VERS UN MONDE SANS CONCERTS ?

Allons nous vers la fin d’une époque ?  Celle des enfants et petits enfants de Woodstock, unis dans le partage de valeurs issues du Summer of Love (1967).  Période où la jeunesse se rassemblait pour dire non au modèle imposé par des adultes. Ces concerts qui après avoir été une marque d’identification à un groupe, un idéal, un son, une icône sont devenus un produit de consommation mais toujours un lieu de rencontres et de partage. Avec la pandémie 2020, une question brûle toutes les lèvres des fans de musique live :    va-t-on encore assister à des concerts live ?

Décryptons ! Est-ce la fin ?

Le Corona virus et le  confinement qui en a suivi ont eu un impact catastrophique pour les artistes. Concerts et tournées annulés, perte financière importantes, notoriété en berne. Les stars du circuit ne sont plus là pour faire rêver des milliers de fans. Les intermittents ont été obligés de ranger leurs instruments et survivent grâce aux subsides de l ‘Etat. La filière culturelle en générale et musicale en particulier se fait du souci.  Lieux  de convivialité et espaces confinés ne sont plus en odeur de sainteté. Quand aux festivals et concerts géants, ils ont abdiqué sous le joug du virus.  Que va-t-il se passer demain ? Comment la filière va-t-elle pouvoir se maintenir, continuer d’exister ?  Autant de questions que les artistes, les techniciens, les producteurs, les promoteurs,  les amoureux du rock, du blues, du jazz de la variété et de la musique classique, sont en droit de se poser.

Avant de développer cette thématique, nous effectuerons un petit retour en arrière pour percevoir l’évolution de l’expression artistique au cours du temps, puis nous reviendrons sur le modèle économique en cours d’avant Covid-19 et terminerons cet article  en proposant d’éventuelles solutions pour continuer de profiter de ce qui fait l’essence de la vie : le spectacle vivant

Stade Orange Marseille Concert Paul Mc Cartney juin 2015

Au commencement était la scène !

Dans la Grèce antique, la musique tenait une place essentielle dans la vie sociale, politique et religieuse. Il en est de même de nos jours, sous une autre forme certainement. Ce lien avec la musique, notamment chez les jeunes, s’est développé dans les années soixante, lorsque la musique est devenue le fer de lance de la contestation jeune, de la contre-culture. Cet attrait pour la musique s’est amplifié au cours du temps et la génération « Woodstock » a transmis cet héritage aux générations suivantes. La musique est devenu le fer de lance de l’appartenance à un groupe : hippies, babas, mods, rockers, minets, punks, même si elle est aujourd’hui davantage connectée au sens du moi des individus. Écouter de la musique est devenu une manière de revendiquer son propre espace physique et émotionnel »  (in. La musique live, ça compte…de Simon Frith).  

Si les théâtres antiques, grecs ou romains étaient  dotés d’une acoustique extraordinaire, la fée électricité a aussi permis aux artistes d’atteindre un haut niveau de perfection dans leur expression.  Certes pas du premier coup, les fameux effets Larsen qui se manifestaient sur scène de façon intempestive sont les témoins de cette époque bénie.  Mais les progrès ont été rapides du fait de groupes inventifs comme Pink Floyd,  ceux du rock psychédélique les  Who ou Blue Öyster Cult avec leur laser show. Le visuel  devenait incontournable du son et la qualité ne cessait de se développer  jusqu’à atteindre la perfection.  Le concert est  rapidement devenu l’élément moteur de la jeunesse quasi éternelle et le produit sur lequel le show business a tout misé.   

Méga concerts et festivals pour une rentabilité maximale

Les Rolling Stones au stade France Juin 2014

Bon choix donc pour  l’industrie musicale qui,  après la disparition des supports matériels comme les vinyles et les Cds, se devait, pour continuer de dégager des profits, de se réinventer et trouver de nouveaux moyens de rentabiliser des investissements productifs. L’option retenue de la fin du XXe et ce début de XXIe siècle, fut la musique live, d’autant qu’avec l’apparition du streaming, les royalties pour les musiciens fondaient comme neige au soleil. Les deux parties producteurs-artistes avaient donc un intérêt commun à privilégier la musique vivante. David Bowie le prédisait déjà  « La musique deviendra comme l’eau courante ou l’électricité. Mes amis artistes je vous conseille de vous préparer à faire beaucoup de tournées, car bientôt ce sera vraiment la seule chose qui nous restera ».

