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Janysett McPherson (06/2019)

Las Nuevas Estrellas de la Riviera

La pianiste cubaine a été nominée plusieurs fois au « Cubadisco Internacional », l’équivalent du « Midem » pour le marché international de la musique latine, mais dans le pays  dans lequel elle vit depuis plus de dix ans rien de tout cela. Pourquoi Janysett McPherson ne capte-t-elle pas encore les radars hexagonaux menant au succès. Nous vous proposons de découvrir à travers cette présentation  celle qui sur scène se fait accompagner par Michel Alibo, Andy Narell, Rafael Paseiro, Minino Garay, Jean-Marc Jafet, pas n’importe qui vous en conviendrez, mais aussi  Hadrien Feraud, Olivier Louvel, Nicolas Viccaro Pierre Bertrand, et Dominique Viccaro son compagnon dans la vie.

JL Neveu 2015

Actuellement vous effectuez de nombreuses tournées aux Antilles, dans les Caraïbes. Est-ce  un retour aux sources, la traduction d’un besoin ?


Disons que je suis une fille qui vient des Caraïbes, ça fait partie de mon identité, Retourner aux Antilles c’est en quelque sorte une manière d’explorer la musique  de cette région. Je viens d’arriver  de Trinidad et Tobago au festival  Jazz Artists on the Green, qui met en avant les artistes caribéens. C’est un véritable plaisir d’échanger avec les musiciens de là-bas.

Vous avez commencé à Cuba à jouer n’est ce pas ?

Oui, j’ai commencé très petite. A cinq ans, je chantais et mon père m’accompagnait à la guitare dans des petits spectacles de crèches. Ensuite, j’ai effectué le parcours classique au conservatoire, l’école nationale de musique de la Havane et les premiers échanges professionnels avec des artistes qu’ils soient confirmés ou en devenir. J’ai effectué une rencontre cruciale dans ma vie en tant que musicienne, c’est celle avec Alain Perez.

On s’est connus à l’école nationale d’art. Il était guitariste et il est devenu celui de Chucho Valdes. Son parcours l’a amené à devenir le bassiste attitré de Paco de Lucia. Il a signé de nombreuses collaborations à Cuba et aux USA.  Je faisais partie de son groupe et j’ai beaucoup appris avec lui sur la scène et les rencontres se sont enchainées avec l’Orquestra Anacaona de Cesar « Pupy » Pedros, dans le style populaire cubain, puis il y a eu Jérôme Savary sur « Le Bourgeois gentilhomme ».

« La pianistique cubaine est fondamentalement basée sur la russe »

Le piano est bien représenté à Cuba vous avez évoqué Chucho Valdez, mais il y a aussi Gonzalo Rubalcaba. Comment expliquez vous  que le piano cubain ait aussi bien réussi au niveau international ?

 Je pense que c’est dû à la formation dispensée dans les écoles à Cuba après le triomphe de la révolution cubaine et il y a eu un programme de scolarisation de toute la population.  À l’époque Cuba avait  conservé des relations diplomatiques avec l’ancienne URSS, mais il y a aussi eu, au début des années 60, une grande immigration des artistes russes et tchécoslovaques à Cuba.  Beaucoup de professeurs de piano sont restés à Cuba. Donc la pianistique cubaine est fondamentalement basée sur la russe, c’est à dire cette régularité, cette technicité et cette virtuosité  et je pense qu’on la doit en grande partie à l’école russe. On a eu des compositeurs  cubains de la fin du XIXe siècle et du début du XXe comme  Amadeo Roldan, Alejandro  Garcia Latour, Ernesto Lecouna, qui ont tous influencé la culture pianistique. La culture cubaine est très mélangée au niveau du piano à la culture russe c’est ce qui fait que Cuba a donné de grands pianistes comme Chucho Valdes, Gonzalito Rubalcaba, Roberto Fonseca. Mais il y a aussi de grands trompettistes comme Arturo Sandoval, Mario Bauza, et les percussions cubaines qui sont reconnues dans le monde entier.

Comment êtes vous arrivée sur la Côte d’Azur ?

