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Elliott Murphy 70th birthday au New Morning

Vendredi soir dès 20 heures la rue des Petites Écuries de Paris dans le Xe se remplie allègrement d’une population particulière. Hommes au Stetson voire avec un bandana, femmes en blouson de cuir, l’ambiance sent le rock. Et pour cause à l’entrée du New Morning, temple dédié à la musique de qualité, les fans battent le pavé pour célébrer les 70 ans d’ Elliott Murphy leur idole.

Dans la file d’attente toutes les langues se font entendre : anglaise, italienne, américaine, espagnole, flamande, allemande. Cette communauté n’a qu’un mot clé : acclamé cet être issu de la génération Louis Reed. Le comparse du boss, l’ami de l’ancien Velvet Underground, nourri par la musique des Beatles et de Dylan à la pression. Debouts face à la scène, de très nombreux connaisseurs, fans de toujours, attendent ce moment magique de l’année, comme son traducteur, un castillan y qui arbore un t-shirt à l’effigie de Just a Story…ou un rescapé de son premier concert au Palace en 1971

Il est 21h02, Olivier Durand prend sa place sur le côté gauche de la scène et dégaine sa Taylor. Elliott Murphy le suit de près coiffé d’un Stenson sur son bandana. Un salut amical avant de céder la place à la musique, la meilleure façon d’échanger avec, non pas des spectateurs, mais les membres de la communauté « Murphyenne ». Des les premières chansons , les cordes envoient leurs ondulations, la voix du poète rock délivrent  » Drive all Night »,  » If Poets where Kings ». Puis le duo est rejoint par Gaspard Murphy (b) et Lisa Cox (vln). L’expression artistique s’enrichit et les chœurs aussi (« Absalom Davy Jackie »). Le temps s’est arrêté et le public d’absorber sa dose d’agréables émotions. Après un quart d’heure de pose, montre en main le set reprend. Ça ne se passe pas comme ça avec Ariana. Après ce commentaire positif sur la ponctualité de l’artiste, la magie reprend possession du temple musical. Les compositions récentes (« Chelsea Boots ») s’entremêlent avec les classiques (On Elvis Presley). La rythmique augmente de batterie clavier peut d’aventure dans un espace rock où l’esprit de la Factory transparait. Il est bientôt minuit, la vedette du soir poursuit son show, prenant appui sur les commentaires des fidèles. Il délivre « Sicily » en rappelant l’histoire de cette chanson, teste son fils sur ses connaissances musicales avec la complicité bienveillante d’Olivier Durand. Il donne tout et reçoit beaucoup en retour. Un, deux, trois rappels plus loin il est toujours là dispensant son amour à ses admirateurs. Après le partage en musique,vient le temps de la discussion avec les fans. Disponible il signe les autographes, de prête au jeu des selfies, retrouve des amis. La première partie de la fête est terminée. Pour la seconde de soirée le troubadour new-yorkais a droit à des surprises concoctées par son fils G Gaspard et Françoise sa femme. Parmi elles un message audio du Boss. Tout un symbole ! Reconnu par ses pairs Elliott Murphy fait partie de cette galaxie d’artistes de haut-rang font l’humilité et la générosité force le respect.

Carsten Lindhölm

Jazz nordique d’inspiration indienne

Carsten Lindholm est un batteur et compositeur danois, né en 1969 dans la petite ville de Kerteminde. Il a été l’élève d’Ed Thigpen et vient de sortir Indispiration, son deuxième album. Erik Truffaz, Nils Petter Molvaer, Jan Garbarek John Coltrane, Bill Laswell, Jojo Mayer ou encore Sting constituent ses principales influences. Son expression se situe forcément dans la lignée des musiciens nordiques, mais le batteur danois ajoute à sa musique ses connaissances rythmiques de la musique indienne, qui réchauffent avantageusement son expression. Nous avons échangé avec lui pour évoquer sa dernière production et parler de ses futurs projets avec sûrement un passage par Paris sous peu.

