Carsten Lindhölm

Jazz nordique d’inspiration indienne

Carsten Lindholm est un batteur et compositeur danois, né en 1969 dans la petite ville de Kerteminde. Il a été l’élève d’Ed Thigpen et vient de sortir Indispiration, son deuxième album. Erik Truffaz, Nils Petter Molvaer, Jan Garbarek John Coltrane, Bill Laswell, Jojo Mayer ou encore Sting constituent ses principales influences. Son expression se situe forcément dans la lignée des musiciens nordiques, mais le batteur danois ajoute à sa musique ses connaissances rythmiques de la musique indienne, qui réchauffent avantageusement son expression. Nous avons échangé avec lui pour évoquer sa dernière production et parler de ses futurs projets avec sûrement un passage par Paris sous peu.

Carsten Lindholm © Tim Harris
Carsten Lindhölm © Tim Harris by courtesy

 

C’est en 1990, que Carsten Lindholm quitte sa ville natale pour rejoindre Copenhague où il débute des études au conservatoire de musique. Dans la capitale danoise il prend des leçons privées avec Ed Thigpen, avant de rencontrer Jeff Boudreaux, un batteur de la Nouvelle-Orléans. Il parfait ensuite son apprentissage avec de nombreux batteurs danois de fusion. C’est au tout début de sa carrière que Carsten Lindholm   rencontre, dans un club de jazz de Vallekilde, le Suédois Lars Danielsson (b), le Norvégien Nils Petter Molvaer (tp) et le finlandais Jukkis Uotil (dm). Ces derniers sympathisent avec lui et l’incitent à changer de direction musicale. En 1998, il part à New York pour trois mois afin de s’imprégner de l’ambiance des clubs de jazz de la grosse pomme, mais aussi étudier le konnakol*. Il y rencontre Mike Mainieri (vib), le fondateur de Steps Ahead. Ce dernier a un énorme impact sur son expression mélodique, qui se fait alors plus sophistiquée et plus dynamique. De retour au Danemark, il joue dans des clubs de jazz, à Copenhague et rencontre Luther Thomas (as) et Jens Melgaard (g), qui lui apprennent à être enthousiaste pour la musique et à se donner à 100% sur scène. La mort subite du guitariste le conduit à composer. C’est ainsi qu’en 2011, sort The Tribute Album son premier opus basé sur un hommage aux personnes qui l’ont profondément marqué dans sa vie. Indispiration, son deuxième disque se situe totalement dans la lignée des jazzmen nordiques. Sa musique allie jazz, drum’n’bass, paysages sonores et rythmes indiens, ce qui donne à son expression un coté groove plaisant et chaloupé, qui apporte vraiment une sensation nouvelle à son expression musicale et en fait un artiste attrayant et surprenant.

Quel a été votre premier instrument ?

J’ai tout de suite commencé par la batterie, j’avais dix ans. C’était dans un orchestre de l’école, on jouait de la musique classique avec des cuivres et des cordes. Et j’ai commencé à jouer de la caisse claire. Et pourquoi ce choix plutot que la guitare ou le piano ? Ma mère a pensé que ça serait bien que je joue de la batterie et elle m’a cherché une école pour que j’apprenne l’instrument et j’ai débuté.  Comment avez-vous découvert Ed Thigpen ? J’étais à un concert à Copenhague et mon professeur, qui avait lui aussi débuté avec Ed Thigpen, m’a recommandé de travailler avec lui. Je l’avais appelé, car il venait au Danemark pour donner des cours. C’est ainsi que j’ai débuté avec le batteurd’Oscar Peterson. Ed était un un homme charmant on ne parlait pas que de batterie avec lui, mais aussi de la vie, de mentalité positive et ça me plaisait énormément.   Quand vous étiez jeune, quel type de musique écoutiez-vous ? Oh, j’habitais dans une petite ville de 6 000 habitants. j’écoutais The Police et après Michel Camillo, car mon professeur de batterie avait lui aussi débuté avec le batteur de Camillo et c’est ainsi que j’ai plongé dans le jazz.  

Vous avez rencontré Lars Danielsson, Nils Petter Molvaer, quels conseils vous ont-ils donnés ?