La vie a fait que j’ai posée mes valises à Monaco pour un contrat de deux ans  avec la société SPM en tant que pianiste et directrice d’orchestre des grands spectacles au casino de Monte Carlo. A partir de là, j’ai commencé à connaître d’autres musiciens.  Et lors de mon premier album en France (Tres Almas ) j’ai eu la chance de pouvoir collaborer avec Didier Lockwood, Nicolas Folmer, Adrien Féraud et la liste est longue. Mon premier disque a été nominé au marché international du disque latin de Cuba l’équivalent du MIDEM en France. Il y a eu aussi une Victoire de la musique avec une de mes compositions (prix de la meilleure interprétation et composition) et la collaboration avec José Luiz Cortes. Donc, la musique m’a amenée sur la Riviera française et aussi l’amour car  j’ai rencontré Dominique Viccaro avec qui j’ai créé notre projet que nous défendons aujourd’hui. Et le voyage continu.

« Une relation très corporelle avec le piano« 

Vous chantez aussi, est-ce que cela peut signifier que l’instrument ne suffit pas pour exprimer vos émotions ?

Pour moi les deux trouvent leur place ensemble. Le piano, c’est l’instrument que j’ai étudié de manière académique et j’ai une relation très corporelle avec cet instrument. Mais lorsque je  chante et m’accompagne au piano c’est quelque chose qui me dépasse. Je me sens en connexion avec quelque chose d’imperceptible, que je ne peux pas expliquer avec des mots. Je prends une anecdote. Ainsi en 2017, on a fait le festival de jazz de Saint Jean Cap Ferrat et dans la même soirée il y avait le Didier Lockwood trio. Pour info,  il  était sur mon premier album et ça faisait un petit moment que je voulais jouer avec lui en concert et sur un nouveau projet d’album pour qu’il vienne en guest. Et l’opportunité s’est présentée à ce moment là. Il est venu jouer pendant mon concert avec son violon sur « Alby », une de mes compositions. Et ensuite pour son concert, il y avait Dédé Ceccarelli à la batterie, Thierry Eliez au piano et ils ont commencé à jouer « Over the Rainbow », un morceau que j’adore et il m’a invité. J’ai pris le micro et j’ai chanté et c’était un réel dialogue avec lui. C’est un des plus beaux souvenirs que je conserve de toute ma vie. Et je me suis sentie en étroite connexion avec Didier.  Le piano et la voix c’est pour moi  l’harmonie parfaite.

Donc quand vous chantez en étant au piano on peut dire que c’est Body and Soul ?

Disons que c’est une  autre manière de ressentir l’âme, car lorsque je joue seulement du piano, je suis aussi en totale connexion avec lui. Ce sont des émotions et  des sensations différentes mais qui ont elles aussi une importance cruciale. Et d’ailleurs je fais faire découvrir au public un nouvel aspect de ma pratique artistique. Je vais enregistrer à Rome seule avec mon piano pour explorer cette facette de ma musique.

Comment voyez-vous votre évolution musicale ?

C’est quelque chose que je sens, je voyage depuis que je suis arrivée en France.  Les rencontres que je fais avec les artistes avec qui j’ai eu la chance de collaborer, constituent  pour moi c’est un pas vers une nouvelle planète musicale. Mon évolution est continuelle.

Après votre projet de piano solo à Rome, avez-vous d’autres projets en vue ?

Dans l’immédiat c’est cet enregistrement au piano solo qui devrait sortir à la rentrée en septembre ou à l’automne. Et en parallèle j’ai un projet d’album avec de nouvelles compositions en espagnol, ma langue maternelle, mais aussi des grandes chansons du répertoire français arrangées avec des rythmes cubains et caribéens et ce  toujours avec Dominique Viccaro à la batterie.  Et puis, je vais voir où me mène la vie car parfois on planifie des projets, des choses et la vie décide à notre place. J’ajoute, je me produis avec des invités comme Stefano di Battista. Depuis deux ans, je fais des collaborations avec des artistes de renoms au cours de mes concerts comme Andy Narell, Mino Cinelu et Orlando « Maraca » Valle. Justement nous allons être le 27 juillet au festival de jazz de la Martinique  avec Mino en guest, encore une fois les Caraïbes et le 28 on fait un saut en Guadeloupe avec Orlando (« Maraca » Valle). Il y a aussi une collaboration avec Andy Narell sur son quartet où nous allons faire une série de concerts au Cotton Club à Tokyo du 18 au 20 juillet. Et puis, l’an passé, festival de jazz de San Remo, j’ai eu Andy et Mino en invités pour mon concert.  C’était formidable !

