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Deep Purple

L’histoire d’une légende part 1

Pour tout amateur de rock, voire de hard rock,  Deep Purple renvoie à « Smoke on the Water »,  « Highway Star», « Child in Time », « Hush », « Woman from Tokyo », « Burn », « Perfect Strangers », « Soldier of Fortune» pour les hits. Ritchie Blackmore, Jon lord, Ian Paice, Ian Gillan, Roger Glover, Steve Morse, John Airey, Glenn Hughes, David Coverdale pour les musiciens. Tant les chansons que les noms démontrent de la vigueur d’une formation crée en 1968.  Avec Plus de 20 albums studio au compteur, des milliers de concerts, cent millions d’albums vendus, Deep purple fait partie, avec Led Zeppelin et Black Sabbath,  de la trilogie des groupes de hard rock qui ont fait la gloire de ce genre musical. Toujours en activité le « Pourpre Profond », comme on a coutume de l’appeler continue de faire parler de lui en bien. Présents en 2008 aux Nuits de Patrimonio, nous vous proposons un survol de la carrière de cette formation.

Deep Purple à Patrimonio (2008)

Création

Tout commence en 1967,  quand Tony Edward (héritier d’un groupe de textiles) et John Coletta, impressionnés par les compositions de Chris Curtis (batteur-chanteur), consentent  à financer et gérer un nouveau groupe, qui n’existe alors que dans l’imagination de Curtis. Jon Lord (orgue) et Ritchie Blackmore (guitare) sont  les deux premiers musiciens enrôlés dans l’aventure. L’organiste venait de quitter les Artwoods (groupe formé autour du frère de Ron Wood). Curtis avait parlé à Lord d’un guitariste qui vivait alors à Hambourg et avait déjà une certaine carrière à son actif, (Outlaws, Screamin’ Lord Sutch). La formation est rapidement complétée avec le bassiste Nick Simper (ancien partenaire de Lord dans le groupe The Flower Potmen), le chanteur Rod Evans et le batteur Ian Paice, (tous deux venus de Maze).

Ian Paice batteur inamovible du Pourpre Profond (2008)

(Photo Ian Paice)

Une fois le groupe monté, le nom de Deep Purple (d’après le titre de la chanson favorite de la grand-mère de Blackmore) est choisi en remplacement de Roundabout. Les premiers concerts ont lieu au Danemark. En l’espace de neuf mois, la formation enregistre  trois albums studio (Shades of Deep Purple, The Book of Talyesin et Deep Purple) et un single (Hush). « Hush » obtient un énorme succès aux USA et grimpe jusqu’à la 4e place au Billboard top 5. The Book of Taliesyn, reprend la formule du premier succès. Il est enregistré en octobre 1968, pour coïncider avec une tournée. Enfin, Deep Purple, le troisième opus illustré par « L’Enfer du Musicien » de Jérome Bosh est l’ultime album du Deep Purple Mark I. Lord, Blackmore et Paice se sont trouvés une voie durant les tournées et souhaitent l’imposer. Ils virent leur manager et cherchent, durant l’année 69, des remplaçants au duo Evans/Simper.

Consécration

Ian Gillan ici avec Steve Morse le chanteur aux multiples allers/retours (2008)

