Archives pour la catégorie festival

Tournée 2019

MELODY GARDOT SERA EN TOURNEE CET ETE

Nouvelle date en France le 24 juillet, Melody se produira à Narbonne dans le cadre du festival « Jazz à l’Hospitalet »

Le 3 juillet à Villars les Dombes (« Les Musicales du Parc des Oiseaux » )

Les 11 & 13 juillet à Paris (l’Olympia)

Le 12 juillet à Monaco (Palais Garnier)

Le 27 juillet à Marseille( « Festival des 5 Continents« )

Mais aussi le 29 juin à Montreal ( salle Wilfrid Pelletier) et le 18 juillet à Pori (Finlande – Kirjurinluoto)

Hugh Coltman cerise sur le gâteau des Musicales



Quel final pour cette 31e édition de la manifestation, que la prestation de Hugh Coltman le crooner du bayou. Dans une formation, loin des standards actuels,  avec Didier Havet le maître international du  soubassophone, une section de cuivres qui fleure bon la Louisiane, le chanteur a enchanté le public présent pour cette soirée de qualité. Avec des titres de « Who’s Happy ? » son dernier opus en passant par des créations plus anciennes, l’Anglais a modulé les émotions pour donner le meilleur de lui-même. En plus de l’instrumentation, l’éclairage s’est mis au diapason pour diffuser des atmosphères parfois secrètes comme celles des espaces chamaniques des contrées de cet état du Sud  des states.  Avec élégance et beaucoup de prestance, Coltman  a refait vivre des titres indémodables comme « Caravan » d’Ellington, «  Day Dream » du Lovin’ Spoonful de John B.  Sebastian et a terminé par une magnifique reprise de Joni Mitchell (« The River ») en compagnie de son pianiste. Un moment de grâce qui donne envie de se projeter rapidement sur l’édition 2019 avec autant de bonnes vibrations à emmagasiner.

Caravan By Hugh Coltman sur la scène du théâtre de Bastia

(article paru dans Corse matin du 26 novembre 2018)

Brigitte

L’univers émotionnel de Brigitte

Aurélie Saada et Sylvie Hoarau, les deux artistes du groupe Brigitte,  chantent l’amour avec volupté et beaucoup de sensualité. Il faut dire qu’elles possèdent un joli et beau parcours. Après des albums solos, les deux jeunes femmes unissent leur passion de la création en optant pour le nom de Brigitte, hommage à BB, Brigitte Fontaine et Brigitte Lahaie.  Si au démarrage les deux « Brigitte » jouent le look hippie, depuis lors cette tendance baba, a laissé place à une esthétique plus glamour. Leur dernier opus s’appelle tout simplement « Nues », ce qui ne signifie pas forcément nudité. Avant de se produire sur la scène du théâtre de Bastia dans le cadre de la 31e édition des Musicales, elles nous ont ouvert leur univers empreint d’hédonisme sur un background soul.

Etes vous des habituées de la Corse ?

Sylvie Hoarau : Aurélie a failli se marier en Corse.

Aurélie Saada : Non, j’ai rencontré un maire qui était prêt à me marier, enfin à me trouver un mari pour me  marier.

Est-ce que le public corse est particulier ou possède-t-il une spécificité ?

SH : Il devrait y en avoir une ?

AS : Non c’est un public très chaleureux, c’est sûr. Ici nous sommes toujours très bien accueillies.

Revenons au commencement. Lors de vos premiers instants, vous aviez choisi un look néo hippie. Pourquoi ?

AS : Néo hippie ! On avait déjà des robes à paillettes à nos débuts et ça c’est un mot inventé par un journaliste.

N’étiez-vous pas tout simplement baba cool.