Dans le monde d’avant le Covid-19 les possibilités d’écouter la musique étaient multiples et nombreuses avec à chaque fois un très haut niveau de qualité, tant artistique, que technique le tout dans un environnement propice à la fête.

Les regroupements  entre amis étaient la règle. Les personnes liées par une même passion, les fans, les mordus de musique se donnaient rendez-vous pour des concerts uniques, des festivals grandioses, dans le seule but de vivre des moments de partage exceptionnels. Pour Simon Frith, « Le spectacle live est la forme d’expression musicale la plus véritable, le cadre dans lequel les musiciens comme leurs auditeurs peuvent juger si ce qu’ils font est « vrai ».

L’option économique retenue avait comme référence, le football.  Ses prestigieuses compétitions comme la Champion’s League, les Ligues 1, 2  et 3,  et les championnats régionaux. La  similitude se retrouvait aussi avec le cinéma : blockbusters, comédies populaires, cinéma d’art et essai, courts voire très courts métrage. La hiérarchie en musique collait tout à fait au modèle économique établi dans l’industrie du divertissement. Concerts et festivals constituaient les principales sources de revenus.

U2, Les Rolling Stones équipes majeures de la Champion’s League  du rock

Pour ce qui est des concerts, on trouvait au premier niveau donc, la Champion’s League , avec de  très grosses têtes d’affiche : U2, Les Rolling Stones, Ed Sheeran, Taylor Swift ou encore Elton John, qui effectuaient leurs tournées (européennes ou mondiales)  dans les stades pour générer des chiffres d’affaires faramineux et une rentabilité certainement tout autant fabuleuse pour les producteurs, promoteurs, agents et artistes (U2 : 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires sur la dernière décennie).  

Juste en dessous, en Ligue 1 de la musique, des artistes à forte notoriété qui se produisaient dans des salles d’environ 20 000 places (O2 Arena,  Accor Arena) surtout lors des tournées d’hiver.   Puis évoluant en Ligue 2, dans les Zénith des artistes de notoriété internationale et nationale. Et ainsi de suite jusqu’aux places de village ou les salles des fêtes pour des artistes régionaux ou locaux.  Cette classification correspondait bien pour les styles comme le rock, le rap la variété nationale et internationale.  Pour ce qui était du jazz, du blues, de la musique classique, une hiérarchie s’imposait aussi, mais avec des valeurs quantitatives moindres et des salles entre 2000 et 500 personnes  (Olympia,  Pleyel, New Morning, Bataclan, La Cigale).

Des festivals atteignent  des chiffres d’affaires astronomiques

L’autre source de revenus se trouvait  dans les festivals.  Comme le nom l’indique, ils constituaient de grandes fêtes de musique. Popularisés dans les 60’s avec Woodstock et juste avant le festival de Monterey, ils ont montré qu’ils pouvaient  permettre de dégager des gros bénéfices (Taux de rentabilité autour de 50% brut). D’où l’intérêt porté par des sociétés comme Live Nation (Main Square à Arras, I Love techno à Montpellier, Download Festival à Brétigny sur Orge et Lollapalooza à l’hippodrome de Longchamp) ou le banquier Mathieu Pigasse ( Rock en Seine).

En effet des foules immenses peuvent se regrouper sur  une courte période. Pour mémoire plus de 500 000 personnes à Woodstock, un million pour le Rock in Brasil, 200 000 à Coachella, plus de 200 000 aussi pour la fête de l’Huma et générer ainsi des chiffres d’affaires astronomiques (27,74 millions de $ pour le Outside Lands Music & Arts festival en 2019, ou 23,38 millions pour le Lollapalooza Brasil). En France, 7,5 millions de spectateurs ont assisté à des festivals en 2019)[i] Les retombées économiques sont phénoménales pour les régions d’accueil (9,2 millions d’€ pour Jazz in Marciac et 20 millions d’€ pour le festival d’Aix en Provence).

Depuis plus de 20 ans les grand’ messes de Pink Floyd, les Stones, U2, Springsteen, Madonna, Coldplay, Muse et consorts  sont certifiés Gold voire Platinum. Groupes et producteurs avaient trouvé le filon, certes qui nécessitaient une mise de fonds élevée, mais avec un retour sur investissement avéré.

La baisse des revenus de l’industrie du disque était en partie compensée par la billetterie des spectacles et les produits dérivés, pas forcément  au détriment  du spectateur (les économies faites sur l’achat de disques  permettant de dépenser plus en concerts), et tout se passait pour le mieux. Le business était à son optimum.  