Ritchie Blackmore commence à rechercher un nouveau chanteur. Il téléphone à Mick Underwood, batteur avec qui il avait joué dans les Outlaws. Celui-ci lui conseille de venir voir Episode Six, son groupe et surtout Ian Gillan son chanteur. L’affaire se fait immédiatement et sachant que le groupe cherche aussi un bassiste, Gillan propose Roger Glover. Le Mark II vient de naître ! De 70 à 73 Deep Purple sort 4 albums dont In Rock qui pose les fondements du hard rock. Le succès est phénoménal :  Machine Head est 1e en Grande Bretagne et France, 7e  aux USA ;  Fireball leader au Royaume Uni 3e en France et 32e aux States. Les hits défilent : « Smoke on the Water », « Never Before », « Fireball », « Black Night », « Woman from Tokyo », Strange Kind of Woman ». En 74, la formation connaît ses premiers soubresauts. Gillan, qui monte son Ian Gillan Band,  et Glover quittent le navire amiral et cèdent la la place à Glenn Hughes (b) et David Coverdale (voc). L’arrivée de celui que l’on appelera « The Voice of Rock » et du futur leader de Whitesnake permet de laisser le groupe enchaîner les succès. Burn se classe 3e en GB, 4e en France et 9e aux USA. Stormbinger fait un soupçon moins bien mais Deep Purple conserve une côte de popularité élevée tant en Angleterre que sur le continent. 1975 constitue le premeir gros clash dans le roupe.

Glenn Hughes « The Voice of Rock » avait pris la suite de Roger Glover à Erbalunga (2009)

Explosion

Ritchie Blackmore présent depuis 68, quitte le band. Il monte Rainbow  avec Ronnie James Dio (voc) et plus tard Cozy Powell (dm), Jimmy Bain (b) et Tony Carey (kbd). Une formation similaire par l’instrumentation à celle de DP. C’est le talentueux Tommy Bolin venu du James Gang  qui le remplace au sein du Pourpre Profond pour Come Taste the Band. Si l’entente entre Bolin et Hughes est totale, avec un goût prononcé pour une expression soul et funk, cela n’empêche par Deep Purple de se séparer au cours de cet épisode IV. Jon Lord avec le batteur crée P.A.L. (Paice-Ashton-Lord) et  Bernie Marsden (g) qui intégrera plus tard Whitesnake. David Coverdale et Glenn  Hughes partent sur des projets solos. Le chanteur va très vite former Whitesnake avec Bernie Marsden en 78. Glenn Hughes s’associe avec Pat Thrall. Tout le monde est recasé et obtient plus ou moins de succès.  

Bernie Marsden à Bastia (Festival jazz Equinoxe 2011) n’a jamais été guitariste de DP, mais a joué avec P.A.L. et Whitesnake
Roger Glover (Toulon 2010)

Refondation

Malgré cela, Deep Purple va renaître sur les cendres des groupes montés par ses membres les plus populaires. Blackmore, Paice, Lord, Gillan et Glover se retrouvent pour donner naissance à l’album Perfect Strangers. Dix ans après les premiers soubresauts DP flirte  à nouveau avec le succès. 5e en France et en Grande Bretagne, 17e aux USA ; l’album obtient trois hits. La tournée se termine à Knebworth devant 80 000 spectateurs. L’attente a été longue mais les fans sont récompensés.  L’embellie va être de courte durée. Si The House of the Blue Light réussit un beau score dans les différents classements,  les dissensions réapparaissent au sein de la formation et après Nobody’s Perfect, Gillan tire une nouvelle fois sa révérence. C’est Joe-Lynn Turner du groupe Rainbow qui lui succède. On reste entre soi chez DP. Le succès n’est pas vraiement au rendez-vous de cet opus (Slaves and Masters).  Qu’à cela ne tienne, Gillan revient à la maison pour faire parler la poudre sur  The Battles Rage et la belle histoire se poursuit. Les ventes vont mieux et les chamailleries aussi, notamment Gillan et Blackmore qui se disputent encore.  C’est Joe satriani, l’Alien,  qui prend les six cordes en main pour palier au nouveau départ du guitariste, parti fondé Blackmore’s Night avec Candice Night, sa compagne.

