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Hugh Coltman cerise sur le gâteau des Musicales



Quel final pour cette 31e édition de la manifestation, que la prestation de Hugh Coltman le crooner du bayou. Dans une formation, loin des standards actuels,  avec Didier Havet le maître international du  soubassophone, une section de cuivres qui fleure bon la Louisiane, le chanteur a enchanté le public présent pour cette soirée de qualité. Avec des titres de « Who’s Happy ? » son dernier opus en passant par des créations plus anciennes, l’Anglais a modulé les émotions pour donner le meilleur de lui-même. En plus de l’instrumentation, l’éclairage s’est mis au diapason pour diffuser des atmosphères parfois secrètes comme celles des espaces chamaniques des contrées de cet état du Sud  des states.  Avec élégance et beaucoup de prestance, Coltman  a refait vivre des titres indémodables comme « Caravan » d’Ellington, «  Day Dream » du Lovin’ Spoonful de John B.  Sebastian et a terminé par une magnifique reprise de Joni Mitchell (« The River ») en compagnie de son pianiste. Un moment de grâce qui donne envie de se projeter rapidement sur l’édition 2019 avec autant de bonnes vibrations à emmagasiner.

Caravan By Hugh Coltman sur la scène du théâtre de Bastia

(article paru dans Corse matin du 26 novembre 2018)

Brigitte

L’univers émotionnel de Brigitte

Aurélie Saada et Sylvie Hoarau, les deux artistes du groupe Brigitte,  chantent l’amour avec volupté et beaucoup de sensualité. Il faut dire qu’elles possèdent un joli et beau parcours. Après des albums solos, les deux jeunes femmes unissent leur passion de la création en optant pour le nom de Brigitte, hommage à BB, Brigitte Fontaine et Brigitte Lahaie.  Si au démarrage les deux « Brigitte » jouent le look hippie, depuis lors cette tendance baba, a laissé place à une esthétique plus glamour. Leur dernier opus s’appelle tout simplement « Nues », ce qui ne signifie pas forcément nudité. Avant de se produire sur la scène du théâtre de Bastia dans le cadre de la 31e édition des Musicales, elles nous ont ouvert leur univers empreint d’hédonisme sur un background soul.

Etes vous des habituées de la Corse ?

Sylvie Hoarau : Aurélie a failli se marier en Corse.

Aurélie Saada : Non, j’ai rencontré un maire qui était prêt à me marier, enfin à me trouver un mari pour me  marier.

Est-ce que le public corse est particulier ou possède-t-il une spécificité ?

SH : Il devrait y en avoir une ?

AS : Non c’est un public très chaleureux, c’est sûr. Ici nous sommes toujours très bien accueillies.

Revenons au commencement. Lors de vos premiers instants, vous aviez choisi un look néo hippie. Pourquoi ?

AS : Néo hippie ! On avait déjà des robes à paillettes à nos débuts et ça c’est un mot inventé par un journaliste.

N’étiez-vous pas tout simplement baba cool.

AS : Non plus, on n’est pas très baba cool, mais on aime bien s’amuser avec ce que l’on trouve, comme des petites filles qui vont aller chercher une malle et vont trouver un chapeau, une robe. On s’amusait  à mélanger tout plein d’éléments qui nous parlaient comme on le fait dans la musique  d’ailleurs. On aime bien dire qu’en musique, on n’a pas de chapelle, on mélange les styles, les lexiques. Quand on écrit on a la même démarche comme si on allait dans un grenier avec une grande boite pleine de styles musicaux, de mots, de jargons différents et de couleurs.

Y a-t-il des jargons qui vous parlent plus que d’autres ?  Vous avez repris un rappeur par exemple.

Oui, on a repris« Ma Benz », un tube de NTM et aussi  « Walk this Way » d’Aerosmith.

Et ensuite, il y a eu l’album À bouche que veux tu, une continuité avec  plus de sensualité aussi peut-être ?

AS : C’est à mon avis,  une continuité, il y a là encore beaucoup de sensualité  comme dans notre premier album, mais il y en a plus dans le deuxième.