Et puis, depuis 3 mois plus rien…Pertes colossales, annulations en cascade. Le système va-t-il s ‘effondrer  ?

Un monde nouveau doit s’ouvrir aux amateurs de musique

Aujourd’hui, un monde nouveau doit s’ouvrir aux amateurs de musique et bien sûr à tous ses protagonistes, artistes, techniciens, producteurs, agents, promoteurs.

Plus rien ne sera comme avant !   Les intermittents sont les premiers impactés, surtout s’ils ne peuvent justifier des fameuses 507 heures sur 10 mois. S’ils ne peuvent plus jouer que vont-ils devenir ? Non seulement ils ne pourront  pas bénéficier de leur assurance chômage, mais devront cesser leur activité créatrice et par la  suite, moins créer, moins jouer moins cotiser la spirale infernale est en vue. Leurs affaires se compliquent un peu plus. Les pouvoirs publics, l’Etat et par ricochet les collectivités interviennent pour limiter la casse et permettre aux intermittents de conserver la tête hors de l’eau.

Patrizia Poli & Pascal Arroyo

Mais il leur faudra trouver une solution car ce problème risque d’être récurrent. Aujourd’hui, on ne sait pas comment se dérouleront  les concerts de musique, sachant que les festivals (+ de 5000 personnes)  seront interdits jusqu’au 31 aout et qu’il faudra considérer un minimum de 4m2 par spectateur pour respecter la distanciation sociale. Une telle activité restera-t-elle encore rentable, sachant que les capacités d’accueil des lieux de concert seront divisées par deux voire trois ? Comment ces concerts seront-ils financés ?  Une  crise économique et sociale se profile à l’horizon.  Les partenaires privés seront-ils encore présents pour profiter et soutenir les grandes ou petites manifestations ?  Le public aura-t-il envie de replonger dans un monde où tout le monde est collé ? Le virus est, et, sera toujours dans la tête de tout un chacun, avec cette hantise « Et si ça repartait » ?

Le digital pour réinventer le  spectacle musical

Essayons d’imaginer quel pourrait être le futur de la scène musicale, quels seront les nouveaux modèles à se mettre en place pour permettre aux nombreux afficionados de continuer de se régaler de leur musique ?  Quelles seront les options retenues par les businessmen du secteur ?

Des pistes sont déjà explorées, le Covid a fait émerger une technologie déjà très présente dans la société depuis de nombreuses années, mais qui jusqu’ici était peu utilisée. Aujourd’hui, le digital s’impose avec force !  Cette  période de confinement a mis en lumière l’impérieuse nécessité pour les artistes de rester connectés avec leurs communautés. Chaque musicien muni d’un Smartphone peut d’ores et  déjà poster sur les réseaux sociaux une prestation scénique. De nombreux artistes ont utilisé ce modèle pour continuer de rester connectés avec leur public : Elliott Murphy et ses Corona Couch concerts a donné plus de 52 concerts de suite, tous les soirs à 20 h depuis le début du confinement et a joué  plus 230 chansons). Ce succès laisse présager une évolution dans cette façon de procéder. Oui, le numérique est en marche. Des spectacles se produisent chaque jour sur la toile ou les réseaux sociaux. Les Rolling Stones, comme souvent en première ligne pour la réactivité (1e groupe à posséder son logo) ont offert un titre enregistré par Mick, Keith, Ron et Charlie, chacun confiné de leur côté et ça a marché (You Can’t Always Get What You Want)[i] Apparemment, le public aime, et  l’offre semble prometteuse, mais sous quelle forme ?

Des concerts utilisant la réalité virtuelle avec les casques VR [i]

Réunir un maximum de personnes, les faire payer pour assister à un concert hors du commun, le fameux Purple (le fait de surprendre) de l’Inbound Marketing de Gabriel Szapiro, est en passe de devenir la norme (Gabriel Szapiro : Inbound Marketing au quotidien, éd. Eyrolles 2018). L’utilisation de la réalité virtuelle avec les casques VR va certainement apporter un plus dans ce qui pourrait être les concerts de demain. Il est certain que la technologie doit continuer de s’améliorer pour déboucher sur un produit hautement qualifié. Le modèle entrepreneurial va donc se mettre en action, (c’est certainement déjà le cas). Les entreprises vont investir en R&D pour obtenir cette technologie permettant de passer du réel au virtuel sans encombres. Une fois cette technologie opérationnelle et hautement  performante, les producteurs, associés ou non aux artistes, pourront organiser des concerts et toucher un public cette fois-ci planétaire.