Continuation

Steve Morse a pris la place de Ritchie Blackmore après l’intérim de Joe Satriani (2008)

Dans cette configuration DP ne sort pas de disque.  La collaboration de satriani sera de courte durée et c’est Steve Morse (Kansas) qui va lui succéder à la guitare. Avec lui le MK VII sort Perpendicular puis Abandon. Tout semble aller pour le mieux jusqu’à ce que Jon Lord annonce son ambition de quitter le navire amiral. Nous sommes en 2002, c’est Don Airey (Rainbow, Gary Moore) qui se colle aux claviers. Le groupe continue de surfer sur la vague du succès même si ce dernier s’est déplacé à l’Est en Allemagne et Russie. En 2012, John Douglas Lord décède des suites d’une longue maladie comme on dit.  Infinite est le dernier album studio que le pourpre profond ait sorti (2017), quatre  ans après le sympathique Now What ?!Don Airey

Don Airey a remplacé Jon Lord aux Claviers (2008)

Deep Purple en chiffres

21 albums studio (palme d’or au MK II avec 4 disques),

8 formations différentes (Mk)

4 chanteurs (Rod Evans, Ian Gillan, Joe Lynn Turner)

3 guitaristes (Ritchie Blackmore, Tommy Bolin, Steve Morse)

3 bassistes (Nick Simper, Roger Glover, Glenn Hughes)

2 claviers (Jon Lord, Don Airey)

1 seul batteur en la personne de Ian Paice.

4 Groupes principaux : Rainbow, Ian Gillan Band, PAL, Whitesnake

et une myriade d’autres.  

Clôture des Nuits

La 29e  édition est finie, vive la trentième

 

La foule - 1

La variété de la programmation des Nuits de la Guitare s’est confirmée avec un final tout en beauté. Julien Clerc et Véronique Sanson que demander de mieux pour terminer le festival en chansons. Avec ces deux gros calibres de la scène française, Jean Bernard Gilormini a fait fort. Dans un théâtre de verdure archi comble, les deux stars de la variété ont offert un show de qualité. Pour l’occasion les deux chanteurs avaient sorti la grosse artillerie. Quatuor à cordes et rythmique complète pour le premier, sections de cuivres en plus pour la seconde. Les amoureux de la musique et des cordes en ont eu pour leur argent. Ces deux formations ont constitué un tant soit peu la synthèse de la semaine écoulée dans la variété des styles proposés. Si Texas, avec un concert qui comptera à présent dans l’histoire de Patrimonio, a constitué le point haut en termes de fréquentation devant le duo final et Julien Doré, les autres soirées ont été marquées par le sceau du haut niveau. De très bon augure pour envisager sereinement la trentième édition, avec certainement encore de très belles surprises.

Joao Bosco crée Patrimonio de Janeiro

Joao Bosco était le troisième invité de l’édition 2018 des Nuits de Patrimonio. Un monument dans ce temple vinicole. Avec Caetano Veloso, Chico Buarque, Gilberto Gil, il fait partie de cette génération qui a pointé le bout de son nez au début des années 70, quand le régime brésilien n’était pas tendre avec les artistes. De cette époque sont nées une série de chansons, devenues des classiques de la musique populaire du Brésil. Quatre partenaires l’accompagnent dans son spectacle. Hamilton de Holanda, présent pour la 4e fois en Corse (mandoline), Kiko Freitas (batterie) , Ricardo Silveira (guitare) et un bassiste. Dès l’entame de son concert, l’artiste transmet la langueur de son expression. On comprend en regardant Joao qu’il n’a pas besoin d’un orchestre pour s’accompagner. Sa bouche suffit. Il sort les sons qu’il veut et n’hésite pas à siffler pour se faire kiffer.

Seuls ceux qui savaient étaient présents.

