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Live in Europe

Le dernier opus de

Melody Gardot

melody live in europe

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Live in Europe est le dernier opus de la blonde philadienne. Ce double CD ou triple vinyle comprend 15 titres que la chanteuse a délivré tout au long de sa déjà belle carrière à travers le vieux contient. L’album My One and Only Thrill constitue plus de la moitié du répertoire exposé avec 8 titres. The Absence et Currency of Man complètent le programme. Par contre Worrisome Heart et The Bedroom Sessions manquent à l’appel. Le premier morceau met tout de suite l’auditoire dans une atmosphère sensuelle qui sied à merveille au personnage avec la délicatesse de « Our Love Is Easy ».

Entame sensuelle et voluptueuse

Stefan Braun (cello) scande le rythme et Chuck Staab III (dm) se laisse dériver. Puis Melody bascule sur « Baby I’m a Fool », sa chanson fétiche, mixant sa voix dans les arpèges de la guitare de Mitchell Long. La grâce s’envole le long de l’archet de Braun tandis que les balais de Staab aèrent le propos. Après cette entame sensuelle et voluptueuse, Melody Gardot entre plus complètement dans l’univers de la note bleue (« The Rain »). L’introduction, évocatrice des ambiances de Charlie Haden, passée, Irwin Hall (s) prend sa respiration pour instiller son phrasé dans cet univers déstructuré que la chanteuse complète par les phrases de son piano. Le live permet ainsi de sortir du contexte habituel de l’album pour offrir une palette plus large et plus libre dans l’expression musicale. « Deep within the Corner » et« So Long » sont l’occasion d’un duo avec le violoncelle, pour plonger dans une atmosphère que l’américaine adore. Sa voix susurre les mots et donne ainsi une nouvelle vie à ce titre présent sur The Absence. C’est ensuite en trio qu’elle interprète « My One and Only Thrill », son plus grand succès avec toujours une progression dans la tension qu’elle donne à ses compositions. « Lisboa » est extraite de son concert donné à … Lisbonne. On l’entend échanger avec le public. Irwin Hall donne une couleur carioca au morceau et l’auditoire de reprendre en chœur la chanson qui lui est dédiée. Elle ponctue ce premier CD par un standard toujours en compagnie de Stefan Braun (« Over the Rainbow »). Cette chanson, qu’elle a maintes fois écoutée enfant, permet d’entendre le violoncelliste swinguer sur son instrument baroque.

Melody Gardot montre deux visages

La seconde galette débute par « Baby I’m Fool » avec deux guitares et la batterie. Il lui faut un peu de temps pour démarrer, puis au détour d’un cri elle se lance intrépide et démontre sa faconde à établir la relation avec le public. Elle enchaîne avec un hymne aux « Étoiles » joué de façon stride avec une guitare qui sonne comme un banjo et la trompette de Shareef Clayton. « Goodbye » sonne de façon fellinienne tandis que « March for Mingus », n’a plus rien à voir avec ce que l’on entend habituellement sur le disque. Sam Minaie (b) reçoit la lumière de Mingus par l’intermédiaire de Melody Gardot. Le feu explose avec la polyrythmie de Chuck Staab III, les sonorités cuivrées de Clayton et celles plus ouatées de Hall, pour délivrer un admirable hommage à Mister Mingus. Après cet échange paroxystique, le combo continue dans une veine soul-funk avec une voix qui évoque les shouters de Philly (« Bad News »). « Who Will Comfort Me » n’a rien de doucereux, mais correspond plus à un cri sauvage comme si Melody voulait extirper de son vécu les moments moins joyeux de son existence. Le cri primal qu’elle pousse en atteste et la musique se fait plus urbaine et acérée, comme si des steel-drums l’accompagnaient. La tension retombe enfin avec « Morning Sun ». Une célébration qui colle bien au personnage habitué à la méditation, comme le laissent sous-entendre les sonorités des cloches (tibétaines) et les langueurs de Devin Greenwood (org). Avec ce double album live, Melody Gardot montre deux visages de son expression. Une où les ambiances sensuelles et ouatées, qui ont forgé son aura et son succès auprès du public, prédominent et une autre où elle distille sa passion pour le jazz comme en témoigne ses collaborations avec Charlie Haden ou Till Bönner.

M.M.

Live in Europe

CD1 : Our Love Is Here to Stay – Baby I’m a Fool -The Rain – Deep Within the Corner of my Mind – So Long – My One and Only Thrill – Lisboa – Over the Rainbow

CD2 : Monologue (special spot) – Baby I’m a Fool – Les Étoiles – Monologue (Tchao baby) – March for Mingus – Bad News – Who Will Comfort Me – Morning Sun.

L’album est agrémenté de photos prises par madame Gardot au cours de ses tournées

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Clôture des Nuits -2018

La 29e  édition est finie, vive la trentième

La foule - 1

La variété de la programmation des Nuits de la Guitare s’est confirmée avec un final tout en beauté. Julien Clerc et Véronique Sanson que demander de mieux pour terminer le festival en chansons. Avec ces deux gros calibres de la scène française, Jean Bernard Gilormini a fait fort. Dans un théâtre de verdure archi comble, les deux stars de la variété ont offert un show de qualité. Pour l’occasion les deux chanteurs avaient sorti la grosse artillerie. Quatuor à cordes et rythmique complète pour le premier, sections de cuivres en plus pour la seconde. Les amoureux de la musique et des cordes en ont eu pour leur argent. Ces deux formations ont constitué un tant soit peu la synthèse de la semaine écoulée dans la variété des styles proposés. Si Texas, avec un concert qui comptera à présent dans l’histoire de Patrimonio, a constitué le point haut en termes de fréquentation devant le duo final et Julien Doré, les autres soirées ont été marquées par le sceau du haut niveau. De très bon augure pour envisager sereinement la trentième édition, avec certainement encore de très belles surprises.