AS : Non plus, on n’est pas très baba cool, mais on aime bien s’amuser avec ce que l’on trouve, comme des petites filles qui vont aller chercher une malle et vont trouver un chapeau, une robe. On s’amusait  à mélanger tout plein d’éléments qui nous parlaient comme on le fait dans la musique  d’ailleurs. On aime bien dire qu’en musique, on n’a pas de chapelle, on mélange les styles, les lexiques. Quand on écrit on a la même démarche comme si on allait dans un grenier avec une grande boite pleine de styles musicaux, de mots, de jargons différents et de couleurs.

Y a-t-il des jargons qui vous parlent plus que d’autres ?  Vous avez repris un rappeur par exemple.

Oui, on a repris« Ma Benz », un tube de NTM et aussi  « Walk this Way » d’Aerosmith.

Et ensuite, il y a eu l’album À bouche que veux tu, une continuité avec  plus de sensualité aussi peut-être ?

AS : C’est à mon avis,  une continuité, il y a là encore beaucoup de sensualité  comme dans notre premier album, mais il y en a plus dans le deuxième.

SH : C’est assez bien résumé. Comme l’a dit Aurélie, on aime bien mélanger, trifouiller, faire notre petite cuisine. On aime plein de choses différentes et on n’a jamais voulu se cantonner à un style, une chapelle. Oui, A bouche que veux-tu est le reflet du moment vécu où l’on était heureuses et dans l’euphorie du succès. On avait envie de danser de profiter de ce moment-là.  

On a beaucoup travaillé sur la sensualité des rythmiques

Il y a aussi une référence à Donna Summer sur cet album, n’est-ce pas ?

AS : Oui, Donna Summer est une diva du disco qui nous a beaucoup inspirées, surtout sur ce deuxième album, qu’on adore et qu’on écoute toujours. On a  beaucoup travaillé sur la sensualité des rythmiques, avant de travailler sur les instruments harmoniques. C’était une démarche  voulue.

SH : Moi, j’aime bien imager notre discographie ainsi. Notre premier album c’est comme si on racontait l’histoire d’une femme qui tente de sortir la tête de l’eau par tous les moyens. Le deuxième, elle y est parvenue et elle a décidé de profiter, il y a quelque chose de très épicurien, c’est un peu ici et maintenant. Et le troisième, c’est comme si on avait retiré le maquillage, la perruque, les robes à  paillettes et qu’on montrait ce qu’il y avait derrière : la fragilité, la vulnérabilité. On n’est pas Wonder Woman, on est bien fragiles et c’était intéressant de travailler sur l’envers du décor.

Développons un peu  Nues votre dernier opus. Il a été réalisé dans des conditions un peu particulières, racontez nous.

AS : Je suis allée vivre un an en Californie. Là-bas, j’ai commencé à me mettre au piano et du coup c’était assez inspirant et Sylvie est venue me retrouver plusieurs fois. Nous avons travaillé ensemble.  C’est toujours agréable de modifier les habitudes, ça donne naissance à d’autres thématiques, d’autres émotions. C’est une nouvelle histoire encore.

Etait-ce important pour vous de réaliser ce disque aux USA ?

SH : Ça aurait été dommage de ne pas le faire.

Quel est le plus que cela vous a apporté ?

 SH : Je ne sais s’il y a un plus, mais oui nous étions très fières et très émues d’enregistrer dans un studio mythique, l’Henson Recording Studio, où des albums incontournables du rock ont été enregistrés (The Rolling Stones, George Benson, John Lennon, Paul Mc McCartney, Joni Mitchell, Mariah Carey, ndlr).

AS : Il y avait des musiciens américains qui étaient aussi présents. Tout ce ci à participer à faire un album différent.

Raconter quelque chose de notre intimité en tant que femme

Est- ce un album différent des premiers,  plus intimiste ?

SH : J’espère qu’il est très différent.

AS : Mais oui, il est plus intimiste. On a eu beaucoup d’années de galère avant que ça ne marche. On a toujours eu conscience que tout pouvait arriver et disparaître à tout moment et du coup on était toujours extrêmement reconnaissantes et heureuses de ce qui nous arrivait. On sait bien que les choses sont très fragiles et c’est plus dans notre démarche d’aujourd’hui  de notre dernier album.  Raconter quelque chose de notre intimité en tant que femme. Parler des hommes qui nous on fait du mal et comment on peut quand même les aimer.