Certains titres sont l’occasion de belles joutes entre la mandoline et la guitare électrique. Après « Rondo de Cuica », De Holanda délivre un solo de mandoline à couper le souffle. Puis, la guitare électrique se mue en clavier et la basse six-cordes assure le rythme alors que Kiko Freitas avec ses balais en bois donne cette couleur Auriverde d’azur, et peu à peu la pression monte. Les cordes des instruments s’entrelacent, les notes se lâchent pour rejoindre au loin le firmament Le rythme, les accords de folie, la justesse des notes, tous les ingrédients sont là pour transporter le public vers un meilleur ailleurs. Moment de magie quand Hamilton prend son chorus sur « Estate » chantée par la voix suave de Bosco. Patrimonio devient de Janeiro. Le final est musicalement carnavalesque. La guitare se transforme en basson, la mandoline en banjo et la basse au diapason semble se caler dans la baie de Guanabara. Pour le second rappel, le public s’est rapproché de l’artiste. Debout il entonne avec le chanteur un dernier hymne au Brésil. Une nuit magique qui laisse dubitatif quand on voit la faiblesse de la fréquentation pour un artiste majeur de ce qu’on appelle à présent la musique du monde. En fait, seuls ceux qui savaient étaient présents.

Michel Maestracci

 

 

Le feu en ouverture des Nuits

Eric Gales – Ritchie Kotzen

duo gagnant

 

Lorsque Ritchie Kotzen monte sur la scène des Nuits de la Guitare de Patrimonio, un ouragan vient de se produire.

Heureusement le vignoble n’a pas été impacté par cette tornade murie dans la tête du programmateur de cette 29e édition. Pourtant Ritchie Kotzen possède un sacré pedigree : membre de Mr.Fish, puis de Poison, collaborateur de Gene Simmons (Kiss) avant de monter son groupe The Winnery Dogs, en compagnie de Billy Sheehan et Mike Portnoy. Il y a du répondant. Il était attendu par le public des Nuits depuis un an au moins, mais
sur scène il a pris la mesure, en toute quiétude, de l’étendu des dégâts perpétrés par Eric Gales.

L’importance de l’église dans ses chansons

 

Voir la vidéo d’Eric Gales ici : Eric Gales en ouverture des Nuits

Ce dernier, immédiatement comparé à Jimi Hendrix lors de ses premières productions, joue le blues dans toute son expression avec la modernité du son. Il chante non pas les champs de coton, mais reste dans la tradition, celle des shouters (Howlin’ Wolf,) des ciseleurs (Albert King) ou des winners (Buddy Guy). Le blues qui sort de ses tripes et de son âme. Il revendique haut et fort l’importance de l’église dans ses chansons et délivre des titres  extraits de Middle of the Road, son dernier opus. Le natif de Memphis est un
« Boogie Man » qui véhicule des messages de sagesse (« heureux d’être clean depuis deux ans ») et transmet le frisson avec « Swamp ». Son bassiste cite « On Broadway » sur sa basse et le leader délivre « Don’t Fear the Reaper » de Blue Öyster Cult, c’est dire l’étendue du vocabulaire du bluesman. Backstage il précise qu’il est ami avec Eric Bloom tout s’explique ! Après avoir présenté La Donna Gales (perc), sa « Lovely wife », il termine son show par une citation de Beethoven (« Lettre à Elise ») enchaîne avec du Led Zep et AC/DC, du pur bonheur.
Eric Gales et La donna - 1

Sa voix  rappelle celle de « The Voice of Rock »

 

Voir la vidéo de Ritchie Kotzen là : Ritchie Kotzen à Patrimonio

Malgré tout ce tourbillon, Ritchie Kotzen a été à la hauteur de sa réputation. Avec sa voix qui rappelle étrangement celle de « The Voice of Rock », alias Glenn Hughes, il a puisé dans son riche répertoire pour transmettre là encore de belles émotions au public de connaisseurs présent pour l’occasion. Outre ses anciens succès « Socialite », il a montré son évolution en se plaçant derrière un piano électrique pour délivrer « The Road ». Après Patrimonio, il se produira à Pistoia avant de retourner en Californie ou sa voix se fera breeze  pour ses concerts à venir. Le public se retirait en paix en promettant de revenir pour vibrer aux son des autres guitares présentes pour la manifestation. Jean Bernard Gilormini avait vu juste en faisant de cette soirée l’ouverture des Nuits de la guitare et quelles guitares….
M.M.