Bien sûr pour pouvoir assister à ces événements, il faudra payer, certainement moins cher que pour un concert au stade de France, la marge totale sera calculée sur  un nombre de « spectateurs » très élevé. Ce modèle se déclinera pour conserver  la hiérarchisation sociale. Imaginons, des échanges en direct avec les  artistes, avant ou après  le concert, pour une quantité de privilégiés. Et pourquoi pas pour une caste de super privilégiés la possibilité d’assister à l’enregistrement du concert virtuel en réel à des tarifs cette fois très élevés. Etre filmés avec les artistes et promouvoir ainsi le show virtuel par une présence en réel, le désir d’appartenance qui se substitue au besoin d’appartenance cher à Maslow. La norme nouvelle, pour les grosses productions.  En terme de business de l’événementiel sera donc un mix entre l’ancien monde et l’ère digitale en voie de développement exponentiel. Un scénario tout trouvé pour les publics d’artistes tels que Madonna, Mylène Farmer, Beyoncé ou Ariana Grande

Les concerts plus intimistes vont ils survivre à ce raz de marée ?

En plus des concerts Facebook ou Instagram, des concerts par téléphone se mettent aussi en place, avec une prévalence  plus sociale qu’artistique. Et pour ce qui est du spectacle vivant, des tentatives existent déjà de donner des concerts avec des jauges réduites de moitié, du 1/3 voire des ¾ afin de garder le contact avec les fans. Le groupe Bishop Gun voulait donner le premier “concert socialement distant” aux États-Unis,  220 places au lieu de 1 000 (www.7sur7actu.be), mais n’a pas été autorisé à se produire. Peut être plus tard et cela deviendrait  un étalon pour la suite des opérations.

Élodie Frégé

Ensuite, les clubs de jazz et de blues, où les artistes ont besoin de la vibration du public pour s’exprimer peuvent, dans certaines conditions devenir le lieu sacré, le temple de la musique vivante. John Scofield le rappelait dans son interview (cf. rythmincorsica) : « Je veux bien me produire, mais avec personne à au moins de 1 mètre 50 de moi ». Les petits espaces deviendraient ce qui fait la beauté de l’expression musicale avec une écoute au plus près, une possibilité d’échanger avec les artistes sans passer par le filtre des VIP, et autres subtilités du show business. Un monde meilleur avec des concerts de choix, des tarifs raisonnables et des moments de partage qui auront une valeur d’estime bien supérieure à leur valeur marchande. L’authenticité reprendrait le pouvoir.  Seuls les initiés pourraient se sentir concernés par cet art et non plus les consommateurs qui se rendent à un concert d’AC/DC, sans jamais avoir écouté du hard rock, à un show d’Holiday on Ice. 

Le modèle économique d’avant Covid-19 continuera, sauf si…

Le monde de la musique d’après le 11 mai, sera peut être toujours aussi marqué du sceau de l’argent, mais un retour vers plus d’authenticité semble plausible. Un monde de la musique à deux vitesses va émerger. Les gagnants ne seront peut être pas ceux capables de mettre le plus d’argent sur la table. Au-delà de ça, c’est à tous les acteurs de l’univers des concerts de jouer cette partition là et en premier lieu les artistes, qui connaissent la chanson pour drainer un large public lorsqu’il s’agit de récolter des fonds (l’Éthiopie, l’Arménie ou les Restaus du cœur), car eux aussi ont la parole pour proposer des solutions gagnant-gagnant.

Peut être que  les millionnaires du rock participeront à l’effort collectif pour sauver la culture et avec elle les derniers de cordée que sont parfois  les intermittents ?  Sauf si « On » trouve un vaccin, dans ce cas là, les amoureux de la musique vivante béniront ce « On ».

N’hésitez pas à commenter !!!



[i]     Un casque de réalité virtuelle (VR, Virtual Reality), ou virtual reality headset, est un dispositif de visualisation tête haute.  Les casques VR remplacent l’environnement naturel de l’utilisateur par du contenu de réalité virtuelle, comme un film, un jeu ou un environnement préenregistré à 360 degrés qui permet à l’utilisateur de pivoter et de regarder autour de lui comme dans le monde physique. Les casques VR remplacent l’environnement naturel de l’utilisateur par du contenu de réalité virtuelle, comme un film, un jeu ou un environnement préenregistré à 360 degrés qui permet à l’utilisateur de pivoter et de regarder autour de lui comme dans le monde physique.


