THE STRANGLERS

The Stranglers, en Corse, c’était encore une bonne nouvelle pour les adeptes d’un rock british de qualité. Sur scène, après l’époustouflante prestation de Glenn Hughes, l’ex-bassiste de Deep Purple, tout le monde dans le public et backstage se demandait à quelle sauce seraient manger les Anglais. Loin de se départir de leur flegme légendaire les « punks » ont fait le boulot et même au-delà.

JJ Burnell (b) Jim Macauley (dm) et Baz Warne (g) The Stranglers toujours là après plus de 40 ans de carrière

D’entrée de jeu Jean Jacques Burnell le leader originel du combo, toujours associé à Dave Greenfield (claviers), plus Jim Mcauley (dm) et Baz Warne (g) ont joué sur la dynamique et la puissance de feu pour se mettre au niveau du Californien d’adoption. Une fois cet écart compensé The Stranglers ont joué la carte de la séduction en enchainant « Golden Brown » et « Always the Sun » deux hits incontournables du répertoire .

Jean Jacques Burnell membre fondateur de The Stranglers

Eux aussi jouaient dans la cour des grands qu’ils sont, et pouvaient se permettre de se lâcher pour le plus grand bonheur d’un public enthousiaste. Et de dérouler « Walk on By », le morceau de Burt Bacharach écrit pour Dionne Warwick, un grand moment.

Baz Warn guitare et chant

La suite du concert n’était que plaisir avec des titres au firmament comme « Something Better Change », « No More Heroes » ou le « Peaches » lancé par la basse de JJB.

Au final une excellente soirée rock. Un pur moment de plaisir dans un monde dominé par le rap. Petite confidence :Henry Padovani, le « policeman » corse était backstage pour échanger avec JJB son pote des années punk !

GLENN HUGHES

Retour en Corse pour le bassiste et chanteur de Deep Purple (MkIII)

Glenn Hughes légende du hard rock présent pour la 30e de Patrimonio

Après un premier passage en 2009 à Erbalunga, à l’invitation de Jazz Equinoxe, le bassiste de Deep Purple présent sur les albums : Burn, Stormbinger, Come Taste the Band, le Made in Europe de feu et le génial Last Concert in Japan, était de nouveau en Corse pour délivrer un show made in Purple. Au programme des chansons présentes sur la période MkIII du groupe mais aussi deux thèmes du MkII et pas n’importe lesquels. : « Smoke on the Water » et « Highway Star ».

Avant de mettre le feu dans l’enceinte du théâtre de verdure, Glenn Hughes a donné un aperçu de ses capacités vocales hors pair lors de la balance. Tout simplement magique quand on connait l’âge de notre chanteur, capable de monter haut dans les aigus sans affecter les basses de sa voix.

Lors de la balance, la voix de Glenne Hughes a fait fureur

Et sur scène le feu a pris instantanément. Une équipe bien rôdé, un guitariste en tout point ressemblant à Tommy Bolin, l’ami de toujours, à qui il dédie « Sail Away » et voilà le combo parti sur les routes du Classic Rock.

En mode zen dans sa loge, il nous accorde un bref échange.  » Ma passion pour la basse électrique vient de Paul Mc Cartney. J’ai toujours été respectueux du travail qu’il a accompli et je m’en inspire énormément ». Quand on connait les qualités vocale de Sir Paul, on comprend aisément que Glenn ait suivi cette voie.

Enfin, comment ne pas évoquer sa passion pour la Soul Music. L’occasion de la rappeler sur scène avec une reprise magistrale de « Giorgia on my Mind » popularisée par Ray Charles.

Voir la galerie photos de Glenn ?

c’est ici : https://rythmncorsica.com/2019/07/27/glenn-hughes-gallerie/

A FILETTA

Concert  d’une pure beauté

Le théâtre de Bastia a vécu un moment comme il y en a peu au cours d’une saison culturelle.  Jean-Claude Acquaviva et ses compères François Aragni,  Petr’Antò Casta, Paul  Giansily, Stéphane Serra et Maxime Vuillamier ont offert  à un théâtre de Bastia archi-comble un concert digne des grands noms de la galaxie musicale. Entouré de musiciens haut de gamme (Jean-Marie Gianelli, Daniele di Bonaventura, Sandrine Luiggi, Nicolas Torracinta, un percussionniste cubain), le groupe balanin a déroulé un programme alliant les quatre  éléments dans une ambiance envoûtante.

Entre les sonorités apaisées que n’auraient pas renier Manfred Eicher, le fondateur du label ECM et celles plus épicées  des rythmes latinos, Jean Claude  Acquaviva, tel un guide spirituel a donné le meilleur de lui même pour transmettre ses émotions.  A chaque occasion,  il  fait mention des êtres qui l’ont influencé et n’hésite pas à les remercier. Le light show enveloppe les artistes et accentue la sensation de plénitude qui sied aux thèmes exposés. Le répertoire fluctue entre chants comme extraits de l’Abbaye de Cluny  et des nappes synthétiques à la Pat Metheny.  La palette offerte est tout simplement d’essence divine et c’est sur ce tapis velouté que les voies corses transposent les racines de cette terre insulaire. 

Sans forcer les chanteurs touchent au cœur. Les hits et les succès défilent pour le plus grand bonheur d’un public conquis. Surprise aussi avec l’apparition de jeunes  danseuses qui accentuent ce côté « contemporain » déjà bien marqué. Avec deux heures et demie après,  A Filetta a dignement fêté ses 40 ans avec l’espoir de continuer ainsi encore  longtemps.