C’était fascinant, car cétait comme dans une master-class, on a passé une semaine ensemble et ils étaient vraiment très altruistes pour les étudiants. Quand je les ai vus ils m’ont proposé de venir avec eux et ils m’ont surtout dit d’être moi-même, de faire ce que j’avais envie de faire, surtout pour moi qui débutais dans la musique pour ainsi trouver ma propre voie.  Vous avez aussi évoqué Jukkis Uotil comme étant une personne importante pour vous. Qui est elle ?Jukkis Uotil est un batteur finlandais. Il a une très bonne mentalité et il a joué à New York avec Mike Stern, David Sanborn et c’est aussi un très grand pianiste. D’ailleurs j’ai joué en trio avec lui au piano. Et chaque fois que nous avons joué ensemble il m’a initié à la relation entre le piano et la batterie et ça m’a ouvert plein d’autres horizons.   D’où vient votre intérêt pour musique indienne ?Et bien à un moment je me cherchais vraiment et j’avais besoin de rencontrer un maximum de personnes et certaines m’ont dit : «  mais pourquoi ne composes tu pas ? Tu as la capacité, tu joues plein de choses » et à ce moment j’ai commencé à apprendre le piano et à écrire des morceaux. Je me suis retrouvé avec les frères Doky (Niels Lan et Chris Minh) et Jeff Boudreaux (dm). Ce dernier avait étudié le système indien. Quand il est venu à Copenhague dans le cadre d’une tournée, il m’a donné les premières clés. Il m’a juste écrit des rythmes indiens. C’était très marrant et il m’a parlé de toutes les possibilités du système.

Êtes vous parti par la suite en Inde pour approfondir vos connaissances ?

Non ensuite, j’ai eu un professeur, Jens Melgaard, un guitariste, qui avait étudié en Inde et qui m’a expliqué comment fonctionnaient les rythmes indiens.

 

Carsten Lindholm©Tim Harris2
Carsten Lindhölm © Tim Harris by courtesy

 

Lorsque l’on écoute votre album paru chez Gateway, on s’attend à entendre une musique froide, claire, et ça n’est pas trop le cas avec vous. Votre musique possède un groove certain comment l’expliquez vous ?

C’est une sorte de variations. Quand je joue plusieurs mois dans les clubs de jazz par exemple, j’oriente ma musique vers le phrasé bop et je mets beaucoup de groove. En fonction des ambiances, j’ai différents arrangements que je peux exposer et je varie entre un jazz straight ahead et un autre plus oriental.

« Indispiration » est votre deuxième album, sur quels matériaux l’avez-vous construit ?

C’est un tout, en fait j’ai transcrit ici toutes les influences des musiques que j’ai entendues. J’ai notamment beaucoup écouté Trilok Gurtu, qui a joué souvent ici au Danemark. J’ai tous ses albums, car je m’étais orienté dans l’apprentissage du système indien et bien sûr et ça a été une grande opportunité pour moi d’autant que mon premier album était une sorte de jazz électronique avec beaucoup de musiciens norvégiens, comme Nils Petter Molvaer.

Quel est votre format d’expression favori ?

Ça dépend, mais j’aime bien me produire en trio ou en quartet. Le trio avec Fender Rhodes ou l’harmonium, piano et moi. Et le quartet c’est davantage avec piano, vibraphone et basse. Et bien sur des amis invités qui me sont proches, mais principalement c’est ce format qui me convient le mieux.

Quels sont vos projets à venir des concerts, des collaborations ?

Pour le moment je planifie un peu mon travail. Je réalise de nouvelles vidéos pour la promotion de mon album et je débute de nouvelles collaborations en tant que sideman pour avoir de nouvelles perspectives. Elles ne sont pas encore confirmées, mais je devrais le savoir rapidement. Je viens aussi d’assister à un concert de Paolo Fresu, au Montmartre Jazz club, on a échangé. J’aimerai bien réaliser quelque chose avec lui, l’avenir nous dira si ça ce fera !

 Un dernier mot pour conclure cet entretien ?

Je travaille beaucoup sur la méditation. J’ai découvert le travail de Kenny Werner, qui a créé un système avec de la méditation. Je débute sur cette façon d’aborder la musique car son expérience m’intéresse beaucoup. Pour moi, il est très important d’être en paix intérieurement car il y a énormément de choses tristes qui se passent actuellement et sans cette paix, il n’y a rien à espérer.

M.M.

*Langage rythmique développé en musique carnatique (sud de l’Inde) par les percussionnistes qui l’utilisent comme moyen mnémotechnique pour travailler — et retenir — des rythmes parfois très compliqués.

 

Discographie

Carsten Lindholm Indispiration

  • Indispiraton Gateway Music
  • 2016. Ballads (EP 5 titres)
  • Tribute Gateway Music

 

Sideman : Anders T Andersen sextet – Low Flow – Gateway Music

Liens You Tube :

https://www.youtube.com/watch?v=mRHl3P_7E8A

https://www.youtube.com/watch?v=tZyE52zWU2g

https://www.youtube.com/watch?v=R60hc3AK5JM

Site : http://carstenlindholm.dk/

E-mail : info@carstenlindholm.dk

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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