Et vous vous mettez à nue sans vous mettre  nue ?

 Oui, c’est quand même une forme de mise à nue, cette fragilité, cette intimité dévoilée.

Avez-vous des projets ?

Oui, on travaille sur des musiques de film, de documentaire.

Vous aimez découvrir sans cesse de nouveaux horizons n’est-ce pas ?

Oui, on est assez gourmande assez curieuse. Quand on nous propose des choses, on aime bien y aller. On va faire aussi une tournée acoustique piano-voix que l’on va jouer en mai et juin dans les théâtres et c’est chouette de réadapter ses propres  chansons. Et il y a une édition Collector de l’album avec 5 inédits et 3 reprises piano voix.   Mais vous,… êtes vous un homme féministe ?

Réponse…

Super !

M.M.

Discographie

2017 : Nues

2015 : 1 chef d’orchestre, 12 cordes, 3 cuivres et une flûte

2014 : A bouche que veux-tu

2012 : Encore

2011 : Et vous, tu m’aimes ?

http://Site : https://www.brigitteofficiel.com/

Clôture des Nuits

La 29e  édition est finie, vive la trentième

 

La foule - 1

La variété de la programmation des Nuits de la Guitare s’est confirmée avec un final tout en beauté. Julien Clerc et Véronique Sanson que demander de mieux pour terminer le festival en chansons. Avec ces deux gros calibres de la scène française, Jean Bernard Gilormini a fait fort. Dans un théâtre de verdure archi comble, les deux stars de la variété ont offert un show de qualité. Pour l’occasion les deux chanteurs avaient sorti la grosse artillerie. Quatuor à cordes et rythmique complète pour le premier, sections de cuivres en plus pour la seconde. Les amoureux de la musique et des cordes en ont eu pour leur argent. Ces deux formations ont constitué un tant soit peu la synthèse de la semaine écoulée dans la variété des styles proposés. Si Texas, avec un concert qui comptera à présent dans l’histoire de Patrimonio, a constitué le point haut en termes de fréquentation devant le duo final et Julien Doré, les autres soirées ont été marquées par le sceau du haut niveau. De très bon augure pour envisager sereinement la trentième édition, avec certainement encore de très belles surprises.

Joao Bosco crée Patrimonio de Janeiro

Joao Bosco était le troisième invité de l’édition 2018 des Nuits de Patrimonio. Un monument dans ce temple vinicole. Avec Caetano Veloso, Chico Buarque, Gilberto Gil, il fait partie de cette génération qui a pointé le bout de son nez au début des années 70, quand le régime brésilien n’était pas tendre avec les artistes. De cette époque sont nées une série de chansons, devenues des classiques de la musique populaire du Brésil. Quatre partenaires l’accompagnent dans son spectacle. Hamilton de Holanda, présent pour la 4e fois en Corse (mandoline), Kiko Freitas (batterie) , Ricardo Silveira (guitare) et un bassiste. Dès l’entame de son concert, l’artiste transmet la langueur de son expression. On comprend en regardant Joao qu’il n’a pas besoin d’un orchestre pour s’accompagner. Sa bouche suffit. Il sort les sons qu’il veut et n’hésite pas à siffler pour se faire kiffer.

Seuls ceux qui savaient étaient présents.