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Pascal Arroyo

On the Road Again en Corse pour la belle cause

Pascal Arroyo - 1

Pascal Arroyo est un musicien multi-instrumentiste qui a fait mûrir son art dans un laboratoire musical mixant soul, funk, rock progressif, jazz traditionnel et free à l’aube des seventies. Il a fait ses classes outre atlantique après une expérience dans l’ouest de la France. Là-bas il a croisé Blood Sweat and Tears, un des groupes majeurs de la scène rock U.S. Sa riche  palette chromatique en a fait un accompagnateur prisé de nombreux artistes français comme Catherine Lara, Mort Schuman, Jean-Michel Caradec, France Gall, Pierre Vasiliu ou Albert Marcoeur. Il a aussi et surtout partagé les chemins de la gloire avec Bernard Lavilliers pendant quasiment trente ans. Chef d’orchestre et bassiste du chanteur de « Pigalle la blanche », « Traffic », « Stand the Ghetto » ou « On the Road Again », il est depuis plus de deux ans installé à Bastia. Selon lui, l’histoire de sa venue en Corse prend sa source en 1993.

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Le feu en ouverture des Nuits

Eric Gales – Ritchie Kotzen

duo gagnant

 

Lorsque Ritchie Kotzen monte sur la scène des Nuits de la Guitare de Patrimonio, un ouragan vient de se produire.

Heureusement le vignoble n’a pas été impacté par cette tornade murie dans la tête du programmateur de cette 29e édition. Pourtant Ritchie Kotzen possède un sacré pedigree : membre de Mr.Fish, puis de Poison, collaborateur de Gene Simmons (Kiss) avant de monter son groupe The Winnery Dogs, en compagnie de Billy Sheehan et Mike Portnoy. Il y a du répondant. Il était attendu par le public des Nuits depuis un an au moins, mais
sur scène il a pris la mesure, en toute quiétude, de l’étendu des dégâts perpétrés par Eric Gales.

L’importance de l’église dans ses chansons

 

Voir la vidéo d’Eric Gales ici : Eric Gales en ouverture des Nuits

Ce dernier, immédiatement comparé à Jimi Hendrix lors de ses premières productions, joue le blues dans toute son expression avec la modernité du son. Il chante non pas les champs de coton, mais reste dans la tradition, celle des shouters (Howlin’ Wolf,) des ciseleurs (Albert King) ou des winners (Buddy Guy). Le blues qui sort de ses tripes et de son âme. Il revendique haut et fort l’importance de l’église dans ses chansons et délivre des titres  extraits de Middle of the Road, son dernier opus. Le natif de Memphis est un
« Boogie Man » qui véhicule des messages de sagesse (« heureux d’être clean depuis deux ans ») et transmet le frisson avec « Swamp ». Son bassiste cite « On Broadway » sur sa basse et le leader délivre « Don’t Fear the Reaper » de Blue Öyster Cult, c’est dire l’étendue du vocabulaire du bluesman. Backstage il précise qu’il est ami avec Eric Bloom tout s’explique ! Après avoir présenté La Donna Gales (perc), sa « Lovely wife », il termine son show par une citation de Beethoven (« Lettre à Elise ») enchaîne avec du Led Zep et AC/DC, du pur bonheur.
Eric Gales et La donna - 1

Sa voix  rappelle celle de « The Voice of Rock »

 

Voir la vidéo de Ritchie Kotzen là : Ritchie Kotzen à Patrimonio

Malgré tout ce tourbillon, Ritchie Kotzen a été à la hauteur de sa réputation. Avec sa voix qui rappelle étrangement celle de « The Voice of Rock », alias Glenn Hughes, il a puisé dans son riche répertoire pour transmettre là encore de belles émotions au public de connaisseurs présent pour l’occasion. Outre ses anciens succès « Socialite », il a montré son évolution en se plaçant derrière un piano électrique pour délivrer « The Road ». Après Patrimonio, il se produira à Pistoia avant de retourner en Californie ou sa voix se fera breeze  pour ses concerts à venir. Le public se retirait en paix en promettant de revenir pour vibrer aux son des autres guitares présentes pour la manifestation. Jean Bernard Gilormini avait vu juste en faisant de cette soirée l’ouverture des Nuits de la guitare et quelles guitares….
M.M.