[i] https://www.youtube.com/watch?time_continue=54&v=N7pZgQepXfA&feature=emb_logo


[i] http://www.touslesfestivals.com

MANU KATCHÉ

L’ancien batteur de Peter Gabriel, Joni Mitchell, Sting, Tears for Fear, Tracy Chapman, Youssou N’Dour, Simple Minds, Joe Satriani, Rick Wright, mais aussi, Francis Cabrel, Véronique Sanson, Laurent Voulzy, Stefan Eicher ou Michel Petrucciani, s’est produit au Téat Plein Air de Saint Gilles (Ile de la Réunion). En qualité d’ilien, il nous est apparu indispensable de faire un compte rendu de sa prestation sous les étoiles.

Manu, capable de brasser toutes les influences et de s’adapter à tous les styles a proposé un concert de qualité qui a fait la part belle à The Scope sa dernière production. Accompagné de ses acolytes de l’album :Patrick Manouguian (g), Jérôme Regard (b) et Jim Henderson (kbds), il une nouvelle fois démontrée ses qualités de virtuose des peaux, et sa capacité à traduire des sensations à travers des mots. Pour redonner la saveur de l’album sur scène il intègre à son show des interfaces vocales, même s’il aurait préféré avoir aussi l’image. C’est ainsi qu’au cours du concert on attend la voix de Jonatha Brooke, cette chanteuse de folk américaine, ou encore Faada Freddy (chanteur sénégalais).

Sur son instrument il démontre ses formidables qualités techniques. avec lui le kit drums devient un instrument simple fluide et spatial.

ELTON JOHN (06/2019)

Captain Fantastic tire sa révérence en beauté

Première étape française à Lille pour « Farewell Yellow Brick Road »,  la tournée d’adieu d’Elton John.  En cette nuit de juin, Reginald Kenneth Dwight a enflammé le stade Pierre Mauroy de Villeneuve d’Ascq. C’était pour lui l’occasion de remercier le public  de France, fidèle depuis 50 ans maintenant à ses albums, Cds, DVDs et autres tickets de concert. Il est 20h05, quand l’auteur de Captain Fantastic apparait dans un costume gris à paillettes.  Pour cette tournée, il est entouré d’une section rythmique riche avec le batteur Nigel Olsson, John Mahon et Ray Cooper les deux percussionnistes, Matt Bissonette (b), Kim Bullard  (kbds) et un guitariste remplaçant Davey Johnstone (désolé je n’ai pas retenu son nom). Goodbye Yellow Brick Road, son 7e album studio constitue le fil rouge de la soirée. Six titres de ce disque vendu à plus de 30 millions d’unités figurent au répertoire du show lillois.

La suite du menu comprend ses principaux hits extraits des albums mythiques des 70’s,  soit  le premier tiers de sa discographie (30 albums studios depuis 1969 dont 15 en 10 ans). Le concert débute dans une ambiance magique avec « Bennie and the Jets » et «  All the Girls Love Alice ». Tout au long de son chemin musical, le chanteur anglais commente ses productions « Philadelphia Freedom », l’hommage à Billie Jean King (joueuse de tennis et première sportive à faire un coming out), « Someone Saved My Life Tonight » un titre extrait deCaptain Fantastic & the Brown Dirt Cowboy, l’album préféré de toute sadiscographie. Juste avant cela, deux hits majeurs joués pour le plus grand délice d’un public envoûté (« Rocket Man » et « Sorry Seems to Be The Hardest Word ».

« Daniel »,  « Sad Song »,  « Don’t Let the Sun Go Down on Me », les hits s’enchaînent encore

L’hommage à Lady Diana à travers « Candles in the Wind » écrite pour Marylin Monroe. Sur l’écran gigantesque qui décore la scène, les images, les photos, les films illustrent ce périple dans le temps.   Puis c’est l’histoire de sa chute et de sa renaissance (« I’m Still Standing »). Un moment fort du show avec « Saturday Night’s Alright for Fighting » repris en chœur par un public debout.  Son  combat contre le SIDA et sa fondation (Elton John AIDs Foundation). Cela fait plus de deux heures trente que le pianiste arpente la scène avec un piano se mouvant comme le traineau du père Noël. Les hits s’enchaînent encore : « Daniel »,  « Sad Song »,  « Don’t Let the Sun Go Down on Me ». Les cotillons dorés illuminent la voûte étoilée de ce dernier sacre de Sir Elton Hercules John. Pour le rappel l’artiste revient  vêtu de sa robe de chambre et délivre « Your Song » avant de finir en beauté avec le magnifique «Goodbye Yellow Brick Road ».