M.M.

CARSTEN LINDHÖLM

Jazz nordique d’inspiration indienne

Carsten Lindholm est un batteur et compositeur danois, né en 1969 dans la petite ville de Kerteminde. Il a été l’élève d’Ed Thigpen et vient de sortir Indispiration, son deuxième album. Erik Truffaz, Nils Petter Molvaer, Jan Garbarek John Coltrane, Bill Laswell, Jojo Mayer ou encore Sting constituent ses principales influences. Son expression se situe forcément dans la lignée des musiciens nordiques, mais le batteur danois ajoute à sa musique ses connaissances rythmiques de la musique indienne, qui réchauffent avantageusement son expression. Nous avons échangé avec lui pour évoquer sa dernière production et parler de ses futurs projets avec sûrement un passage par Paris sous peu.

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PASCAL ARROYO

On the Road Again en Corse pour la belle cause

Pascal Arroyo - 1

Pascal Arroyo est un musicien multi-instrumentiste qui a fait mûrir son art dans un laboratoire musical mixant soul, funk, rock progressif, jazz traditionnel et free à l’aube des seventies. Il a fait ses classes outre atlantique après une expérience dans l’ouest de la France. Là-bas il a croisé Blood Sweat and Tears, un des groupes majeurs de la scène rock U.S. Sa riche  palette chromatique en a fait un accompagnateur prisé de nombreux artistes français comme Catherine Lara, Mort Schuman, Jean-Michel Caradec, France Gall, Pierre Vasiliu ou Albert Marcoeur. Il a aussi et surtout partagé les chemins de la gloire avec Bernard Lavilliers pendant quasiment trente ans. Chef d’orchestre et bassiste du chanteur de « Pigalle la blanche », « Traffic », « Stand the Ghetto » ou « On the Road Again », il est depuis plus de deux ans installé à Bastia. Selon lui, l’histoire de sa venue en Corse prend sa source en 1993.

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Clôture des Nuits -2018

La 29e  édition est finie, vive la trentième

La foule - 1

La variété de la programmation des Nuits de la Guitare s’est confirmée avec un final tout en beauté. Julien Clerc et Véronique Sanson que demander de mieux pour terminer le festival en chansons. Avec ces deux gros calibres de la scène française, Jean Bernard Gilormini a fait fort. Dans un théâtre de verdure archi comble, les deux stars de la variété ont offert un show de qualité. Pour l’occasion les deux chanteurs avaient sorti la grosse artillerie. Quatuor à cordes et rythmique complète pour le premier, sections de cuivres en plus pour la seconde. Les amoureux de la musique et des cordes en ont eu pour leur argent. Ces deux formations ont constitué un tant soit peu la synthèse de la semaine écoulée dans la variété des styles proposés. Si Texas, avec un concert qui comptera à présent dans l’histoire de Patrimonio, a constitué le point haut en termes de fréquentation devant le duo final et Julien Doré, les autres soirées ont été marquées par le sceau du haut niveau. De très bon augure pour envisager sereinement la trentième édition, avec certainement encore de très belles surprises.

Joao Bosco crée Patrimonio de Janeiro – Patrimonio 2018

Joao Bosco était le troisième invité de l’édition 2018 des Nuits de Patrimonio. Un monument dans ce temple vinicole. Avec Caetano Veloso, Chico Buarque, Gilberto Gil, il fait partie de cette génération qui a pointé le bout de son nez au début des années 70, quand le régime brésilien n’était pas tendre avec les artistes. De cette époque sont nées une série de chansons, devenues des classiques de la musique populaire du Brésil. Quatre partenaires l’accompagnent dans son spectacle. Hamilton de Holanda, présent pour la 4e fois en Corse (mandoline), Kiko Freitas (batterie) , Ricardo Silveira (guitare) et un bassiste. Dès l’entame de son concert, l’artiste transmet la langueur de son expression. On comprend en regardant Joao qu’il n’a pas besoin d’un orchestre pour s’accompagner. Sa bouche suffit. Il sort les sons qu’il veut et n’hésite pas à siffler pour se faire kiffer.

Seuls ceux qui savaient étaient présents.

Certains titres sont l’occasion de belles joutes entre la mandoline et la guitare électrique. Après « Rondo de Cuica », De Holanda délivre un solo de mandoline à couper le souffle. Puis, la guitare électrique se mue en clavier et la basse six-cordes assure le rythme alors que Kiko Freitas avec ses balais en bois donne cette couleur Auriverde d’azur, et peu à peu la pression monte. Les cordes des instruments s’entrelacent, les notes se lâchent pour rejoindre au loin le firmament Le rythme, les accords de folie, la justesse des notes, tous les ingrédients sont là pour transporter le public vers un meilleur ailleurs. Moment de magie quand Hamilton prend son chorus sur « Estate » chantée par la voix suave de Bosco. Patrimonio devient de Janeiro. Le final est musicalement carnavalesque. La guitare se transforme en basson, la mandoline en banjo et la basse au diapason semble se caler dans la baie de Guanabara. Pour le second rappel, le public s’est rapproché de l’artiste. Debout il entonne avec le chanteur un dernier hymne au Brésil. Une nuit magique qui laisse dubitatif quand on voit la faiblesse de la fréquentation pour un artiste majeur de ce qu’on appelle à présent la musique du monde. En fait, seuls ceux qui savaient étaient présents.

Michel Maestracci