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Joao Bosco crée Patrimonio de Janeiro – Patrimonio 2018

Joao Bosco était le troisième invité de l’édition 2018 des Nuits de Patrimonio. Un monument dans ce temple vinicole. Avec Caetano Veloso, Chico Buarque, Gilberto Gil, il fait partie de cette génération qui a pointé le bout de son nez au début des années 70, quand le régime brésilien n’était pas tendre avec les artistes. De cette époque sont nées une série de chansons, devenues des classiques de la musique populaire du Brésil. Quatre partenaires l’accompagnent dans son spectacle. Hamilton de Holanda, présent pour la 4e fois en Corse (mandoline), Kiko Freitas (batterie) , Ricardo Silveira (guitare) et un bassiste. Dès l’entame de son concert, l’artiste transmet la langueur de son expression. On comprend en regardant Joao qu’il n’a pas besoin d’un orchestre pour s’accompagner. Sa bouche suffit. Il sort les sons qu’il veut et n’hésite pas à siffler pour se faire kiffer.

Seuls ceux qui savaient étaient présents.

Certains titres sont l’occasion de belles joutes entre la mandoline et la guitare électrique. Après « Rondo de Cuica », De Holanda délivre un solo de mandoline à couper le souffle. Puis, la guitare électrique se mue en clavier et la basse six-cordes assure le rythme alors que Kiko Freitas avec ses balais en bois donne cette couleur Auriverde d’azur, et peu à peu la pression monte. Les cordes des instruments s’entrelacent, les notes se lâchent pour rejoindre au loin le firmament Le rythme, les accords de folie, la justesse des notes, tous les ingrédients sont là pour transporter le public vers un meilleur ailleurs. Moment de magie quand Hamilton prend son chorus sur « Estate » chantée par la voix suave de Bosco. Patrimonio devient de Janeiro. Le final est musicalement carnavalesque. La guitare se transforme en basson, la mandoline en banjo et la basse au diapason semble se caler dans la baie de Guanabara. Pour le second rappel, le public s’est rapproché de l’artiste. Debout il entonne avec le chanteur un dernier hymne au Brésil. Une nuit magique qui laisse dubitatif quand on voit la faiblesse de la fréquentation pour un artiste majeur de ce qu’on appelle à présent la musique du monde. En fait, seuls ceux qui savaient étaient présents.

Michel Maestracci

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Le feu en ouverture des Nuits – 2018

Eric Gales – Ritchie Kotzen

duo gagnant

Lorsque Ritchie Kotzen monte sur la scène des Nuits de la Guitare de Patrimonio, un ouragan vient de se produire.

Heureusement le vignoble n’a pas été impacté par cette tornade murie dans la tête du programmateur de cette 29e édition. Pourtant Ritchie Kotzen possède un sacré pedigree : membre de Mr.Fish, puis de Poison, collaborateur de Gene Simmons (Kiss) avant de monter son groupe The Winnery Dogs, en compagnie de Billy Sheehan et Mike Portnoy. Il y a du répondant. Il était attendu par le public des Nuits depuis un an au moins, mais
sur scène il a pris la mesure, en toute quiétude, de l’étendu des dégâts perpétrés par Eric Gales.

L’importance de l’église dans ses chansons

Voir la vidéo d’Eric Gales ici : Eric Gales en ouverture des Nuits

Ce dernier, immédiatement comparé à Jimi Hendrix lors de ses premières productions, joue le blues dans toute son expression avec la modernité du son. Il chante non pas les champs de coton, mais reste dans la tradition, celle des shouters (Howlin’ Wolf,) des ciseleurs (Albert King) ou des winners (Buddy Guy). Le blues qui sort de ses tripes et de son âme. Il revendique haut et fort l’importance de l’église dans ses chansons et délivre des titres  extraits de Middle of the Road, son dernier opus. Le natif de Memphis est un
« Boogie Man » qui véhicule des messages de sagesse (« heureux d’être clean depuis deux ans ») et transmet le frisson avec « Swamp ». Son bassiste cite « On Broadway » sur sa basse et le leader délivre « Don’t Fear the Reaper » de Blue Öyster Cult, c’est dire l’étendue du vocabulaire du bluesman. Backstage il précise qu’il est ami avec Eric Bloom tout s’explique ! Après avoir présenté La Donna Gales (perc), sa « Lovely wife », il termine son show par une citation de Beethoven (« Lettre à Elise ») enchaîne avec du Led Zep et AC/DC, du pur bonheur.
Eric Gales et La donna - 1

Sa voix  rappelle celle de « The Voice of Rock »

Voir la vidéo de Ritchie Kotzen là : Ritchie Kotzen à Patrimonio

Malgré tout ce tourbillon, Ritchie Kotzen a été à la hauteur de sa réputation. Avec sa voix qui rappelle étrangement celle de « The Voice of Rock », alias Glenn Hughes, il a puisé dans son riche répertoire pour transmettre là encore de belles émotions au public de connaisseurs présent pour l’occasion. Outre ses anciens succès « Socialite », il a montré son évolution en se plaçant derrière un piano électrique pour délivrer « The Road ». Après Patrimonio, il se produira à Pistoia avant de retourner en Californie ou sa voix se fera breeze  pour ses concerts à venir. Le public se retirait en paix en promettant de revenir pour vibrer aux son des autres guitares présentes pour la manifestation. Jean Bernard Gilormini avait vu juste en faisant de cette soirée l’ouverture des Nuits de la guitare et quelles guitares….
M.M.