Enfin, que vous apporte Dominique Viccaro ?

On s’est rencontrés avec Dominique il y a quelques années, et ça a été la rencontre cruciale de ma vie car il m’a fait prendre conscience du niveau de mes connaissances et m’a ouvert à d’autres styles de musique. Depuis que nous travaillons ensemble, on compose notre répertoire en étroite collaboration et c’est aussi ce qui se passe pour le piano solo. C’est quelque chose de très fusionnel car nous avons composé presque la totalité de l’album ensemble. Pour moi, c’est un des plus beau travail de  ma vie !  Avec lui, c’est plus qu’une rencontre professionnelle.  L’amour nous a réuni.  On a un petit jeune homme ensemble et j’espère que la vie continuera de nous guider sur ce chemin là.

Michel Maestracci

Photos : Courtesy ©Jean Louis Neveu

Prochains concerts :

29 juin : Jazz & Cheese Festival, Abries-France

4 juillet : Jazz des Cinq Continent, Marseille-France

16 juillet : Cotton Club, Tokyo-Japon

27 juillet : Jazz Night Fest, Fort de France-Martinique

24 août : Andorra Jazz Festival, Italie

30 novembre : Jazz à Fareins, Lyon-France

14 mars 2020 : Chorus Jazz Club, Lausanne-Suisse

Discographie :

Comme leader

2018 : Pino e a Capo (JD Music)

2014 : Blues Side Live (JD Music)

2011 : Tres Almas (Cristal Records)

Avec Anacaona :

2008 : No lo Puedo Evitar (Bis Music)

2000 :Lo Que Tu Esperabas (Luzafrica)

Luciano Rossetti (04/2019)

IL FOTOGRAFO JAZZ

Luciano Rossetti est né en 1959, il vit et travaille à proximité de Bergamo (Italie).

Luciano Rossetti

Rythm in Corsica l’a rencontré pour la première fois lors du festival de jazz de Fano. S’en est suivie une relation amicale et professionnelle, puisque le photographe italien a couvert plusieurs éditions du festival Jazz Equinoxe de Bastia et exposé ses travaux dans l’enceinte du théâtre bastiais.

Luciano Rossetti a photographié les musiciens de jazz italiens et étrangers les plus importants, réalisant plus de 100 projets de disques.

Il coopère avec des labels de disques tels que : ECM (Gian Luiggi Trovesi), Cam (Richard Galliano) , Soul Note (Giovanni Falzone), Splasch (Simone Guiducci), Philology (Franco D’Andrea), NuBop (Matthew Shipp and Guillermo Brown) et des magazines de jazz (Musica Jazz, Jazzman).

En 2007, il a organisé la 1e réunion Tra fotografia e Jazz à Sant’ Anna Arresi (Cagliari – Italie). Depuis plus de 10 ans il expose ses photos en Italie et à l’étranger (Urbino, Fano, Milan, Florence, Mantoue, Vicence, Iseo, Clusone, S.Anna Arresi, Novara, Rozzano ainsi qu’à Bastia, et New York).





Il est l’un des membres fondateurs, coordinateur photo et responsable du programme éducatif de Phocus, une agence de photographes (Phocus Agency) des arts de la scène.

Just a Story from Elliott Murphy (03/2019)

He left New York and he looked at her

Elliott Murphy in Corsica

Elliott Murphy, le plus français des musiciens américains fête ses soixante-dix ans. L’occasion de le voir au mythique New Morning les 15 et 16 mars prochains.  Il fête aussi ses trente ans de vie parisienne. Ce chanteur-guitariste qui a grandi dans l’univers folk, a côtoyé les grands bluesmen, d’où son album Murphy Gets Muddy (2005). Lou Reed était son ami, c’est lui qui a un peu mis le pied à l’étrier. Bruce Springsteen son complice  avec qui, il continue de partager la scène quand l’occasion se présente. Cet été, il était en Corse, avec Françoise sa femme. Nous l’avons rencontré au Castel Brando d’Erbalunga où il avait pris une semaine de repos chez ses amis corses. Récit.