SH : C’est assez bien résumé. Comme l’a dit Aurélie, on aime bien mélanger, trifouiller, faire notre petite cuisine. On aime plein de choses différentes et on n’a jamais voulu se cantonner à un style, une chapelle. Oui, A bouche que veux-tu est le reflet du moment vécu où l’on était heureuses et dans l’euphorie du succès. On avait envie de danser de profiter de ce moment-là.  

On a beaucoup travaillé sur la sensualité des rythmiques

Il y a aussi une référence à Donna Summer sur cet album, n’est-ce pas ?

AS : Oui, Donna Summer est une diva du disco qui nous a beaucoup inspirées, surtout sur ce deuxième album, qu’on adore et qu’on écoute toujours. On a  beaucoup travaillé sur la sensualité des rythmiques, avant de travailler sur les instruments harmoniques. C’était une démarche  voulue.

SH : Moi, j’aime bien imager notre discographie ainsi. Notre premier album c’est comme si on racontait l’histoire d’une femme qui tente de sortir la tête de l’eau par tous les moyens. Le deuxième, elle y est parvenue et elle a décidé de profiter, il y a quelque chose de très épicurien, c’est un peu ici et maintenant. Et le troisième, c’est comme si on avait retiré le maquillage, la perruque, les robes à  paillettes et qu’on montrait ce qu’il y avait derrière : la fragilité, la vulnérabilité. On n’est pas Wonder Woman, on est bien fragiles et c’était intéressant de travailler sur l’envers du décor.

Développons un peu  Nues votre dernier opus. Il a été réalisé dans des conditions un peu particulières, racontez nous.

AS : Je suis allée vivre un an en Californie. Là-bas, j’ai commencé à me mettre au piano et du coup c’était assez inspirant et Sylvie est venue me retrouver plusieurs fois. Nous avons travaillé ensemble.  C’est toujours agréable de modifier les habitudes, ça donne naissance à d’autres thématiques, d’autres émotions. C’est une nouvelle histoire encore.

Etait-ce important pour vous de réaliser ce disque aux USA ?

SH : Ça aurait été dommage de ne pas le faire.

Quel est le plus que cela vous a apporté ?

 SH : Je ne sais s’il y a un plus, mais oui nous étions très fières et très émues d’enregistrer dans un studio mythique, l’Henson Recording Studio, où des albums incontournables du rock ont été enregistrés (The Rolling Stones, George Benson, John Lennon, Paul Mc McCartney, Joni Mitchell, Mariah Carey, ndlr).

AS : Il y avait des musiciens américains qui étaient aussi présents. Tout ce ci à participer à faire un album différent.

Raconter quelque chose de notre intimité en tant que femme

Est- ce un album différent des premiers,  plus intimiste ?

SH : J’espère qu’il est très différent.

AS : Mais oui, il est plus intimiste. On a eu beaucoup d’années de galère avant que ça ne marche. On a toujours eu conscience que tout pouvait arriver et disparaître à tout moment et du coup on était toujours extrêmement reconnaissantes et heureuses de ce qui nous arrivait. On sait bien que les choses sont très fragiles et c’est plus dans notre démarche d’aujourd’hui  de notre dernier album.  Raconter quelque chose de notre intimité en tant que femme. Parler des hommes qui nous on fait du mal et comment on peut quand même les aimer.

Et vous vous mettez à nue sans vous mettre  nue ?

 Oui, c’est quand même une forme de mise à nue, cette fragilité, cette intimité dévoilée.

Avez-vous des projets ?

Oui, on travaille sur des musiques de film, de documentaire.

Vous aimez découvrir sans cesse de nouveaux horizons n’est-ce pas ?

Oui, on est assez gourmande assez curieuse. Quand on nous propose des choses, on aime bien y aller. On va faire aussi une tournée acoustique piano-voix que l’on va jouer en mai et juin dans les théâtres et c’est chouette de réadapter ses propres  chansons. Et il y a une édition Collector de l’album avec 5 inédits et 3 reprises piano voix.   Mais vous,… êtes vous un homme féministe ?

Réponse…

Super !

M.M.

Discographie

2017 : Nues

2015 : 1 chef d’orchestre, 12 cordes, 3 cuivres et une flûte

2014 : A bouche que veux-tu

2012 : Encore

2011 : Et vous, tu m’aimes ?

http://Site : https://www.brigitteofficiel.com/