Certains titres sont l’occasion de belles joutes entre la mandoline et la guitare électrique. Après « Rondo de Cuica », De Holanda délivre un solo de mandoline à couper le souffle. Puis, la guitare électrique se mue en clavier et la basse six-cordes assure le rythme alors que Kiko Freitas avec ses balais en bois donne cette couleur Auriverde d’azur, et peu à peu la pression monte. Les cordes des instruments s’entrelacent, les notes se lâchent pour rejoindre au loin le firmament Le rythme, les accords de folie, la justesse des notes, tous les ingrédients sont là pour transporter le public vers un meilleur ailleurs. Moment de magie quand Hamilton prend son chorus sur « Estate » chantée par la voix suave de Bosco. Patrimonio devient de Janeiro. Le final est musicalement carnavalesque. La guitare se transforme en basson, la mandoline en banjo et la basse au diapason semble se caler dans la baie de Guanabara. Pour le second rappel, le public s’est rapproché de l’artiste. Debout il entonne avec le chanteur un dernier hymne au Brésil. Une nuit magique qui laisse dubitatif quand on voit la faiblesse de la fréquentation pour un artiste majeur de ce qu’on appelle à présent la musique du monde. En fait, seuls ceux qui savaient étaient présents.

Michel Maestracci

 

 

Le feu en ouverture des Nuits

Eric Gales – Ritchie Kotzen

duo gagnant

 

Lorsque Ritchie Kotzen monte sur la scène des Nuits de la Guitare de Patrimonio, un ouragan vient de se produire.

Heureusement le vignoble n’a pas été impacté par cette tornade murie dans la tête du programmateur de cette 29e édition. Pourtant Ritchie Kotzen possède un sacré pedigree : membre de Mr.Fish, puis de Poison, collaborateur de Gene Simmons (Kiss) avant de monter son groupe The Winnery Dogs, en compagnie de Billy Sheehan et Mike Portnoy. Il y a du répondant. Il était attendu par le public des Nuits depuis un an au moins, mais
sur scène il a pris la mesure, en toute quiétude, de l’étendu des dégâts perpétrés par Eric Gales.

L’importance de l’église dans ses chansons

 

Voir la vidéo d’Eric Gales ici : Eric Gales en ouverture des Nuits

Ce dernier, immédiatement comparé à Jimi Hendrix lors de ses premières productions, joue le blues dans toute son expression avec la modernité du son. Il chante non pas les champs de coton, mais reste dans la tradition, celle des shouters (Howlin’ Wolf,) des ciseleurs (Albert King) ou des winners (Buddy Guy). Le blues qui sort de ses tripes et de son âme. Il revendique haut et fort l’importance de l’église dans ses chansons et délivre des titres  extraits de Middle of the Road, son dernier opus. Le natif de Memphis est un
« Boogie Man » qui véhicule des messages de sagesse (« heureux d’être clean depuis deux ans ») et transmet le frisson avec « Swamp ». Son bassiste cite « On Broadway » sur sa basse et le leader délivre « Don’t Fear the Reaper » de Blue Öyster Cult, c’est dire l’étendue du vocabulaire du bluesman. Backstage il précise qu’il est ami avec Eric Bloom tout s’explique ! Après avoir présenté La Donna Gales (perc), sa « Lovely wife », il termine son show par une citation de Beethoven (« Lettre à Elise ») enchaîne avec du Led Zep et AC/DC, du pur bonheur.
Eric Gales et La donna - 1

Sa voix  rappelle celle de « The Voice of Rock »

 

Voir la vidéo de Ritchie Kotzen là : Ritchie Kotzen à Patrimonio

Malgré tout ce tourbillon, Ritchie Kotzen a été à la hauteur de sa réputation. Avec sa voix qui rappelle étrangement celle de « The Voice of Rock », alias Glenn Hughes, il a puisé dans son riche répertoire pour transmettre là encore de belles émotions au public de connaisseurs présent pour l’occasion. Outre ses anciens succès « Socialite », il a montré son évolution en se plaçant derrière un piano électrique pour délivrer « The Road ». Après Patrimonio, il se produira à Pistoia avant de retourner en Californie ou sa voix se fera breeze  pour ses concerts à venir. Le public se retirait en paix en promettant de revenir pour vibrer aux son des autres guitares présentes pour la manifestation. Jean Bernard Gilormini avait vu juste en faisant de cette soirée l’ouverture des Nuits de la guitare et quelles guitares….
M.M.