mitchell, Mariah Carey, ndlr).

AS : Il y avait des musiciens américains qui étaient aussi présents. Tout ce ci à participer à faire un album différent.

Raconter quelque chose de notre intimité en tant que femme

Est- ce un album différent des premiers,  plus intimiste ?

SH : J’espère qu’il est très différent.

AS : Mais oui, il est plus intimiste. On a eu beaucoup d’années de galère avant que ça ne marche. On a toujours eu conscience que tout pouvait arriver et disparaître à tout moment et du coup on était toujours extrêmement reconnaissantes et heureuses de ce qui nous arrivait. On sait bien que les choses sont très fragiles et c’est plus dans notre démarche d’aujourd’hui  de notre dernier album.  Raconter quelque chose de notre intimité en tant que femme. Parler des hommes qui nous on fait du mal et comment on peut quand même les aimer.

Et vous vous mettez à nue sans vous mettre  nue ?

 Oui, c’est quand même une forme de mise à nue, cette fragilité, cette intimité dévoilée.

Avez-vous des projets ?

Oui, on travaille sur des musiques de film, de documentaire.

Vous aimez découvrir sans cesse de nouveaux horizons n’est-ce pas ?

Oui, on est assez gourmande assez curieuse. Quand on nous propose des choses, on aime bien y aller. On va faire aussi une tournée acoustique piano-voix que l’on va jouer en mai et juin dans les théâtres et c’est chouette de réadapter ses propres  chansons. Et il y a une édition Collector de l’album avec 5 inédits et 3 reprises piano voix.   Mais vous,… êtes vous un homme féministe ?

Réponse…

Super !

M.M.

Discographie

2017 : Nues

2015 : 1 chef d’orchestre, 12 cordes, 3 cuivres et une flûte

2014 : A bouche que veux-tu

2012 : Encore

2011 : Et vous, tu m’aimes ?

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