C’est le moment que la star choisit pour être, tel un « Rocket Man », téléportée  vers l’infini. Il apparait alors en survêtement et monte dans son engin destination ailleurs.  Une des dernières pages du livre d’Elton  se  tourne dans les Hauts de France. Le mot de la fin à Gérard Drouot, le producteur de la tournée française: « La plus belle tournée d’Elton depuis 21 ans que j’ai la chance et l’honneur de produire ses concerts en France ». Le public quitte l’enceinte des paillettes dans les yeux et « Don’t Go Breaking my Heart » la chanson en duo avec Kiki Dee pour l’accompagner vers la sortie. Mais oui, Elton nous brise le cœur de quitter la scène…enfin pas encore. Avis à ceux qui ont manqué le concert événement, car il sera encore présent en octobre 2020 pour deux dates à Paris (10 & 11 octobre).

M.M

Set list

Bennie and the Jets (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

All the Girls Love Alice (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

I Guess That’s Why They Call It the Blues (Too Low for Zero – 1983)

Border Song (Elton John -1970)

Tiny Dancer ( Madman Across the Water – 1971)

Philadelphia Freedom (Captain Fantastic & the Brown Dirt Cowboy – 1975)

Indian Sunset ( Madman Across the Water – 1971)

Rocket Man (I Think It’s Going to Be a Long, Long Time) (Honky Château – 1972)

Take Me to the Pilot  (Elton John -1970 )

Sorry Seems to Be the Hardest Word (Blue Moves – 1976)

Someone Save my Life Tonight (Captain fantastic & the Brown Dirt Cowboy – 1975)

Levon (Madman Across the Water – 1971)

Candle in the Wind  (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding  (Goodbye Yellow Brick Road – 1973)

Burn Down the Mission (Tunbleweed Connection – 1970)

Daniel  (Don’t Shoot Me I’m Only the Piano Player1973)

Believe (Made in England -1994)

Sad Songs (Say So Much) ( Breaking Hearts 1984)

Don’t Let the Sun Go Down on Me (Caribou – 1974)

The Bitch Is Back (Caribou – 1974)

I’m Still Standing  (Too Low for Zero – 1983)

Saturday Night’s Alright for Fighting (Goodbye Yellow Brick Road1973)

Your Song (Elton John – 1970)

Goodbye Yellow Brick Road (Goodbye Yellow Brick Road1973)

 Don’t Go Breaking My Heart- ( Elton John & Kiki Dee single)

GIRLS IN HAWAII

Le combo belge à Bastia une belle surprise !

Dans une salle de l’Alb’Oru débarrassée de ses fauteuils plusieurs centaines de jeunes sont venus montrer leur passion pour Girls in Hawaii. Une régionale de l’étape était aux premières loges et de se pâmer à chacun des titres joués :  » En Belgique quand ils se produisent c’est toujours sold out s’exclamait-elle « ! Bastia certes n’affichait pas complet mais l’assistance de 25 ans de moyenne d’âge entonnait avec passion les succès du groupe créé par Lionel et Antoine au début du siècle.

La configuration de GIH à géométrie variable favorisait les guitares. Par moment on se serait cru revenu au bon vieux temps du Blue Oyster Cult ou de Lynyrd Skynyrd avec 5 guitares, basse comprise, se déployant sur la scène pour distiller sans Larsen un rock débordant d’énergie. Le background du groupe étant malgré tout plus proche de celui planant du Floyd ou d’Archive avec des accents de Radiohead ou Blur.

Les hits de Nocturne côtoyaient ceux plus âgés de From Here to There et l’un des leader de s’interroger :  » Mais quel âge avez-vous ? Vous connaissez des chansons que nous avons écrites alors que vous n’étiez pas encore nés ! Merci c’est touchant. » Et le set de reprendre avec encore plus de vigueur, une façon au combo de féliciter son public.  » Colors » était l’occasion de remercier tous ceux qui les ont accueillis pour leur concert et particulièrement Sud Hôtel à qui la chanson était dédiée. Après un long rappel le groupe quittait la scène sous les acclamations. Les spectateurs délaissaient à regret l’antre du rock en commentant la prestation à laquelle ils venaient d’assister. Une façon de se retrouver entre initiés de la galaxie rock.

M. M.