Hier au cours d’une discussion vous  avez dit : « Je laisse les stades à Bruce (Springsteen), je conserve les petits clubs.  Est-ce un choix volontaire ou un regret ?

D’abord, c’est une blague, parce que Bruce et moi nous avons  commencé en même temps  dans de petits clubs à New York tout comme Billy Joel, les Modern Lovers,  et même Kiss.  Mais après c’est le destin qui décide. Dans les années 70 ça marchait pas mal pour moi et à la fin de la décade, le style musical a changé avec le punk, la new  wave.  Les chanteurs compositeurs n’étaient plus trop d’actualité. Sauf ceux qui avaient beaucoup de succès comme Bruce. Moi j’étais un cran en dessous, ça a été plus difficile, mais toutefois,  j’ai eu de la chance. J’ai fait mon premier concert à Paris en 1979 au Palace à Montmartre et ça m’a changé.

« Je jouais souvent au Bottom Line à Greenwich, là où Lou Reed  avait enregistré A Night with Lou Reed »

Pourquoi cela vous a-t-il changé ?

J’ai aimé le contact avec le public dans ce petit club, ça me changeait de New York. Pour ce concert, j’ai fait six rappels, je crois que c’est parce que je ne voulais plus quitter la scène et entre 79 et 89 j’ai eu du succès en France, mais aussi en Espagne, en Italie, en Suède, en Suisse. Donc en 89, je quitte les Etats Unis et je m’installe en France.

Donc avant 89, vous vous produisiez toujours dans les clubs new yorkais ?

Elliott Murphy on stage

Oui, je jouais souvent au Bottom Line à Greenwich, là où Lou Reed  avait enregistré (ndlr : A Night with Lou Reed).  C’était un club de 500 places. New York c’est toujours un bon public, mais je restais le plus souvent sur la Côte Est, je n’ai joué que deux ou trois fois sur la Côte Ouest. Par contre, chaque fois que je revenais en France je me produisais dans de grands festivals.

Comment expliquez-vous cette situation ? Cela fait penser aux musiciens de jazz qui lorsqu’ils sont en Europe se produisent eux aussi dans de grands festivals.

C’est le même mystère, je ne comprends  pas exactement le pourquoi.  C’est d’autant plus surprenant, pour un artiste comme moi qui écrit les paroles et qui jouait   face à un public dont l’anglais n’était pas la langue maternelle.  Ça marche pour le jazz, le blues. Le meilleur exemple c’est peut être Edgar Alan Poe qui était inconnu aux USA, alors que Baudelaire lui était très en vogue. C’est d’ailleurs lui qui le premier a fait la traduction de Poe, ensuite d’Henry Miller. C’est comme ça aujourd’hui avec Paul Auster. C’est une énigme et je n’ai jamais trop cherché à savoir pourquoi, car si je trouvais la réponse ça pourrait me contrarier. Mais j’aime beaucoup la vie à l’européenne, et je me considère aujourd’hui comme le plus français des musiciens américains !   Je suis un véritable expatrié ?

« J’étais marqué  par les Beatles, Dylan et Donovan »

Avec Olivier Durand

Quand vous avez débuté la musique, vouliez vous ressembler à un artiste, aviez-vous un modèle ?

J’ai débuté la musique à 12 ans, avant les Beatles en 61. A cette époque il y avait un boum avec le folk, Peter Paul and Mary. C’est ainsi que j’ai débuté ce qui m’a donné des racines folks  et ensuite c’est l’explosion des Beatles en 64. J’oublie,  il y avait aussi Elvis, la première rock star, lui il venait d’une autre planète. Je ne pouvais pas atteindre son niveau. Donc la musique, les mots et les Beatles qui créent eux mêmes leurs chansons. C’est vers eux que je me projette.  Elvis c’était un peu comme Johnny Halliday, il chantait ce qu’on lui donnait. Donc j’étais marqué  par les Beatles, puis Dylan, et d’autres encore comme Donovan, et aussi Lou Reed, car c’était un chanteur compositeur de New York comme moi, avec la même sensibilité, la même façon de parler, le même argot.  

