Archives pour la catégorie live music

ELTON JOHN

Captain Fantastic tire sa révérence en beauté

Première étape française à Lille pour « Farewell Yellow Brick Road »,  la tournée d’adieu d’Elton John.  En cette nuit de juin, Reginald Kenneth Dwight a enflammé le stade Pierre Mauroy de Villeneuve d’Ascq. C’était pour lui l’occasion de remercier le public  de France, fidèle depuis 50 ans maintenant à ses albums, Cds, DVDs et autres tickets de concert. Il est 20h05, quand l’auteur de Captain Fantastic apparait dans un costume gris à paillettes.  Pour cette tournée, il est entouré d’une section rythmique riche avec le batteur Nigel Olsson, John Mahon et Ray Cooper les deux percussionnistes, Matt Bissonette (b), Kim Bullard  (kbds) et un guitariste remplaçant Davey Johnstone (désolé je n’ai pas retenu son nom). Goodbye Yellow Brick Road, son 7e album studio constitue le fil rouge de la soirée. Six titres de ce disque vendu à plus de 30 millions d’unités figurent au répertoire du show lillois.

La suite du menu comprend ses principaux hits extraits des albums mythiques des 70’s,  soit  le premier tiers de sa discographie (30 albums studios depuis 1969 dont 15 en 10 ans). Le concert débute dans une ambiance magique avec « Bennie and the Jets » et «  All the Girls Love Alice ». Tout au long de son chemin musical, le chanteur anglais commente ses productions « Philadelphia Freedom », l’hommage à Billie Jean King (joueuse de tennis et première sportive à faire un coming out), « Someone Saved My Life Tonight » un titre extrait deCaptain Fantastic & the Brown Dirt Cowboy, l’album préféré de toute sadiscographie. Juste avant cela, deux hits majeurs joués pour le plus grand délice d’un public envoûté (« Rocket Man » et « Sorry Seems to Be The Hardest Word ».

« Daniel »,  « Sad Song »,  « Don’t Let the Sun Go Down on Me », les hits s’enchaînent encore

L’hommage à Lady Diana à travers « Candles in the Wind » écrite pour Marylin Monroe. Sur l’écran gigantesque qui décore la scène, les images, les photos, les films illustrent ce périple dans le temps.   Puis c’est l’histoire de sa chute et de sa renaissance (« I’m Still Standing »). Un moment fort du show avec « Saturday Night’s Alright for Fighting » repris en chœur par un public debout.  Son  combat contre le SIDA et sa fondation (Elton John AIDs Foundation). Cela fait plus de deux heures trente que le pianiste arpente la scène avec un piano se mouvant comme le traineau du père Noël. Les hits s’enchaînent encore : « Daniel »,  « Sad Song »,  « Don’t Let the Sun Go Down on Me ». Les cotillons dorés illuminent la voûte étoilée de ce dernier sacre de Sir Elton Hercules John. Pour le rappel l’artiste revient  vêtu de sa robe de chambre et délivre « Your Song » avant de finir en beauté avec le magnifique «Goodbye Yellow Brick Road ».

C’est le moment que la star choisit pour être, tel un « Rocket Man », téléportée  vers l’infini. Il apparait alors en survêtement et monte dans son engin destination ailleurs.  Une des dernières pages du livre d’Elton  se  tourne dans les Hauts de France. Le mot de la fin à Gérard Drouot, le producteur de la tournée française: « La plus belle tournée d’Elton depuis 21 ans que j’ai la chance et l’honneur de produire ses concerts en France ». Le public quitte l’enceinte des paillettes dans les yeux et « Don’t Go Breaking my Heart » la chanson en duo avec Kiki Dee pour l’accompagner vers la sortie. Mais oui, Elton nous brise le cœur de quitter la scène…enfin pas encore. Avis à ceux qui ont manqué le concert événement, car il sera encore présent en octobre 2020 pour deux dates à Paris (10 & 11 octobre).