Le côtoyez-vous ?

J’étais vraiment proche de Lou.  J’ai d’ailleurs écrit les notes de la pochette de l’album  du Velvet  Underground, Live 69, et après ça j’ai commencé  à faire des disques.  D’abord chez Polydor et c’est grâce à lui, que j’ai signé avec RCA.

Puis vous signez chez Columbia ?

Oui, c’était pour Just a Story  from America.

« J’ai aussi écrit des nouvelles dans Rolling Stones »

Et le succès n’étant pas là, Columbia s’est retiré ?

Comme toutes les histoires ce n’est pas très simple. Il y a une légende qui dit que Just a Story… a eu peu de succès aux States, mais beaucoup plus en Europe, avec « Anastasia » qui a très bien marché, notamment sur Sud Radio. Mais, il y a aussi le fait que je me dispute avec mon manager et je suis  un peu victime de ça et du coup j’ai baissé les bras.  Puis, je n’ai jamais trouvé le groupe qui me convenait pour mes tournées. À chaque disque je changeais de formation, pas comme Bruce  qui avait son E-Street Band. Moi je parviens à trouver mon équilibre juste après  mon premier concert à Paris avec Ernie Brooks et Tony Machine. Et aussi ça a été trop vite pour moi ! Vous rendez-vous compte, en 71, je jouais dans le métro en Europe, je reviens  à New York et au bout de trois mois j’ai un contrat avec Polydor, deux mois plus loin je commence à enregistrer, c’était Too Much Too Soon.

Live à Bastia 2011

Donc en 89, vous êtes  installé en France, est-ce à ce moment-là que vous commencez à écrire des livres ?

En fait, j’ai toujours écrit comme les notes du Velvet, mais j’ai aussi écrit des nouvelles dans Rolling Stones, et d’autres magazines de musique. J’ai écrit des poèmes, fait des interviewes avec Keith Richard et Tom Waits et quand j’ai aménagé à Paris, je m’y suis mis plus sérieusement, avec le soutien de Françoise (Viallon, sa femme, ndlr).

Vous revenez à la guitare acoustique  et vous rencontrez Olivier Durand. Comment s’est effectuée cette rencontre ?

C’était après Selling the Gold et je cherchais un autre guitariste et j’ai demandé à Jérôme Soligny (artiste, chanteur, rédacteur pour rock & folk) s’il connaissait un guitariste qui pouvait vite jouer avec  moi. Il m’a répondu qu’il en connaissait un qui jouait avec Little Bob. Je fixe un rendez-vous chez moi à Olivier,  et en 3 heures il me dit juste deux trois mots. Au début, je ne pensais pas que je pouvais jouer avec un mec comme lui.  Il est si timide, mais il a des  racines musicales très profondes et on se retrouve bien puisqu’il aime aussi Bob Dylan, les Rolling Stones, Tom Waits et le Blues.

Olivier Durand

Et aujourd’hui, vous êtes toujours avec lui !

Oui j’ai fait deux trois concerts en solo. Mais sinon je travaille beaucoup avec lui.   D’ailleurs une année on a fait plus de cent concerts ensemble et du coup, j’ai  dit «  J’ai pris plus de petits déjeuners avec lui qu’avec ma femme Françoise ». 

Est-elle jalouse ?

Non pas du tout. C’est peut être le secret de notre relation, nous sommes tous les deux indépendants.

Comment est né votre dernier album « Prodigal son » ?

C’est mon fils Gaspard qui l’a produit et il joue aussi de la basse avec moi et je trouve  qu’il m’a trouvé un très bon son. En fait, il est très sévère il me dit par exemple : « Daddy you can’t sing that » et il me fait changer les paroles. Je l’ai sorti en 2017 et cette année, (2018) je vais faire un live et ça sera peut être un Best of Live… je change les mots.

M.M.

Discographie :

1973 : Aquashow (Polydor)

1975 : Lost Generation (RCA)

1976 : Night Lights (RCA)

1977 : Just a Story From America (Columbia)

1980 : Affairs (Courtisane)

1982 : Murph the Surf (Courtisane)

1984 : Party Girls and Broken Poets (WEA)

1986 : Milwaukee (New Rose)

1987 : Après le déluge (New Rose)

1988 : Change Will Come (New Rose)

1989 : Live Hot Point (New Rose)

1990 : 12 (New Rose)

1991 : If Poets Were King (New Rose)

1992 : Diamonds By The Yard (Razor & Tie)

1993 : Unreal City (Razor & Tie)

1993 : Paris/New York (New Rose)

1995 : Selling the Gold (Musidisc)

1996 : Going Through Something (Déjàdisc)

1998 : Beauregard (Last Call)

1999 : April (Last Call)

2000 : Rainy Season

2000 : La terre commune (w/ Ian Matthews) (Last Call)

2001 : Last of the Rock Stars… And Me and You with the Rainy Season Band (Last Call)

2001 : Live In Solingen (w/ Ian Matthews) (Last Call)

2002 : Soul Surfing (w/ Rainy Season) (Last Call)

2002 : The Next Wave (EP Last Call)

2003 : Strings of the Storm (Double CD Last Call)

2005 : Never Say Never – The Best of 1995-2005… and More (Last Call)

2005 : Murphy Gets Muddy (Last Call)

2007 : Coming Home Again (Last Call)

2008 : Notes from the Underground (Last Call)

2009 : Alive in Paris (CD & DVD Last Call)

2010 : Elliott Murphy (Last Call)

2011 : Just a Story from New York (Last Call)

2013 : It Takes a Worried Man (Last Call)

2014 : Intime (Last Call)

2015 : Aquashow Deconstructed (Last Call)

2017 : Prodigal Son

Écrits :

1989. Cold and Electric, Entreligne (France),

1990. The Lion Sleeps Tonight, Librairie Gibert Joseph (France),

1995. Where the Women are Naked and the Men are Rich, Celeste (Espagne)

2002. Café Notes, Hachette Littératures (France)

2005. Poetic Justice, Hachette Littératures (France)

2013. Marty May, éditions Joëlle Losfeld (France, traduction de l’anglais Christophe Mercier)

2016. Strings of the Storm, Éditions La Grange Batelière 

http://www.elliottmurphy.com

Carsten Lindhölm – 2018 –

Jazz nordique d’inspiration indienne

Carsten Lindholm est un batteur et compositeur danois, né en 1969 dans la petite ville de Kerteminde. Il a été l’élève d’Ed Thigpen et vient de sortir Indispiration, son deuxième album. Erik Truffaz, Nils Petter Molvaer, Jan Garbarek John Coltrane, Bill Laswell, Jojo Mayer ou encore Sting constituent ses principales influences. Son expression se situe forcément dans la lignée des musiciens nordiques, mais le batteur danois ajoute à sa musique ses connaissances rythmiques de la musique indienne, qui réchauffent avantageusement son expression. Nous avons échangé avec lui pour évoquer sa dernière production et parler de ses futurs projets avec sûrement un passage par Paris sous peu.

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Pascal Arroyo – 2018 –

On the Road Again en Corse pour la belle cause

Pascal Arroyo - 1

Pascal Arroyo est un musicien multi-instrumentiste qui a fait mûrir son art dans un laboratoire musical mixant soul, funk, rock progressif, jazz traditionnel et free à l’aube des seventies. Il a fait ses classes outre atlantique après une expérience dans l’ouest de la France. Là-bas il a croisé Blood Sweat and Tears, un des groupes majeurs de la scène rock U.S. Sa riche  palette chromatique en a fait un accompagnateur prisé de nombreux artistes français comme Catherine Lara, Mort Schuman, Jean-Michel Caradec, France Gall, Pierre Vasiliu ou Albert Marcoeur. Il a aussi et surtout partagé les chemins de la gloire avec Bernard Lavilliers pendant quasiment trente ans. Chef d’orchestre et bassiste du chanteur de « Pigalle la blanche », « Traffic », « Stand the Ghetto » ou « On the Road Again », il est depuis plus de deux ans installé à Bastia. Selon lui, l’histoire de sa venue en Corse prend sa source en 1993.

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