M.M

Set list

Bennie and the Jets (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

All the Girls Love Alice (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

I Guess That’s Why They Call It the Blues (Too Low for Zero – 1983)

Border Song (Elton John -1970)

Tiny Dancer ( Madman Across the Water – 1971)

Philadelphia Freedom (Captain Fantastic & the Brown Dirt Cowboy – 1975)

Indian Sunset ( Madman Across the Water – 1971)

Rocket Man (I Think It’s Going to Be a Long, Long Time) (Honky Château – 1972)

Take Me to the Pilot  (Elton John -1970 )

Sorry Seems to Be the Hardest Word (Blue Moves – 1976)

Someone Save my Life Tonight (Captain fantastic & the Brown Dirt Cowboy – 1975)

Levon (Madman Across the Water – 1971)

Candle in the Wind  (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding  (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

Burn Down the Mission (Tunbleweed Connection – 1970)

Daniel  (Don’t Shoot Me I’m Only the Piano Player1973)

Believe (Made in England -1994)

Sad Songs (Say So Much) ( Breaking Hearts 1984)

Don’t Let the Sun Go Down on Me (Caribou – 1974)

The Bitch Is Back (Caribou – 1974)

I’m Still Standing  (Too Low for Zero – 1983)

Saturday Night’s Alright for Fighting (Goodbye Yellow Brick Road1973)

Your Song (Elton John – 1970)

Goodbye Yellow Brick Road (Goodbye Yellow Brick Road1973)

 Don’t Go Breaking My Heart- ( Elton John & Kiki Dee single)

Girls in Hawaii

Le combo belge à Bastia une belle surprise !

Dans une salle de l’Alb’Oru débarrassée de ses fauteuils plusieurs centaines de jeunes sont venus montrer leur passion pour Girls in Hawaii. Une régionale de l’étape était aux premières loges et de se pâmer à chacun des titres joués :  » En Belgique quand ils se produisent c’est toujours sold out s’exclamait-elle « ! Bastia certes n’affichait pas complet mais l’assistance de 25 ans de moyenne d’âge entonnait avec passion les succès du groupe créé par Lionel et Antoine au début du siècle.

La configuration de GIH à géométrie variable favorisait les guitares. Par moment on se serait cru revenu au bon vieux temps du Blue Oyster Cult ou de Lynyrd Skynyrd avec 5 guitares, basse comprise, se déployant sur la scène pour distiller sans Larsen un rock débordant d’énergie. Le background du groupe étant malgré tout plus proche de celui planant du Floyd ou d’Archive avec des accents de Radiohead ou Blur.

Les hits de Nocturne côtoyaient ceux plus âgés de From Here to There et l’un des leader de s’interroger :  » Mais quel âge avez-vous ? Vous connaissez des chansons que nous avons écrites alors que vous n’étiez pas encore nés ! Merci c’est touchant. » Et le set de reprendre avec encore plus de vigueur, une façon au combo de féliciter son public.  » Colors » était l’occasion de remercier tous ceux qui les ont accueillis pour leur concert et particulièrement Sud Hôtel à qui la chanson était dédiée. Après un long rappel le groupe quittait la scène sous les acclamations. Les spectateurs délaissaient à regret l’antre du rock en commentant la prestation à laquelle ils venaient d’assister. Une façon de se retrouver entre initiés de la galaxie rock.

M. M.

Elliott Murphy 70th birthday au New Morning

Vendredi soir dès 20 heures la rue des Petites Écuries de Paris dans le Xe se remplie allègrement d’une population particulière. Hommes au Stetson voire avec un bandana, femmes en blouson de cuir, l’ambiance sent le rock. Et pour cause à l’entrée du New Morning, temple dédié à la musique de qualité, les fans battent le pavé pour célébrer les 70 ans d’ Elliott Murphy leur idole.

Dans la file d’attente toutes les langues se font entendre : anglaise, italienne, américaine, espagnole, flamande, allemande. Cette communauté n’a qu’un mot clé : acclamé cet être issu de la génération Louis Reed. Le comparse du boss, l’ami de l’ancien Velvet Underground, nourri par la musique des Beatles et de Dylan à la pression. Debouts face à la scène, de très nombreux connaisseurs, fans de toujours, attendent ce moment magique de l’année, comme son traducteur, un castillan y qui arbore un t-shirt à l’effigie de Just a Story…ou un rescapé de son premier concert au Palace en 1971

Il est 21h02, Olivier Durand prend sa place sur le côté gauche de la scène et dégaine sa Taylor. Elliott Murphy le suit de près coiffé d’un Stenson sur son bandana. Un salut amical avant de céder la place à la musique, la meilleure façon d’échanger avec, non pas des spectateurs, mais les membres de la communauté « Murphyenne ». Des les premières chansons , les cordes envoient leurs ondulations, la voix du poète rock délivrent  » Drive all Night »,  » If Poets where Kings ». Puis le duo est rejoint par Gaspard Murphy (b) et Lisa Cox (vln). L’expression artistique s’enrichit et les chœurs aussi (« Absalom Davy Jackie »). Le temps s’est arrêté et le public d’absorber sa dose d’agréables émotions. Après un quart d’heure de pose, montre en main le set reprend. Ça ne se passe pas comme ça avec Ariana. Après ce commentaire positif sur la ponctualité de l’artiste, la magie reprend possession du temple musical. Les compositions récentes (« Chelsea Boots ») s’entremêlent avec les classiques (On Elvis Presley). La rythmique augmente de batterie clavier peut d’aventure dans un espace rock où l’esprit de la Factory transparait. Il est bientôt minuit, la vedette du soir poursuit son show, prenant appui sur les commentaires des fidèles. Il délivre « Sicily » en rappelant l’histoire de cette chanson, teste son fils sur ses connaissances musicales avec la complicité bienveillante d’Olivier Durand. Il donne tout et reçoit beaucoup en retour. Un, deux, trois rappels plus loin il est toujours là dispensant son amour à ses admirateurs. Après le partage en musique,vient le temps de la discussion avec les fans. Disponible il signe les autographes, de prête au jeu des selfies, retrouve des amis. La première partie de la fête est terminée. Pour la seconde de soirée le troubadour new-yorkais a droit à des surprises concoctées par son fils G Gaspard et Françoise sa femme. Parmi elles un message audio du Boss. Tout un symbole ! Reconnu par ses pairs Elliott Murphy fait partie de cette galaxie d’artistes de haut-rang font l’humilité et la générosité force le respect.

Spettaculu Vivu – A Filetta

Concert  d’une pure beauté

Le théâtre de Bastia a vécu un moment comme il y en a peu au cours d’une saison culturelle.  Jean-Claude Acquaviva et ses compères François Aragni,  Petr’Antò Casta, Paul  Giansily, Stéphane Serra et Maxime Vuillamier ont offert  à un théâtre de Bastia archi-comble un concert digne des grands noms de la galaxie musicale. Entouré de musiciens haut de gamme (Jean-Marie Gianelli, Daniele di Bonaventura, Sandrine Luiggi, Nicolas Torracinta, un percussionniste cubain), le groupe balanin a déroulé un programme alliant les quatre  éléments dans une ambiance envoûtante.

Entre les sonorités apaisées que n’auraient pas renier Manfred Eicher, le fondateur du label ECM et celles plus épicées  des rythmes latinos, Jean Claude  Acquaviva, tel un guide spirituel a donné le meilleur de lui même pour transmettre ses émotions.  A chaque occasion,  il  fait mention des êtres qui l’ont influencé et n’hésite pas à les remercier. Le light show enveloppe les artistes et accentue la sensation de plénitude qui sied aux thèmes exposés. Le répertoire fluctue entre chants comme extraits de l’Abbaye de Cluny  et des nappes synthétiques à la Pat Metheny.  La palette offerte est tout simplement d’essence divine et c’est sur ce tapis velouté que les voies corses transposent les racines de cette terre insulaire. 

Sans forcer les chanteurs touchent au cœur. Les hits et les succès défilent pour le plus grand bonheur d’un public conquis. Surprise aussi avec l’apparition de jeunes  danseuses qui accentuent ce côté « contemporain » déjà bien marqué. Avec deux heures et demie après,  A Filetta a dignement fêté ses 40 ans avec l’espoir de continuer ainsi encore  longtemps.

M.M.